L’Afrique réfléchit à  un nouveau modèle économique

Le développement ne doit plus être bà¢ti sur une exploitation abusive de l’énergie et des ressources naturelles. Malgré une croissance importante, les besoins élémentaires des populations ne sont pas couverts.

«L’Afrique réinvente son économie». C’était le thème de la deuxième édition des Journées annuelles sur la gouvernance en Afrique (JAGA) organisées, du 27 au 30 janvier à Rabat, par le ministère chargé des affaires générales et de la gouvernance et l’Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique (ARGA). L’objectif de cette conférence est de repenser l’économie africaine en vue d’élaborer un modèle économique propre au continent. Ce modèle devra d’abord prendre en compte les réalités socio-culturelles des pays africains, et non pas reproduire le modèle occidental basé sur une exploitation abusive de l’énergie et des ressources naturelles.
Selon  , «bien que l’Afrique ait connu au cours de ces dernières années une croissance importante, celle-ci n’a pas eu d’impact sur son développement humain dont les indices figurent parmi les plus bas au monde. D’où la nécessité d’adopter un modèle de développement basé sur les rapports Sud-Sud». C’est à ce titre que le Maroc s’est tourné vers le marché africain et a signé, depuis 2000, plus de 300 conventions et protocoles avec les Etats de ce continent.

Cheikh Mamadou Abiboulaye Dièye, ministre de la communication, des télécommunications et de l’économie numérique du Sénégal, déplore, pour sa part, le fait que «l’Afrique qui pèse moins de 1% dans le commerce mondial est le continent le plus touché par la fuite des cerveaux».

Le sous-développement n’est pas une fatalité

D’une manière plus générale, force est de constater que malgré ses énormes ressources naturelles et une croissance forte, l’Afrique abrite les populations les plus pauvres.
D’après les statistiques, la pauvreté dans le monde a nettement reculé en l’espace de 25 ans, excepté en Afrique subsaharienne où elle continue d’augmenter.
Le continent noir détient toujours le taux de mortalité infanto-juvénile le plus élevé de la planète : sur 1000 enfants qui naissent, 180 meurent avant l’âge de 5 ans, contre 51 en Asie du Sud-Est et seulement 7 dans les pays de l’OCDE. Le taux de scolarisation au secondaire n’atteignait que 40% en 2011, contre 90% en Amérique Latine et Caraïbes et 70% au niveau mondial.

En dépit de ce constat peu réjouissant, l’expérience de certains pays émergents a montré que «le sous-développement n’est pas une fatalité» et qu’il est toujours possible d’inverser la tendance.
Mais pour cela, il faut impérativement agir sur la gouvernance économique.