La station de Mazagan taille dans ses effectifs

Les hauts cadres, notamment les expatriés, sont les premiers concernés. L’effectif devrait descendre en dessous de 900 personnes contre 1 400 actuellement. La station réagirait au refus de ses banques de rééchelonner ses dettes.

L a rumeur se faisait insistante depuis quelques jours. Aujourd’hui, elle est confirmée sans plus de détails par plusieurs sources dans le milieu hôtelier. La station balnéaire Mazagan est en train de se séparer d’une partie de son personnel à coup de millions de dirhams. L’opération ne touche pas seulement les petits employés, elle concerne aussi le top management, au grand étonnement à la fois du personnel et des professionnels d’une manière générale. En effet, le directeur financier aurait déjà empoché son solde de tout compte, celui du casino serait en train de lui emboîter le pas, de même que celui de la restauration. Bref, on parle d’une bonne partie du management de la station dont beaucoup d’expatriés qui sont liés à Mazagan par des CDD (contrats à durée déterminée) devant arriver à terme à la fin de l’année. La station devrait ramener son effectif en dessous de 900 personnes au lieu de 1 400 actuellement.

Elle a pourtant réalisé l’un des meilleurs taux d’occupation en 2012

Selon une source qui tient à garder l’anonymat, «personne ne connaît les raisons de cette opération qui devrait s’achever dans un bref délai, c’est-à-dire d’ici le mois de juin, alors que les contrats des cadres expatriés concernés devraient expirer à la fin de l’année». En d’autres termes, explique en substance cette source, pourquoi les dirigeants de la station se séparent de cadres qu’ils ont recrutés, il y a tout juste quelques mois, et pourquoi ne les gardent-ils pas jusqu’à expiration de leur contrat puisque de toutes les façons, leurs indemnités de départ sont au moins égales à leurs émoluments jusqu’à la fin du contrat ? La réponse est qu’il y a une urgence quelque part pour procéder de la sorte, et parmi les affirmations avancées, c’est que cette réduction projetée de la masse salariale de manière conséquente serait dictée par le refus des banques de rééchelonner les dettes de la station.

Selon un hôtelier qui connaît bien les arcanes de la gestion hôtelière, il ne faut pas voir uniquement la masse salariale, mais toutes les charges qui l’accompagnent surtout quand il s’agit de hauts cadres. La station Mazagan, dit-il, bien qu’elle ait réalisé l’un des taux d’occupation les plus élevés durant l’année 2012 (autour de 57%) ne doit pas dégager un revenu moyen par chambre qui lui permette de faire face à ses charges, notamment en raison de la baisse des tarifs que le Maroc a connue en cette période de crise.

D’autres avancent des démêlés avec le ministère de tutelle qui faisait pression sur Kerzner, aménageur développeur et gestionnaire de l’enseigne, pour entamer la construction de la deuxième tranche de la station, ce que ce dernier refusait. La direction générale, celle des ressources humaines et celle de la communication et marketing, n’ont pas donné suite à nos appels pour confirmer ou infirmer l’information. Affaire à suivre.