Lampes basse consommation : la qualité n’est pas toujours au rendez-vous

Pour une ampoule équivalente à  75W, il faut compter entre 10 et 30 DH. La contrefaçon, très présente dans l’incandescence, n’épargne pas les LBC qui pèsent 30% du marché. La LED est en train de changer la configuration du marché de l’éclairage, même si elle est deux fois plus chère que la LBC.

Les experts, professionnels et autorités nous invitent à remplacer nos bonnes vieilles ampoules incandescentes par des lampes basse consommation (LBC), ou fluo-compactes, censées consommer moins d’énergie et durer plus longtemps. Pourtant, toutes les LBC ne se valent pas. Et pour compliquer la chose, les ampoules incandescentes sont toujours disponibles sur le marché marocain et sont même encore très loin d’être abandonnées. «Elles constituent toujours le plus gros du marché avec environ 65% des ventes», affirme Karim Belcadi, DG du distributeur Access Energy. Or, de l’autre côté de la Méditerranée, et depuis le 31 décembre 2012, les ampoules à incandescence sont tout simplement interdites de vente dans l’Union européenne. Cette interdiction a obligé les fabricants à se réorganiser pour ne se concentrer que sur les technologies LBC et LED. Résultat, les lampes à incandescence disponibles au Maroc sont pour la plupart de marques douteuses. «Nous trouvons beaucoup de contrefaçon du fait que les usines européennes, qui alimentaient le Maroc, se sont trouvées obligées d’arrêter la production de cet article et de se reconvertir dans la LBC. Par conséquent, le sourcing actuellement de l’ampoule standard se fait essentiellement depuis des usines en Indonésie», explique Youssef Benjelloun, directeur marketing de Bricoma.

La LBC consomme 5 fois moins d’énergie et dure 5 fois plus longtemps

La contrefaçon touche également les LBC. «Il y beaucoup de contrefaçons de LBC de mauvaise qualité qui ont une durée de vie courte. Mais de manière générale, nous manquons d’informations sur les différences de qualité des LBC. Il serait donc bénéfique que les consommateurs bénéficient d’une information issue d’études scientifiques leur permettant de connaître les risques encourus par l’utilisation de mauvaise LBC», précise M. Benjelloun. Ce dernier conseille d’ailleurs de toujours vérifier l’emballage et la lampe. «Les bonnes marques indiquent sur leurs emballages a minima la classe énergétique de l’ampoule, les lumens, la température de couleur et la puissance. Il ne faut pas hésiter également à vérifier que la lampe n’est pas corrodée à la base. Le mieux reste d’acheter des ampoules qui offrent une garantie», recommande le directeur marketing de Bricoma.
Contrefaite ou pas, la LBC présente bel et bien un risque lié à la présence de mercure. Mais là encore, il suffit simplement de prendre les mesures qui s’imposent, à savoir ouvrir les fenêtres dès que la lampe se brise, ramasser les débris et la poudre blanche à l’aide d’un chiffon mouillé et jeter le tout dans un sac bien fermé. La LBC doit de toute façon être manipulée avec précaution. «Le problème majeur réside plutôt dans la pollution des sols et fleuves au mercure en l’absence d’une filière de traitement et de recyclage des LBC qu’il est urgent de mettre en place au Maroc», ajoute Youssef Benjelloun. Il n’en reste pas moins que les LBC présentent un intérêt économique et énergétique évident. Elles consomment 5 fois moins d’énergie et durent environ 5 fois plus longtemps que les ampoules incandescentes. Une LBC de 920 lumens équivalente à une ampoule incandescente de 75W coûte entre 10 et 30 DH. «A moins de 15 DH, elle est très probablement de mauvaise qualité», ajoute-t-il.

Le marché est très atomisé

«Aujourd’hui, la LBC pèse environ 30% du marché marocain. Introduite il y a plus de 15 ans sur les étals marocains, elle a atteint sa maturité il y a 5 ans», indique Karim Belcadi. Et voilà qu’une nouvelle technologie, la LED fait déjà figure de remplaçante. «Elle se développe de façon très dynamique et son avenir est prometteur. Les études de marché indiquent en effet que la LED représentera 40% du marché dans les 5 ans à venir contre 5% actuellement», fait savoir M. Belcadi. Coûtant 2 à 3 fois plus cher qu’une LBC, il faut ainsi compter 95 DH HT pour un spot de 5 W équivalent à 40 W halogène. Toutefois, la LED peut durer jusqu’à dix fois plus longtemps que les LBC, ne contient pas de mercure, consomme dix fois moins que l’incandescente et s’allume instantanément. A l’échelle internationale, l’arrivée fracassante de cette technologie a redessiné un secteur de l’éclairage jusque-là dominé par Philips, Osram ou encore General Electric. De nouveaux acteurs sont apparus à l’image des français Yantec et Luxxen. Au Maroc, ces marques restent peu visibles mais sont appelées à se développer.