La ville nouvelle de Zénata prend forme

Un grand collecteur d’assainissement et un échangeur autoroutier achevés. Les terrains d’une première zone résidentielle de 70 ha en cours d’attribution par appel d’offres. L’offre résidentielle cible principalement la classe moyenne.

La ville nouvelle de Zénata prend forme. Plus de 18 mois après le démarrage effectif des travaux, de grandes infrastructures ont pu être finalisées. Il s’agit du grand collecteur d’assainissement et de l’échangeur autoroutier. Le premier est connecté à l’intercepteur anti-pollution Est de Lydec et constitue un prérequis au démarrage de l’aménagement. L’échangeur autoroutier, quant à lui, faisant office de porte principale de la nouvelle cité, située sur l’autoroute Casablanca-Rabat, dessert deux axes majeurs de la ville : la voie périphérique Ouest connectée directement à la voie côtière entre Casablanca et Mohammédia, ainsi que l’axe métropolitain de Zénata.

Ces structures ont été réalisées au niveau d’une première zone de développement de 800 ha sur 1 630 prévus à terme. Cette première zone est aujourd’hui dotée d’un plan d’aménagement spécifique homologué en septembre (www.lavieeco.com). Celui-ci a été conçu en vue d’une gestion durable de la future éco-cité. Par exemple, le sens des vents est étudié pour permettre la ventilation naturelle de la ville. Le plan d’aménagement prévoit également 470 ha d’espaces verts (un tiers de la superficie globale). Le ratio d’espaces verts s’établira alors à 15 m2/habitant, bien au-dessus des 10 m2/ habitant préconisés par l’Organisation mondiale de la santé.

La première zone de développement intègre une composante résidentielle. «Le quartier de la ferme» s’étale sur une superficie de 70 ha et devrait offrir essentiellement des logements destinés à la classe moyenne. Les prix seront situés entre 8 500 et 12 500 DH/m2, pour une superficie moyenne de 100 m2, annoncent les initiateurs du projet. En l’état actuel des choses, des négociations approfondies ont été engagées avec plusieurs promoteurs immobiliers à qui des parcelles aménagées devraient être attribuées suite aux appels d’offres lancés. L’ensemble du quartier devrait être aménagé dans les 24 prochains mois, selon le planning de la Société d’aménagement de Zénata (SAZ), filiale de la CDG.

10 milliards de DH pour réaliser la première phase

Outre le résidentiel, les équipes de la SAZ ont eu le mérite de cerner plusieurs autres composantes afin de livrer une ville complète en termes d’équipements, d’animation, de possibilités d’activité économique… Il faut dire que l’ambition des concepteurs est de créer 1emploi pour 3 habitants conformément aux standards internationaux. Trois actifs structurants ont ainsi été priorisés. D’abord, un centre de commerce et de loisirs en cours de réalisation dont le magasin d’ameublement Ikea ouvert en mars dernier est la première enseigne. Vient ensuite un centre médical d’excellence d’une capacité de 200 lits dont l’appel à manifestation d’intérêt est en cours d’élaboration. Enfin, un campus universitaire international est en phase d’étude. Chacune de ces structures s’intègre dans des pôles thématiques. Par exemple, le centre médical est un élément du pôle santé qui comprend aussi un centre de formation paramédicale, une tour de cabinets médicaux, le tout sera complété par un centre de R&D et un incubateur pour entreprises médicales innovantes…

Avant d’entamer l’aménagement de la ville nouvelle, il a fallu réinstaller l’ensemble des industries et des populations qui occupaient déjà le territoire. Un programme de réinstallation a été décliné dans ce sens comprenant un projet de relogement et un projet de recasement in situ pour les ménages bidonvillois ainsi qu’un projet de réinstallation des activités industrielles dans une nouvelle zone subventionnée. Sur ce dernier volet, 200 conventions sont en cours de finalisation avec les industriels, dont 70 déjà signées selon la SAZ.

Une enveloppe de 10 milliards de DH est nécessaire à l’achèvement de tous les développements envisagés pour la première zone de 800ha, dont le montage financier est aujourd’hui bouclé. Entre autres bailleurs de fonds qui ont contribué au financement de cette première phase, l’AFD et la Banque européenne de développement ont chacune  prêté 1,6 milliard de DH. Onze autres milliards de DH seront nécessaires pour réaliser tout le projet. Soit 21 milliards de DH au total.