L’accord de libre-échange sera signé le 7 avril

Pour les entreprises turques, le Maroc sera un tremplin pour atteindre le marché
américain.

Initialement prévue pour le mois de janvier, la signature de l’accord de libre-échange entre le Maroc et la Turquie, dont les négociations ont duré deux ans, aura finalement lieu le 7 avril prochain. Explications de Akin Algan, ambassadeur de Turquie à Rabat.

La Vie éco : Pourquoi ce retard dans la signature de l’accord de libre-échange Maroc-Turquie ?
Akin Algan : Il y a deux raisons à cela. La première est que c’est le Premier ministre marocain Driss Jettou qui a voulu faire le déplacement en personne en Turquie pour signer cet accord. La signature aura donc lieu le 7 avril prochain, en marge de la réunion de la commission mixte maroco-turque, qui se déroulera les 5 et 6 du même mois et de la visite du Conseil d’Affaires, avec le déplacement en Turquie d’une soixantaine d’entrepreneurs marocains.
La deuxième raison est que l’accord avait été négocié en anglais. Il fallait donc un peu de temps pour avoir des traductions officielles en arabe et en français.

Qu’apportera cet accord aux deux pays au regard du volume des échanges réalisé aujourd’hui ?

Les échanges commerciaux entre les deux pays connaissent depuis 10 ans une évolution importante dans la mesure où ils ont été multipliés par plus de 3,5. De 77,8 millions de dollars en 1994, ces échanges sont passés à 259,6 millions en 2003. Ils sont appelés à se développer d’autant que, dès l’entrée en vigueur de l’accord après sa signature et sa ratification par les deux parlements, les taxes douanières sur 45% des produits seront totalement supprimées.
Pour les secteurs agricoles et textile, qui sont sensibles pour les deux pays, il est prévu une période de transition de dix ans avec une réduction des tarifs douaniers au rythme de 10 % par an.

Les entreprises turques sont de plus en plus présentes au Maroc. Qu’en est-il de leur investissement ?

A ce jour, il y en a plus d’une vingtaine. Et il y en aura de plus en plus car les Turcs mesurent bien l’intérêt qu’ils ont à tirer de l’instauration d’un accord entre le Maroc et les Etats-Unis. Dans de nombreux domaines, comme le textile ou l’électroménager, l’investissement au Maroc permettra d’accéder au marché américain. Pour l’instant, entre l’autoroute Settat-Marrakech et les tronçons de la rocade méditerranéenne, c’est un investissement de 776 millions de DH qui est en cours de réalisation. D’autres projets sont en négociation avancée, notamment entre le groupe turc Tekfen et la Samir pour la remise en état de cette dernière. Le montant de l’investissement est de 500 millions de dollars.

Que répondez-vous à ceux qui voient d’un mauvais œil l’arrivée des entreprises turques de BTP au Maroc ?

Tout simplement que, lorsqu’on opte pour l’ouverture et le libéralisme, il faut en respecter les règles