L’AMICA hausse le ton face à une partie des importateurs de vitrages automobiles

Des importateurs de pare-brises dénoncent les nouvelles règles de contrôle instaurées par le ministère de l’industrie. L’AMICA dément tout risque de pénurie sur le marché.

La guerre est déclarée entre l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile (AMICA) et une partie des importateurs de vitrage ! Ces derniers sont récemment montés au créneau pour dénoncer la nouvelle circulaire du ministère de l’industrie et du commerce qui instaure de nouvelles exigences concernant l’importation de vitrages automobiles. En effet, depuis le 18 mai, toute importation de pare-brises doit être soumise à une analyse de conformité auprès du Centre technique des industries des équipements pour véhicules (CETIEV). Les importateurs se sont ainsi trouvés obligés d’arrêter leurs importations, d’autres ont vu leurs marchandises bloquées au port.

Selon le CETIEV, la circulaire ne vise pas un produit en particulier. Toutes les pièces de rechange importées (plaquettes de freins, disques de freins, câbles de freins, amortisseurs, pneus, vitrage,..) sont systématiquement soumises à des normes techniques liées à la sécurité des usagers.

D’après les chiffres du CETIEV, depuis début 2016, 33 produits vitrage automobile ont été contrôlés et seulement 13 ont été testés non conformes. «Les importateurs sérieux ont même salué le nouveau dispositif, seuls les moins scrupuleux sont à l’origine de cette polémique», affirme Hakim Abdelmoumen, président de l’AMICA et du CETIEV. Il souligne que les pièces de rechange défectueuses doivent normalement être détruites, alors qu’elles continuent à inonder le marché.

Plusieurs entreprises de renom ont fermé boutique à cause de la fraude

Ce type d’importations se fait au détriment d’industriels locaux sérieux. M. Abdelmoumen rappelle en substance que deux industriels marocains de vitrage automobile homologués aux standards internationaux et qui exportaient ont déjà cessé leur production à cause de ces importateurs fraudeurs. Chacune de ces usines peut fournir deux fois le marché marocain. L’industrie restante qui emploie 1200 personnes, en partie techniciens et ingénieurs, peut fournir 6 fois le marché marocain et exporte en Europe, aux Etats-Unis et même en Chine. Elle dispose de 95% de la gamme des produits demandé sur le marché. De fait, le président de l’AMICA balaie d’un revers de la main toutes les déclarations sur une possible pénurie, si la situation de blocage émanant des nouvelles exigences perdure d’ici la fin de l’année. «Le Maroc a perdu plusieurs noms dans les industries de pneus, d’amortisseurs, radiateurs, vitrage, ceintures de sécurité,..», se désole M. Abdelmoumen. Le nombre d’entreprises à capitaux locaux est passé de 40 à 7.

Cela dit, les industriels automobiles invitent le ministère de l’industrie et du commerce à ne pas céder aux pressions des lobbys d’importateurs, étant donné que les exigences de contrôle visent la protection du consommateur en premier et dernier ressort.