Laboratoires pharmaceutiques : oui à  une baisse du prix mais pas ceux des génériques

Ils estiment leur prix déjà  très bas par rapport à  celui des molécules mères. Un gain potentiel est possible en poussant à  la fabrication de génériques de princeps tombés dans le domaine public.

Garantir l’accès aux médicaments à l’ensemble de la population à moindre coût. Un objectif que s’est fixé l’actuel ministre de la santé. Son action est inscrite dans la continuité de celle de l’ancien gouvernement qui avait lancé, il y a trois ans, une réflexion autour d’une politique nationale du médicament. Deux idées avaient été retenues : le développement des génériques et la baisse des prix des médicaments.
Dans cette réunion, tenue il y quelques jours, avec l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP) le ministre de la santé, El Hossein El Ouardi, a souligné la nécessité d’une politique du médicament basée, et c’est une nouveauté, «sur deux visions : une à court terme visant une révision des prix du médicament et une à moyen terme consistant en une réforme des procédures d’octroi des autorisations de mise sur le marché (AMM)». Le ministre ajoute que «ce chantier doit reposer aussi sur un partenariat entre les pouvoirs publics et les industriels». Des réunions de travail sont prévues avec les industriels, invités par le ministère à faire des propositions relatives à la révision des prix.

Réduire la durée des AMM pour pousser à la production de nouveaux génériques

Du côté des industriels, on attend de voir la suite du process. Ils estiment qu’il est d’abord nécessaire d’évaluer l’impact de la baisse de 20 à 25% des prix d’environ 400 médicaments décidée par le secteur en accord avec Yasmina Baddou, l’ex-ministre de la santé.
En attendant, les industriels ont déjà une idée sur les concessions possibles. Ils estiment que les génériques ne peuvent pas subir de baisse de prix étant donné qu’aujourd’hui ils sont, pour un grand nombre de spécialités, jusqu’à 70% moins chers que la molécule mère. En revanche, estiment-ils c’est au niveau des princeps que l’on devrait agir notamment ceux dont les brevets sont tombés dans le domaine public dans leurs pays d’origine. «Les multinationales continuent de les commercialiser au prix de leur première introduction, alors que les coûts des recherches ont été amortis», soulignent des industriels. Pour les nouvelles molécules, la baisse des prix pourrait être décidée, expliquent-ils, après  une étude comparative des prix d’autres pays de la région.
Reste à savoir si les multinationales accepteront de réduire leurs prix. «La concurrence des génériques pourrait les y contraindre», assure un connaisseur du dossier. C’est pourquoi, poursuit-il, le gouvernement devrait revoir la procédure d’octroi des AMM pour les nouveaux médicaments afin que le délai de traitement des demandes soit ramené de 36 mois en moyenne à une année. Dans certains pays, explique ce même spécialiste, le dossier est traité en quelques mois.