« La transparence s’impose »

Il est vrai que la situation financière de certaines entreprises est plus difficile. Cela résulte à mon avis des difficultés d’adaptation à la situation nouvelle. D’un côté, dans le cadre du respect de la réglementation relative aux risques, les banques anticipent les conséquences de l’ouverture des frontières, notamment sur certains secteurs, et les problèmes de trésorerie qui en découlent. De l’autre, il y a des entreprises qui n’ont pas encore rétabli certains grands équilibres financiers. Ce sont ces dernières qui souffrent le plus. Celles qui ont réussi à améliorer leur gestion n’ont pas de grandes difficultés à négocier des lignes de crédit.
L’avenir est dans la transparence. C’est une condition pour pouvoir se faire financer plus facilement. Il faut aussi avoir une visibilité sur l’évolution de son entreprise et démontrer qu’elle sera capable de faire face à ses engagements. Dans ce sens, il convient d’établir des projections sur un, deux, voire trois ans, démontrer l’intérêt économique de l’investissement projeté et la pertinence du plan de financement et sa compatibilité avec les grands équilibres financiers de l’entreprise. En somme, il faut démontrer que les lignes désirées sont nécessaires et vont être utilisées dans l’entreprise.
Par ailleurs, une société qui accepte de faire auditer ses comptes doit pouvoir bénéficier de meilleures conditions. Pour les entreprises qui acceptent de jouer le jeu de la transparence et qui sont dans une logique de renforcement de leur structure financière et de leurs fonds propres, les banques devraient mieux les accompagner en adossant les conditions de coût et de financement aux résultats de cette évolution par la mise en place d’un système de tarification qui traduit de manière plus directe et plus transparente cette interdépendance.
A cet effet, il est possible, pour les lignes de financement à court terme, d’imaginer des taux variables se basant sur les bons du trésor à 52 semaines ou même moins. Cela permet de créer une fourchette à l’intérieur de laquelle l’entreprise peut gérer le coefficient de risque.