L’accord Maroc-USA booste les investissements étrangers

Après l’italien Legler, on attend l’anglais Dewhirst et l’américain
Sara Lee
Un opérateur espagnol veut investir dans la fabrication de chaussures
destinées à être exportées vers les Etats-Unis.

Mardi 16 mars, le groupe italien Legler ouvrait le bal. Avec son investissement de 600 MDH, qui créera 750 emplois directs, le leader italien de la filature et du tissage inaugure l’effet rebond de la signature de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Selon Jamal Eddine El Jamali, directeur de la production industrielle au ministère de l’Industrie et du Commerce, «la conjugaison des différents accords passés avec l’Europe, les USA et celui d’Agadir (Jordanie, Egypte, Tunisie) feront du Maroc une véritable plate-forme industrielle». Apparemment, les opérateurs européens, pour leur part, n’ont pas attendu pour saisir l’opportunité qu’ils ont d’exporter sur le marché américain ou encore vers l’Egypte et la Jordanie, à partir du Maroc. Si Legler est déjà passé à la phase de concrétisation, des sources au ministère du Commerce et de l’Industrie nous signalent que beaucoup d’industriels européens et américains sont sur la liste d’attente.
Ainsi, des pourparlers sont en cours avec le groupe de textile anglais Dewhirst, premier fournisseur de l’anglais Marks & Spencer. Du côté italien, un autre grand nom devrait suivre Legler. Il s’agit d’une centrale d’achat qui approvisionne un réseau de quelque 5 000 magasins à travers toute l’Europe. Des discussions sont également en cours avec le géant américain Sara Lee dont l’activité est axée sur l’agroalimentaire, les cosmétiques et articles pour maison et, enfin, l’habillement, spécialement la lingerie féminine. Et c’est justement dans ce dernier créneau que Sara Lee envisage de se développer au Maroc. La lingerie féminine est d’ailleurs donnée comme l’un des secteurs qui devrait exploser.
C’est la raison pour laquelle l’accord conclu avec les Etats-Unis prévoit ce que l’on appelle une clause de rendez-vous. Américains et Marocains ont convenu, donc, de se retrouver au terme de l’an I de l’accord, spécialement pour revoir les modalités de la règle d’origine pour certains produits dont, justement, la lingerie féminine.

Des industriels français de l’électronique et électricité attendus dans les prochains jours
En effet, en prévision de l’arrivée massive d’investisseurs étrangers dans ce créneau, les quotas de matières premières importées accordées par les Américains risquent de ne plus suffire, surtout si, entre temps, les industries en amont n’ont pas eu suffisamment de temps pour se développer.
Mais les textiles ne sont pas les seul concernés. Au ministère du Commerce et de l’Industrie, on nous révèle qu’un leader espagnol de la chaussure s’installera dans les mois qui viennent dans la zone franche de Tanger. Le site, qui nécessitera, selon les premières estimations, près de 70 millions de DH, devrait produire environ 1 000 paires de chaussures par jour, presque exclusivement dédiées au marché américain. En vue de bénéficier de tous les avantages et autres dispositions d’incitation à l’investissement, notamment la contribution du Fonds Hassan II, le promoteur a déposé, depuis quelques jours, une demande officielle auprès du gouvernement marocain, qui a d’ailleurs donné son accord de principe.
Les Français ont également montré de l’intérêt pour le Maroc. On attend ainsi, pour les jours qui viennent, la visite d’un groupement de l’industrie aéronautique et une délégation d’industriels du secteur électronique et électrique français. Rappelons à ce titre que le groupe français Matra, spécialiste de l’ingénierie et de la conception automobile, a confirmé son intention de s’implanter au Maroc à travers un centre de recherche qui sera réalisé en partenariat avec l’Ecole Mohammadia des Ingénieurs (voir La Vie éco du 6 février).
Cela dit, comme l’explique Jamal Eddine El Jamali, «le Maroc doit saisir ces opportunités car nous ne disposons en fait que d’une petite fenêtre temporelle de deux ou trois ans avant que d’autres pays ne concluent des accords similaires avec les Etats-Unis»