L’ANRT lancera cette année un indice des prix de la téléphonie

En dépit de quelques dysfonctionnements, l’Agence de réglementation des télécommunications se félicite du taux de réussite des appels. Azzeddine Mountassir Billah souligne que les opérateurs ont joué le jeu en adoptant une démarche d’anticipation.

Si le secteur des télécoms a connu une évolution très favorable, caractérisée par une hausse record du trafic et une baisse des prix, l’action du régulateur y est pour beaucoup. On l’a vu en 2011, coup sur coup, engager l’initiative de lutte contre les puces non identifiées puis accélérer le processus de baisse des prix de l’interconnexion et, enfin, publier une enquête sur la qualité des réseaux. Une enquête qui n’a pas été du goût de tout le monde, d’ailleurs.
Quand on pose la question à Azzeddine Mountassir Billah, DG de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), sur ce changement de cap, il y répond sans se faire prier : «Dans la mesure où les opérateurs semblent mieux coexister, même si la concurrence est plus que jamais à l’ordre du jour, cela veut dire que le marché a mûri. Nous jouons toujours le rôle qui nous est assigné, mais en y adjoignant davantage de préoccupations pour booster le marché et y introduire des leviers de croissance, d’incitations à la saine émulation et cela est tout bénéfice pour le consommateur. On aura vu l’explosion de l’usage de 65% et les baisses des prix qui ont fait le bonheur des clients». Pour M. Mountassir Billah, toute la dynamique enclenchée ne s’est pas faite sans consultation des différents acteurs.

Un indice avec différents paniers relatifs aux forfaits, au postpayé et au prépayé

Pour le reste, l’ANRT n’a pas révolutionné son rôle mais l’a juste élargi car le régulateur publiait déjà des indicateurs avec la rigueur et le professionnalisme nécessaires. Cela a eu le mérite de montrer en toute transparence que la moyenne du taux de réussite des appels est tout à fait honorable, avec un score de 95%. M. Mountassir Billah avoue que certaines villes ou régions connaissent une déficience par rapport à ce taux, mais il n’y a rien d’alarmant de manière globale. Alors y aura-t-il des sanctions justement et quelle est la nature des manquements enregistrés ?
Pour le patron de l’agence, les choses sont claires : «Vous pensez bien que nous avons, en permanence, un œil sur le marché et nous n’allons pas attendre les résultats d’une enquête pour prendre des mesures. Du reste, nous engageons plusieurs actions durant l’année et elles s’adressent aux journalistes, aux bureaux d’études, aux investisseurs…Et je peux annoncer que dans les semaines à venir, nous allons publier un indice des prix, avec plusieurs paniers relatifs aux fortaits, au postpayé et au prépayé, séparément et en prenant comme base l’année 2008. Et aujourd’hui, en toute franchise, rien ne nous autorise à envisager de quelconques mesures dissuasives et l’ensemble des opérateurs ont adopté une démarche d’anticipation, à des degrés divers, selon la nature des problématiques». A titre d’indication, le DG de l’ANRT souligne que les opérateurs ont investi, rien qu’au titre de l’année 2010, 5,1 milliards de DH.

Le nombre de clients qui ont migré d’un opérateur vers un autre s’élève à 43 000

Sur les autres questions comme le service après-vente (SAV) et la portabilité, M. Montassir Billah est intarissable : «Il y a une limite à notre intervention et sur le SAV, par exemple, il faut laisser agir le marché et la sanction de la clientèle. Et même avec cela, nous avons obligé les opérateurs à publier des informations sur leur réseau et sur la couverture notamment». Pour ce qui est de la portabilité, il a été enregistré, depuis l’introduction du service, qu’il y a aujourd’hui 43 000 numéros portés contre 10 000 pour 2010.
C’est à propos de la date de l’arrivée de la gratuité totale de la téléphonie au Maroc que le DG affiche un large sourire : «En fait, on y est déjà, dans la mesure où aujourd’hui, au Maroc, tous les opérateurs offrent des numéros illimités et élargissent la gratuité, après épuisement des forfaits, aux appels sur leurs concurrents. Il faut savoir que la gratuité, comme on l’entend chez nous, n’existe pas dans l’absolu, dans la mesure où elle est inclue dans une offre payante et qu’elle est seulement prise en compte des offres conçues».
Le DG annonce une année 2012 où la tendance baissière des prix continuera mais qu’elle ne connaîtra certainement pas la même ampleur que les records de 2011. Avec cela, les contenus évolueront à un rythme qu’il est difficile de prévoir, mais il ne faut pas oublier, en effet, que le mobile en tant que produit concernait à peine 600 000 personnes en 1999.