L’Académie du Royaume du Maroc relance ses activités

L’Institution veut s’adapter aux changements de la société et s’ouvre de plus en plus sur le monde extérieur. Elle a récemment signé un mémorandum d’entente avec l’Institut Mandela pour les études sur le développement, en vue de contribuer à la formation des élites africaines.

L’Académie du Royaume du Maroc a tenu, du 24 au 26 janvier, sa 44e session sous le thème «De la modernité aux modernités». Objectif, faire le point sur les activités de l’Académie depuis la nomination, le 15 mai 2015, du professeur Abdeljalil Lahjomri, en qualité de Secrétaire perpétuel, en remplacement du professeur Abdellatif Berbich.

Dans une conférence de presse organisée en prélude à la session qui était en cours au moment où nous mettions sous presse, M. Lahjomri a expliqué que les textes législatifs fondateurs de l’Académie sont en train d’être révisés «afin de lui conférer une structure nouvelle qui réponde aux changements de la société marocaine». Et d’expliquer : «Ma mission était de relancer les activités de l’Académie et de faire en sorte qu’elle retrouve son rayonnement. C’est la raison pour laquelle nous avons entamé, depuis plus d’une année, des activités culturelles et intellectuelles importantes».

Parmi ces activités, il y a l’organisation, en 2015, de la 43e session de l’Académie avec pour thème : «L’Afrique comme horizon de pensée». De même qu’en 2016, l’institution était présente lors des travaux de la COP22 à Marrakech et ce, à travers des journées scientifiques organisées sous le thème : «Face au changement climatique, un nouveau champ du politique». A cela s’ajoute l’organisation d’une série de conférences en préparation à la 44e session.

L’Académie tend la main aux doctorants

Par ailleurs, l’Académie s’ouvre aux doctorants, notamment ceux qui travaillent sur l’Afrique. C’est dans ce sens qu’elle a récemment signé un mémorandum d’entente avec l’Institut Mandela pour les études sur le développement (MINDS), en Afrique du Sud, en vue de contribuer à la formation des élites africaines. Pour la mise en œuvre de cet accord, ainsi que pour concrétiser les projets de l’institution sur le terrain, la Fondation de l’Académie pour l’action culturelle a été créée il y a quelques semaines. A l’avenir, l’Académie devrait établir d’autres partenariats avec des institutions internationales homologues. Elle prévoit, en outre, de construire une bibliothèque pour les chercheurs et les scientifiques.

Quant à Mohammed Kettani, chancelier de l’Académie du Royaume du Maroc, il a mis l’accent sur le fait que «l’Académie est exempte de toute considération politique» et qu’elle «adopte une position de neutralité» par rapport aux points de vue divergents et aux opinions contradictoires de ses membres. Et de considérer que la diversité des opinions et points de vue constitue un «facteur positif» qui renvoie à la modernité et ne doit, en aucun cas, «conduire au scepticisme».

Les travaux de la 44e session de l’Académie du Royaume du Maroc se déroulent à raison de deux séances par jour. Plusieurs académiciens, éminents penseurs et chercheurs, venus de plus de douze pays des quatre continents, y prennent part. Les débats couvrent plusieurs domaines de réflexion, dont notamment la religion, la pensée, la création, les dynamiques interculturelles, le droit, la pensée économique, le patrimoine, ainsi que les effets de la modernité sur la question sociale. Les intervenants proposeront aussi une étude de cas autour de faits historiques, de grandes questions comme la nécessité d’une modernité authentique pour la pensée arabo-musulmane, la modernité et les défis transculturels qu’elle implique, la grande guerre et la modernité au Moyen-Orient, la réforme économique au Maroc entre 1956 et 2016, les femmes marocaines face aux défis de la modernité, etc. La session verra également l’attribution, pour la première fois, du Prix de l’Académie. Celui-ci sera décerné à l’écrivain marocain Abdelkrim Ghellab.