La Société financière internationale double ses investissements au Maroc

Avec la prise de participation dans Zalagh Holding, la SFI porte le total de ses investissements au Maroc à  353 millions de dollars depuis juin 2012.

C’est une véritable offensive en matière de soutien à l’investissement qu’a entamée la Société financière internationale (SFI) ou International finance corporation (IFC), du groupe Banque Mondiale, au Maroc. Pas plus tard que la semaine écoulée, elle a apporté son soutien à Zalagh Holding, opérateur marocain du secteur avicole. Jusque-là, rien de surprenant. Sauf que cette initiative intervient dans un contexte où des investissements de ce genre se sont multipliés, particulièrement depuis juin 2012. En tout, cette institution a mobilisé 353 millions de dollars sur cette période pour des prises de participations dans la BCP (204 millions), Saham Finances (118 millions), Zalagh Holding (24 millions) et HEM (7 millions). A ces prises de participations, il faut ajouter la garantie de crédit partiel dans le Fonded à hauteur de 8,3 millions de dollars et la mise en place d’une facilité de 400 millions de dollars pour financer les prêts aux petites entreprises des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, dont le Maroc. C’est dire toute l’enveloppe financière que mobilise l’IFC au Maroc et qui représente plus du double que ce qui avait été engagé par l’organisme au Maroc une année auparavant.

A en croire les représentants de l’institution dans la région, c’est le potentiel économique du Maroc qui explique ce rush. «Le Maroc a un potentiel économique important et le meilleur moyen de libérer ce dernier est de soutenir aussi bien les petites que les grandes entreprises», explique Joumana Cobein, chef du bureau Maghreb d’IFC. En fait, l’objectif déclaré est de prendre le relais des gouvernements, parfois confrontés à des contraintes budgétaires, pour stimuler la croissance. Cet objectif, IFC le concrétise à travers un rapprochement du secteur privé dont le développement est placé actuellement comme une de ses priorités. Plusieurs secteurs sont ciblés. «IFC peut jouer un rôle catalyseur et s’intéresse à appuyer des projets structurants dans les secteurs clés : la finance, les infrastructures et énergies renouvelables et des secteurs à fort potentiel de croissance comme l’agroalimentaire, l’éducation, la santé et les technologies de l’information», ajoute-t-on auprès du bureau Maghreb. L’encouragement par le Maroc du développement des partenariats publics-privés pourrait, par ailleurs, constituer une motivation supplémentaire pour augmenter les investissements de l’institution dans le Royaume.

Les entreprises qui investissent en Afrique subsaharienne seront soutenues

Hormis les investissements dans les projets, l’organisme international reste également ouvert à toutes les solutions qui pourraient faciliter l’accès des PME au financement, et des ménages au logement. A ce niveau, il faut noter que selon la stratégie qu’elle a arrêtée, IFC ne finance pas directement les petites et micro-entreprises ou les entrepreneurs individuels. Les fonds sont mis à la disposition d’intermédiaires financiers partenaires qui à leur tour les prêtent à leurs clients du tissu économique local. C’est par exemple l’une des motivations de la prise de participation dans BCP, où l’investissement devait permettre à la banque d’octroyer des prêts à un plus grand nombre de petites entreprises et de s’étendre en Afrique subsaharienne, où l’accès au crédit est tout aussi difficile. «Une priorité forte est aussi accordée aux entreprises qui ont une stratégie d’investissement en Afrique subsaharienne», rajoute la même source.

Ceci dit, cet important intérêt porté par l’institution au Maroc ne veut pas dire que le robinet coule à flots. Avant de mettre sur la table ses fonds, l’institution veille surtout à ce que ses partenaires répondent à un certain nombre d’exigences. Parmi ceux-ci, il faut retenir que les projets accompagnés doivent impérativement être situés dans des pays émergents. A en voir l’intérêt qu’elle lui porte, l’IFC reconnaît à sa manière que le Maroc en est un. Les projets d’investissement sont également sélectionnés sur la base de leur fiabilité et leurs perspectives de rentabilité. Un projet mort-né ou dont la rentabilité n’est pas assurée ne peut logiquement pas prétendre à un soutien de l’organisme. Et puis, IFC cherche à ce que son action soit pérenne et contribue au développement de l’économie locale par la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. Sans oublier que la sélection des dossiers donne de l’importance à l’équité dans le partage des richesses et à la participation au développement environnemental et social répondant aux standards d’IFC et aux normes du pays d’accueil. Ce sont là les principaux critères auxquels il faut répondre avant d’approcher l’institution.