L’année 2012 s’est achevée sur une stagnation pour les cimentiers

Les ventes de ciments à  fin novembre ont fait du surplace, et décembre devrait au mieux afficher une stagnation. Record de chute de la consommation de 23% à  Taza-Al Hoceima et baisse autour de 10% dans les régions du Souss, Meknès et Casablanca. La surcapacité de production devrait encore augmenter.

La consommation de ciment s’est redressée les dernières semaines de 2012 mais cela n’en fera pas moins une année de stagnation pour le marché. En effet, selon les statistiques non encore rendues publiques de l’Association professionnelle des cimentiers (APC), le mois de novembre a connu une hausse de près de 7% de la consommation par rapport à la même période de 2011. Néanmoins, le volume de ciment absorbé les 11 premiers mois de l’année s’affiche en baisse de 0,50%, totalisant 14,5 millions de tonnes.

Pourtant, jusqu’en juillet dernier, la consommation a progressé en ligne avec les attentes des opérateurs. Les sept premiers mois de l’année, le marché a absorbé un volume en hausse de 5,5%, correspondant au taux de croissance annuel projeté initialement. La bonne santé du marché sur la période est attribuée par les professionnels, en grande partie, à la construction de logements économiques et sociaux mais aussi à un engouement toujours marqué pour l’autoconstruction, autorisée ou pas (26 000 unités de ce genre ont été produites au premier semestre, selon les statistiques de l’Habitat).

Mais à partir du mois d’août, la consommation a nettement décéléré avec une chute aggravée de plus de 23% pour ce dernier mois spécifiquement. Les professionnels lient cette baisse de régime aux vagues de chaleur durant la période estivale qui ont ralenti les chantiers, d’autant plus que la saison a aussi coïncidé avec Ramadan et Aïd Al Adha, concordant avec les vacances des ouvriers du bâtiment. Les intempéries sont venues par la suite s’ajouter à ces perturbations pour affecter davantage la consommation. Décembre ayant lui aussi été marqué par des précipitations, les professionnels n’attendent pas beaucoup de ce mois non plus, ce qui devrait aboutir au final à une légère baisse du marché sur toute l’année ou, au mieux, à une stagnation.

N’empêche que certaines régions tirent leur épingle du jeu en maintenant leur consommation à flot, voire en enregistrant des progressions insolentes. Cela est spécifiquement le cas des régions de Chaouia-Ouardigha, Doukkala-Abda, Tadla-Azilal et Marrakech dont la demande a progressé entre 7 et 14% à fin novembre 2012. Il faut toutefois relativiser ces hausses en précisant que les marchés de ces régions, à l’exception de Marrakech, pèsent relativement peu dans la consommation nationale (5% tout au plus individuellement), ce qui du reste leur confère un fort potentiel de croissance.

Une consommation de ciment encore faible au Maroc

Les régions de Fès, l’Oriental, Tanger-Tétouan, Rabat ou encore le Gharb ont, elles, vu leur demande en ciment croître de manière plus modeste tout en se maintenant au-dessus de la moyenne nationale avec des taux de croissance compris entre 1 et 4%.

En revanche, de grands centres urbains ont vu leur consommation chuter sensiblement. C’est le cas de la région de Taza-Al Hoceima-Taounate qui a vu sa demande baisser de près de 23% les 11 premiers mois de l’année. Le Souss-Massa, Meknès-Tafilalet et le Grand Casablanca chutent de manière moins préoccupante mais à hauteur de 10% quand même.

Ces évolutions hésitantes de la consommation compliquent la donne pour des opérateurs de plus en plus mis sous pression par la surcapacité sur le marché. Celle-ci devait, selon les prévisions initiales des cimentiers, se maintenir à 3 millions de tonnes en 2012 soit le même niveau qu’à fin 2011. Mais en face, la demande était supposée croître de 5% en 2012, ce qui semble à présent exclu. De fait, la surcapacité devrait plutôt s’aggraver surtout que des annonces d’installation de capacités supplémentaires continuent d’affluer, dont la dernière en date est celle du groupe de Anas Sefrioui, Ciments de l’Atlas, qui devrait prochainement installer une cimenterie à Nador. Pour autant le marché marocain recèle encore du potentiel. La consommation nationale de ciments se monte à un peu moins de 470 kg par habitant et par an alors qu’à titre de comparaison, l’Egypte et la Turquie affichent respectivement des niveaux de 538 kg et 568 kg. Le tout est d’attaquer les régions les plus prometteuses, principalement le Sud-Centre et le Centre-Nord, dont la consommation par habitant demeure actuellement en dessous de la moyenne nationale.