L’Agence de développement des énergies renouvelables consolide son approche territoriale

Des projets communaux et régionaux sont en cours de sélection. Les moyens financiers ont été légèrement augmentés en 2013. Depuis 2009, 29 nouveaux projets ont été lancés dont 7 totalement réalisés.

L’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE) a tracé sa route sans encombre depuis sa création, en 1982. On se rappelle qu’à l’époque, et jusqu’en 2010, l’organisme portait le nom de Centre de développement des énergies renouvelables (CDER). A la faveur de l’évolution des technologies et du contexte national, qui a connu l’annonce d’un plan solaire et d’un plan éolien, la transformation de la structure, intervenue en 2010 par l’adoption de la loi 16-09, n’a en rien réduit son importance, bien au contraire. Aujourd’hui, elle peut s’enorgueillir d’accompagner le Maroc dans sa transition énergétique. Nous pouvons notamment lui reconnaître d’avoir initié un débat sur l’efficacité énergétique dans le bâtiment, avec en outre l’élaboration d’un Code dédié à cette problématique, ou encore d’avoir mis au point un programme de promotion des chauffe-eau solaires baptisé Shemsi.

Pas étonnant donc qu’un budget de 59 MDH ait été décidé pour l’année 2013. «Les missions assignées à l’agence ont une portée nationale. Cela veut dire que les moyens requis sont appelés à augmenter, particulièrement avec la place que prennent les énergies renouvelables (ER) et l’efficacité énergétique (EE) dans le paysage énergétique de notre pays. C’est dans ce cadre que notre budget a connu une légère augmentation durant ces deux dernières années», commente Saïd Mouline, DG de l’agence depuis 2009, à l’époque où elle était encore baptisée CDER. A noter qu’à cette enveloppe annuelle s’ajoute aux 291 MDH qui ont été apportés par les partenaires internationaux, entre autres, la Commission européenne et la GIZ (coopération allemande).

Une nouvelle dimension régionale

Aujourd’hui encore, l’agence accumule les missions. En 2012, l’ADEREE a insufflé une dynamique nouvelle à ses projets structurants, et a continué à développer les partenariats, avec la réalisation de nouveaux projets et services. Depuis 2009, 29 nouveaux projets, dont 12 structurants, principalement dans les secteurs du bâtiment, de l’industrie ou de la cartographie éolienne et solaire ont été lancés. «Sept projets sont déjà réalisés», indique Saïd Mouline. L’agence s’est en outre adjoint une dynamique régionale. «Une nouvelle approche territoriale a été développée, qui vise principalement à mobiliser les régions, villes ou communes au Maroc dans la poursuite de leurs objectifs d’exploitation des ER et de l’EE à travers des projets régionaux», ajoute-t-il. C’est dans cette optique qu’a été lancée en mars 2012 la stratégie territoriale Jiha-inou, dont l’objectif est justement de faire participer l’échelon local à la dynamique nationale. Elle prévoit d’abord une phase pilote au niveau de 3 à 6 communes. «L’appel à propositions a été lancé et la qualification et la sélection des projets communaux ou régionaux est en cours», indique Saïd Mouline. Il souligne par ailleurs qu’une douzaine de nouveaux partenariats nationaux et régionaux sont solidement établis, particulièrement dans l’accompagnement, le conseil-ingénierie ou les programmes pilotes.

De par son rôle de «transmetteur de compétences», l’agence a réalisé plus d’une centaine de sessions de formation, d’une durée moyenne de cinq jours sur les principales technologies des énergies renouvelables. De nouveaux modules de formation sont en cours de développement et des démultiplicateurs, permettant la diffusion de bonnes pratiques et d’enseignements, doivent être mis en place.