La Société de développement et de gestion de la zone attend son modèle opérationnel

Le développement de la deuxième tranche de la zone Est en attente de décisions stratégiques. Celles-ci concernent, entre autres, le rôle précis de l’aménageur public ainsi que la répartition des participations de la SNTL, l’ANP et l’ONCF dans son capital.

Sacré dilemme auxquels sont confrontés les pouvoirs publics et les différents acteurs impliqués dans le développement de la deuxième tranche de la zone logistique de Zénata. Depuis la signature, en mai 2014, devant le Souverain, de plusieurs conventions de partenariats relatives à ce projet, les choses ont, semble-t-il, beaucoup bougé dans les coulisses avec l’objectif d’arrêter un schéma définitif pour la réalisation de cette tranche. Dix mois plus tard, ce schéma est en attente de décisions stratégiques dont dépend étroitement l’entame des travaux programmés pour 2016 au plus tard.

Le principal challenge à relever dans ce sens consiste en le choix du modèle à adopter pour la création de l’aménageur de la zone. En effet, les études réalisées ont révélé la nécessité de créer un aménageur public où seront regroupés les différentes entreprises et établissements publics impliqués dans le chantier, de manière à mutualiser leurs efforts et leurs apports au projet. Ces entreprises sont, pour rappel, la SNTL, l’Agence nationale des ports et l’ONCF qui devront toutes être actionnaires de la Société de développement et de gestion (SDG). La création de cette dernière n’est pas une mission simple, si l’on en croit les conclusions de l’étude.

La difficulté concerne, dans un premier temps, la part de chaque établissement dans le tour de table de la SDG. Vu que leurs apports ne seront pas les mêmes, il faut trancher sur les modalités de répartition du capital de la société entre les trois parties. Cette répartition est d’autant plus délicate à cause des investissements déjà réalisés par la SNTL, dont la plate-forme logistique est déjà opérationnelle. Si la répartition est faite sur la base de l’apport de chaque partie en foncier, comme cela était sous-entendu auparavant, la SNTL se retrouverait lésée vu qu’elle a déjà mobilisé d’importants investissements pour la réalisation des infrastructures déjà construites dans sa plate-forme. Pour remédier à cela, l’étude de faisabilité financière a proposé deux autres scénarios. Dans l’un d’entre eux, les actifs apportés par l’ANP et l’ONCF sont les terrains de leurs assiettes foncières, mais dans le cas de la SNTL l’apport comprend aussi la capitalisation de l’aménagement déjà fait. Dans ce cas de figure, le capital de la SDG serait de 59,5 millions d’euros, dont 54,6% détenus par l’ANP, 26% par l’ONCF et 19,4% par la SNTL.

Besoins financiers importants si la SDG s’occupe de la réalisation de toute la zone

Dans l’autre, les actifs apportés par l’ANP et l’ONCF sont les mêmes assiettes foncières, mais pour la SNTL on inclut aussi la capitalisation des coûts des infrastructures de base, des entrepôts et des bâtiments déjà construits. Dans ce cas-là, le capital de la SDG atteindrait 82,5 millions d’euros, dont 42% seraient détenues par la SNTL et seulement 39,4% et 18,7% respectivement par l’ANP et l’ONCF.

Les différents partenaires devraient donc trancher rapidement entre ces deux scénarios. Ils devront en parallèle décider du rôle précis qu’aura à jouer la SDG. A ce niveau, les cabinets ayant réalisé l’étude ont retenu deux possibilités, chacune avec des implications différentes sur la rentabilité de la zone de Zénata. Dans la première, la SDG aura un rôle de constructeur des infrastructures de base, en plus de quelques immeubles permettant un démarrage proactif de la zone. Dans ce modèle, les zones fonctionnelles seront développées par des agents autres que la SDG, à savoir la SNTL, l’ONCF et l’ANP en leurs noms propres.

Ces infrastructures devraient être groupées en paquets d’un minimum de 20 à 30 ha chacun. La deuxième possibilité est celle où la SDG jouera le rôle de développeur intégral de la zone, ce qui se traduit par la prise en charge aussi bien des infrastructures de base que des immeubles pour la logistique (ndlr : les entrepôts) et pour les services (ndlr: base de vie ; bâtiments auxiliaires…). Les conclusions de l’étude économique et financière font cependant pencher la balance vers le premier modèle. «Le projet est financièrement faisable dans sa modalité de construction des infrastructures et de quelques immeubles (ndlr : le premier modèle)», peut-on lire dans le rapport de l’étude. L’analyse du deuxième modèle fait ressortir que le projet est financièrement faible selon cette approche. Confiée à la SDG, la réalisation de l’ensemble du projet nécessite en effet la mobilisation de fonds importants pour supporter l’investissement nécessaire, ainsi que le besoin en fonds de roulement qui en découlerait. Ce dernier est évalué à lui seul à 890000 euros en 2017, et 475 000 euros en 2028, contre seulement 335000 euros en 2017 dans le cas du premier modèle. En tout, entre le premier et le deuxième modèle, les investissements et les besoins de financement seront multipliées par 3,5 fois, ce qui nécessiterait une injection supplémentaire de fonds publics. La problématique financière aura donc certainement un rôle clé à jouer dans l’arbitrage à faire entre les deux modes d’intervention de la SDG.