L’agriculture biologique fait son chemin dans le pays

• La Stratégie agricole Génération Green vise d’atteindre 100 000 ha de superficie cultivée biologique à l’horizon 2030.
• L’agriculture biologique devrait permettre de générer une valeur ajoutée de 25 à 50% par rapport à l’agriculture conventionnelle.

La filière de l’agriculture biologique enregistre depuis quelques années une demande en évolution des consommateurs marocains et étrangers. Ce qui laisse entrevoir un avenir florissant pour cette niche. Pour répondre à cette demande croissante, la Stratégie agricole Génération Green (SGG) vise d’atteindre
100 000 ha de superficie cultivée en la matière à l’horizon 2030. C’est ce qu’indique le département ministériel de l’agriculture dans une note d’information sur cette filière. Pour l’heure, cette dernière compte plus de 12 000 ha, en plus des plantes spontanées telles que l’arganier, les plantes médicinales et aromatiques, la figue de barbarie et le caroubier, ainsi que les câpres. L’olivier, l’amandier, les agrumes et les cultures maraîchères, ainsi que les plantes aromatiques et médicinales, sont les principales filières cultivées.
En termes de production, la filière a généré en 2019 un volume de 120 000 tonnes contre 40 000 tonnes en 2010. C’est principalement dans les régions Fès-Meknès (19%), Marrakech-Safi (18%), Souss-Massa (16%), Casablanca-Settat (16%) et Rabat-Salé-Kénitra (14%) où se localisent 80% de la superficie cultivée sous mode biologique.
Au niveau des exportations on retient un volume de
17 000 tonnes en 2019 contre 10 000 tonnes en 2010. Ce sont principalement des agrumes, des primeurs, du jus d’orange congelé, de la fraise surgelée, de l’huile d’olive et de l’huile d’argane qui constituent le label Maroc Bio à l’étranger. La proximité géographique du Maroc avec les grands marchés consommateurs et le patrimoine agricole riche et diversifié positionnent favorablement l’origine Maroc dans cette filière pour aller de l’avant. Et si les objectifs du contrat-programme 2020, arrêtés à 400 000 tonnes de production dont 60 000 t à l’export, et 40 000 ha de superficie, ne sont pas encore atteints, tout porte à croire qu’elle est très porteuse.
Pour rappel, ce mode de production a débuté au Maroc vers les années 90 et s’est renforcé dans le cadre du Plan Maroc Vert à travers notamment une organisation de ses acteurs et une structuration de ses composantes. La filière s’appuie également aujourd’hui sur un cadre juridique réglementaire. La production biologique marocaine est en effet régie depuis septembre 2018 par la loi n°39-12. Le Royaume est ainsi le deuxième pays en Afrique à se doter de sa propre législation en matière de production biologique. On retient de même sur le plan réglementaire que la filière compte maintenant deux organismes agréés de certification et de contrôle. Depuis l’entrée en vigueur du cadre juridique et réglementaire de la filière, les produits agricoles sont certifiés selon la réglementation marocaine et l’origine Maroc Bio est mise sur le marché sous le label Bio Maroc. Pour le développement de la filière, l’Etat a mis en place aussi des incitations pour la certification des produits et la conversion en mode biologique. Des mesures d’importance, le coût de la certification constituant une charge particulièrement coûteuse pour les petits agriculteurs. Cette aide permettra ainsi de propulser la filière bio.
Il reste aujourd’hui à investir dans le renforcement de la logistique pour une diversification des marchés et la valorisation des produits bio à travers le développement de l’agro-industrie bio. Là aussi il y a des marchés à développer.