Laà¢youne-Boujdour-Sakia Al Hamra : sous le signe de la chèvre et du chameau

Avec une superficie agricole utile de 127 500 ha, dont 146 ha en irrigué, et un climat aride, l’activité agricole de la région se résume à  l’élevage.
La production de lait de chamelle devrait être multipliée par 5 pour atteindre 84 000 tonnes par an. Celle du lait de chèvre passera de 14 000 à  24 000 t par an.

Le diagnostic

Avec une superficie agricole utile de 127 500 ha, dont 146 ha en irrigué, et un climat qui ne s’y prête guère, l’activité primaire dans la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia Al Hamra se résume exclusivement à des activités d’élevage. La région compte un cheptel de 608 000 têtes dont 62 000 camélidés et 242 000 caprins destinés à la production de lait, le reste étant réservé à la production de viandes rouges. Un cheptel qui permet de produire aujourd’hui près de 16 000 t de lait de chamelle, 14 000 t de lait de chèvre et 4 400 t de viandes rouges et blanches.
Les sols sont généralement squelettiques présentant une texture grossière sauf au niveau des lits des oueds et des graras (dépressions aux sols profonds de texture moyenne limono-sablo-argileuse) exploités en céréalicultures lors des années pluvieuses. Le statut juridique des terrains agricoles de la région est à 100% domanial, ils sont essentiellement consacrés aux parcours.
La production de viande blanche représente le plus grand contributeur au chiffre d’affaires et à la création d’emploi dans le secteur de la production animale régionale. Elle constitue également le plus grand consommateur dans les exploitations agricoles. La production de lait de chamelle représente le deuxième contributeur au chiffre d’affaires du secteur et à la création d’emplois.

Ce que prévoit le plan régional
 
Le Plan vert régional ne pouvait naturellement que prendre en considération ces contraintes climatiques. Tablant sur une enveloppe d’investissement réduite, de 898 MDH, le plan est exclusivement articulé autour du développement de la production animale. 14 projets ont été retenus dans cette filière, pour une enveloppe de 867 MDH, dont 4 dans le volet de la grande exploitation et 10 dans celui de la petite.  
Ces projets portent sur l’intensification de la production de la viande caméline et caprine, le développement et la valorisation de la production de viande blanche, ainsi que l’intensification et la valorisation du lait de chamelle et de chèvre.
Le reste de l’investissement, 31 MDH, est alloué à des projets transverses qui porteront notamment sur des actions d’animation (manifestations régionales,  concours agricoles, visites de terrain, journées de sensibilisation) et d’action d’appui (formation des agents techniques et des organisations professionnelles, la réalisation de diagnostic participatif, le suivi et évaluation)
Selon les prévisions établies, les actions du plan devraient profiter à près de 4 700 éleveurs sur les 4 892 que compte la région.

Les impacts attendus

Au terme du plan régional, les performances des activités de l’élevage devraient nettement s’améliorer. La production de lait de chamelle devrait être multipliée par 5 pour atteindre 84 000 tonnes par an. Celle du lait de chèvre passera de 14 000 à 24000 t par an. Concernant les viandes rouges et blanches, le plan prévoit plus que de doubler les capacités avec un total de 10 500 tonnes par an. On signalera que toutes ces améliorations sont prévues sans extension du cheptel, les projets portant essentiellement sur la modernisation des méthodes et modes d’exploitation aujourd’hui archaïques.
Selon les prévisions du plan régional, la valeur ajoutée du secteur agricole pour la région devrait se situer autour de 1,7 milliard de DH contre 550 MDH aujourd’hui, soit une évolution de +200%. Au passage, le secteur créera davantage d’emplois. Ainsi, à l’horizon 2020, l’activité agricole régionale créera 4,8 millions de journées de travail par an soit trois fois plus qu’actuellement. 2 millions de journées de travail supplémentaires seront générées par les activités de production  de lait de chamelle, 430 000 journées de plus par la production de lait de chèvre, 570 000 par la production de viandes rouges caméline et caprine et, enfin, 1,8 million supplémentaires par la production de viandes blanches. Signalons enfin que la région reste peu peuplée, eu égard à sa superficie : 256 000 habitants dont à peine 7% de ruraux. La région de Laâyoune compte près de 5 000 éleveurs.