La société Béton Précontraint du Maroc Industrie toujours en difficulté

L’apport d’argent frais effectué par le fonds Cap Mezzanine a été pour moitié englouti par les pertes cumulées au titre de 2012 et 2013. A défaut d’un retour au vert à  partir de 2015, l’actionnaire principal devrait mettre la main à  la poche.

Plus de deux ans après l’entrée du fonds d’investissement Cap Mezzanine dans son capital, Béton Précontraint du Maroc Industrie (BPMI) n’arrive toujours pas à retrouver le chemin de la rentabilité. En effet, à quelques jours de la clôture d’un exercice aussi compliqué que les deux précédents, la société spécialisée dans les matériaux de construction en béton précontraint (poutres, poutrelles, dalles…) a déjà englouti en pertes cumulées, au titre des exercices 2012 et 2013, plus de la moitié de l’argent frais qui y fut injecté par le nouvel actionnaire institutionnel. Sur une augmentation de capital globale de 39 MDH, qui avait été réservée au véhicule géré par CDG Capital, et ce, en deux temps (en septembre 2012 et mars 2013), ce sont près de 20 MDH qui ont été évaporés. Une situation d’autant plus problématique que Cap Mezzanine a déjà achevé sa période d’investissement à fin 2013 (une période contractuelle de cinq ans extensible d’une année fixée par les actionnaires du fonds lors de sa création en 2008). Car si l’hémorragie des fonds propres qui totalisent, à fin 2013, quelque 26 MDH (contre un endettement total de 39 MDH) n’est pas jugulée par un retour au vert à partir de 2015, tout nouveau renflouement des actionnaires ne pourrait venir que du fondateur (Noureddine Rezzoukia) qui contrôle encore 61% du capital de BMPI (contre 39% pour Cap Mezzanine).

Un rapprochement avec une autre entreprise du secteur n’est pas écarté

Selon des sources proches du dossier, les deux actionnaires n’écartent pas la possibilité d’une consolidation avec un autre acteur opérant dans les matériaux de construction pour faire face à la conjoncture des plus moroses que traverse ce secteur, notamment celui des produits du béton préfabriqué et précontraint en particulier. Il faut dire qu’après une période d’euphorie allant de 2005 à 2011, ce marché stagne autour de 10 millions de tonnes. Une situation d’autant plus délicate à gérer que les opérateurs de la filière se sont multipliés, induisant une surproduction croissante et une sous-utilisation des capacités production. Ce qui est le cas, d’ailleurs, de BPMI qui, avec un chiffre d’affaires de 48 MDH en 2013, tourne à peine à un peu plus de 50% de ses capacités de production installées. Rappelons que Cap Mezzanine n’est pas le seul fonds d’investissement marocain impliqué dans le secteur des matériaux de construction. Le fonds AM Invest Morocco (que pilote le gestionnaire Atlamed) est, pour sa part, actionnaire depuis décembre 2007 de Prefab Industrie, une PME basée à Kénitra qui fabrique des éléments en béton préfabriqué et qui a connu, à son tour, pas mal de difficultés financières au cours des cinq dernières années.