L’aéroport de Benslimane sera ouvert aux vols internationaux en 2008

Il est actuellement ouvert aux vols domestiques et aux entraînements de l’école
de pilotage de Royal Air Maroc.
Les hangars seront totalement prêts d’ici la fin 2007 n Des investisseurs émiratis
veulent en faire un hub cargo.

Revenu en grâce à  la suite de l’affectation de l’aéroport d’Anfa à  des projets urbanistiques, l’aéroport de Benslimane subit une transformation accélérée. Une mise à  niveau destinée à  le rendre apte à  recevoir un trafic commercial. Il sera, de fait, entièrement opérationnel début 2008. Pour l’heure, sa piste entièrement réhabilitée reçoit déjà  les avions d’entraà®nement de l’école de pilotage de la RAM. Le trafic total effectué cette année entre janvier et octobre fait état de 11 774 mouvements d’avions avec 7 923 passagers. Ce trafic a été généré par les appareils de RAM Academy (l’école de pilotage du transporteur marocain), des avions privés et l’activité d’aéro-club.

A ce jour, une bonne partie des équipements est réalisée ou en cours de finition. Il y a d’abord la piste qui a été remise à  niveau et peut recevoir tout type d’avion y compris le Boeing 747. Elle est longue de 3,2 km pour une largeur de 45 m (comparable à  la piste de l’aéroport Mohammed V qui mesure, elle, 3,720 kilomètres sur la même largeur). Si elle avait dû être construite ex nihilo, le coût estimé aurait été de 30 MDH/km. La plate-forme de navigation, l’aérogare passagers et le mur de clôture (23 km) en sont au stade de la finition. En attendant la livraison de la tour de contrôle, les mouvements des avions sont gérés par un équipement mobile.

Pour ce qui est des hangars – une quinzaine d’une superficie de 1 000 m2 chacun auxquels il faut en ajouter trois autres dédiés à  la RAM – ils seront livrés dans les semaines qui viennent. Selon l’ONDA, le coût de construction est de 3 000 DH le m2. Le prix de la location se situe autour de 20 DH/m2 et par mois pour des espaces aux normes internationales, prêts à  l’emploi. Ce qui est, pour l’office, un prix raisonnable, comparé, par exemple, aux zones industrielles : 45 DH/m2 et par mois dans celle de Oukacha. Benslimane est aussi beaucoup moins cher que l’aéroport de Nouasser o๠les hangars sont loués à  42 DH/m2. Il l’est en revanche un peu plus que Tit Mellil qui affiche 12 DH/m2.

L’ouverture au trafic international suspendue à  des formalités administratives
Malgré les tarifs jugés compétitifs et les différentes correspondances, les opérateurs qui avaient été délogés de l’aéroport fermé de Casa-Anfa (Agricolair, Casa Air Service, Air Marrakch Service, Air Inter Fly et Privair) ne semblent pas pressés de prendre possession de leurs hangars. A ce propos, il convient de souligner qu’ils devront, au préalable, pour ceux qui accusent des arriérés de plusieurs mois de loyer sur Anfa, qui se chiffrent en millions de DH, s’acquitter de leurs dettes vis-à -vis de l’ONDA.

Reste à  connaà®tre la véritable vocation de l’aéroport de Benslimane. S’il peut renforcer la capacité d’accueil du pays, il peut aussi être utilisé pour les cas de déroutement de vols à  destination de Nouasser, en lieu et place de Marrakech. Des sources bien informées avancent que des investisseurs émiratis auraient déjà  commandité une étude pour en faire un hub cargo.

Quoi qu’il en soit, il est certain qu’il ne risque pas de continuer à  être sous-utilisé comme aujourd’hui et qu’il constituera un pôle économique pour la région qui ne manque d’ailleurs pas d’attraits. Mais il faudra prendre en considération deux points pour rendre le projet plus cohérent. Le premier est de faire en sorte que la ville de Benslimane, qui n’est qu’à  13 km du site, soit tenue à  l’écart de celui-ci (on doit y veiller dans le plan d’aménagement de la ville). Le second concerne un rapide renforcement des voies de communication avec doublement des voies par anticipation d’un accroissement du flux de circulation.

Pour le moment, l’aéroport de Benslimane n’est pas encore ouvert au trafic aérien international. Mais à  l’ONDA, on explique que cela est simplement dû au règlement de certaines formalités administratives, plus précisément la mise en place des services de douane et de police, mais l’aéroport sera bel et bien ouvert au trafic hors frontières.