La Sonarges croule sous les difficultés financières

Karim Aqary, le nouveau PDG par intérim de la Société nationale de réalisation et de gestion des stades (SONARGES), a du pain sur la planche. Première mission pour remplir les caisses, ouvrir les stades de Tanger, Agadir et Marrakech aux manifestations culturelles et aux séminaires.

Le conseil de surveillance de la Société nationale de réalisation et de gestion des stades (Sonarges) vient de nommer un nouveau PDG par intérim. Ce dernier n’est autre que Karim Aqary, secrétaire général du ministère de la jeunesse et des sports. En effet, «le recrutement d’un calibre pour chapoter la société est une procédure qui demande du temps. Pour cela, on m’a choisi pour assurer l’intérim pour une durée de trois mois, le temps que le conseil de surveillance se réunisse de nouveau pour nommer le nouveau PDG», explique Karim Aqary.

Or, la vérité peut être ailleurs. En effet, contrairement à ce qui a été annoncé en septembre dernier par Mohamed Ouzzine, ministre de la jeunesse et des sports, le départ de Khalil Benabdellah n’était pas une surprise pour la tutelle. «Ce limogeage maquillé en démission est la première mesure du programme de restructuration de l’entreprise», confie une source proche de la Sonarges. Et d’ajouter : «L’entreprise est dans une situation financière très difficile, à cause des déficits accumulés depuis son lancement».

L’équipe commerciale sera étoffée

Après le changement du directoire, le plan de redressement comprend deux autres mesures phare. En premier lieu, le PDG doit respecter le business plan initial de la société. A son démarrage en 2010, la Sonarges devait suivre la trajectoire des pays européens et ceux du Golfe qui ont déjà investi le champ sportif. En d’autres termes, l’ancien top management a annoncé clairement que le business modèle desdits stades ne se basera pas uniquement sur les manifestations sportives, mais aussi sur les manifestations culturelles, les séminaires et autres qui vont générer une grande partie des recettes. «Les trois nouveaux stades sont mal exploités, que ça soit sur le plan sportif où commercial», confirme le PDG par intérim. Pour remettre les pendules à l’heure, le top management envisage d’étoffer l’équipe commerciale considérée comme l’un des maillons faibles de l’organisation. Ces derniers devront désormais remuer ciel et terre pour que les stades de Tanger, Agadir et Marrakech attirent des événements culturels, artistiques, ou encore d’affaires. Ce n’est pas tout, «nous devons nous ouvrir sur des équipes étrangères, car nous avons toutes les conditions pour accueillir des stages de concentration», ajoute M. Aqary.

La deuxième mesure porte sur la réduction des coûts de gestion des stades. A ce niveau, le management envisage de développer l’expertise métier (gestion de LED, billetterie, etc.) et de renforcer les équipes techniques au niveau des stades pour mieux contrôler les process et réduire les coûts d’entretien.

En somme, le programme de redressement consiste en une augmentation des recettes et une baisse des coûts. Une équation difficile que Karim Aqary doit résoudre dans 90 jours.