Lafarge Maroc satisfait 85% de ses besoins en électricité par l’éolien

Depuis 2003, le cimentier a investi 500 MDH pour construire un parc éolien de 32 MW et a conclu deux contrats de fourniture avec Nareva. Il mise également sur le fioul alternatif pour satisfaire ses besoins calorifiques.

Depuis qu’il s’est mis à l’éolien en 2003, Lafarge Maroc a développé de manière notable l’utilisation de cette source d’énergie. A telle enseigne que le cimentier parvient aujourd’hui à satisfaire, grâce à l’éolien, 85% des besoins en électricité de ses trois usines de ciment à Bouskoura, Meknès et Tétouan, totalisant une capacité de près de 7 millions de tonnes par an. Tout juste en juillet dernier, l’industriel a signé un contrat avec Nareva Holding, filiale énergie et environnement de SNI, pour alimenter son usine de Meknès. Ce contrat permet de couvrir jusqu’à 90% des besoins en électricité de la cimenterie par de l’énergie issue des parcs éoliens développés par Nareva. Avant cela, Lafarge Maroc avait noué en décembre 2011 un autre contrat avec Nareva pour fournir les sites de Bouskoura et Tétouan.

Cela a permis aux deux usines de tourner, dès la mise en production des parcs de Nareva mi-2013, à 100% par de l’énergie propre pendant les mois les plus ventés. A côté de ces contrats de fourniture qui courent sur 20 ans, Lafarge a développé en propre un parc éolien destiné à alimenter sa cimenterie de Tétouan. Celui-ci, doté au lancement d’une capacité de 10 MW, a été inauguré en septembre 2005, cette dernière capacité faisant office de plafond d’autoproduction réglementaire à l’époque. Avec le relèvement de ce plafond réglementaire à 50 MW, Lafarge Maroc a procédé à deux extensions de son installation. La première a été réalisée fin 2008 pour rajouter 10 MW de capacité. La seconde a été effectuée en juin 2009 et a porté sur un additionnel de 12 MW. En tout, le parc éolien de l’opérateur, ayant nécessité un investissement de près de 500 MDH, est doté actuellement d’une capacité de 32 MW permettant de couvrir, en année pleine, environ 70% des besoins en électricité de l’usine de Tétouan.
Le recours à l’éolien permet évidemment à Lafarge Maroc de réduire le coût de l’énergie consommée. Néanmoins, l’économie qui en résulte n’est pas considérable, fait savoir le management du cimentier. En effet, le parc de Tétouan fait économiser tout au plus 10 MDH par an, selon les estimations de l’industriel. L’attrait de l’éolien réside plutôt dans le fait qu’il permet de lisser le coût de l’énergie, son prix étant stable sur la durée, à l’inverse de l’énergie conventionnelle.

La consommation électrique par tonne de ciment a baissé de plus de 35%

Ceci sans compter les produits de revente à l’ONEE de l’énergie éolienne excédentaire auto-produite. Celle-ci est revendue à 50% du tarif aux heures pleines et de pointe, et à 40% aux heures creuses. Outre l’économie sur le coût, le renforcement de Lafarge sur l’éolien est motivé par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, lesquelles ont pu être abaissées d’environ 285 000 tonnes, soit la quantité de gaz qu’absorbent 50 millions d’arbres. Mas l’éolien n’est pas la seule énergie alternative qu’exploite Lafarge Maroc. Le cimentier s’appuie aussi, depuis 2004, sur du fioul alternatif pour satisfaire ses besoins calorifiques, ces derniers pesant avec les besoins en électricité les deux tiers des coûts variables des cimentiers. Une part de 20% des besoins calorifiques de Lafarge Maroc est satisfaite actuellement grâce au fioul alternatif tiré essentiellement de pneus usagés. Et l’idée à l’avenir est de prendre en charge davantage de types de déchets, notamment organiques et industriels dans une plateforme unifiée pour renforcer l’usage du fioul alternatif. Une complémentarité se mettra nécessairement en place en la matière dans le cadre de la fusion à l’échelle mondiale de Holcim et Lafarge, Holcim Maroc étant spécialisée dans la valorisation des déchets industriels à travers sa filiale Ecoval.

A l’échelle de tout le secteur cimentier, ce sont entre 80 000 et 100 000 tonnes de déchets qui sont valorisés par an pour satisfaire les besoins calorifiques. Les énergies alternatives sont tout aussi développées parmi les autres opérateurs notamment auprès de Ciments du Maroc qui a lancé ces derniers mois un parc thermo-solaire de 5 MW sur son site d’Aït Baha qui s’ajoute à un parc éolien à Lâayoune de 5 MW et un autre à venir de 10 MW à Safi. Il faut noter en outre que, depuis 2003, la consommation électrique par tonne de ciment a baissé de plus de 35%.