La SNTL se lance dans la gestion des gares routières

La société a pris en gestion sa première gare à  Kénitra.
Elle compte en développer d’autres, soit en gestion déléguée, soit à  travers des participations dans le capital.

C’est connu : les Marocains qui voyagent par autocar et qui fréquentent les gares routières y vivent souvent le calvaire surtout en périodes des fêtes et de grande affluence. Ces lieux sont, en effet, investis par  les intermédiaires (courtiers, bagagistes, racoleurs, taxis, etc.) qui font souvent regretter aux voyageurs d’avoir opté pour l’autocar. Et, en certaines occasions, c’est carrément les prix du billet qui flambent dans ces gares souvent gérées par les municipalités et les communes.
Une innovation aujourd’hui dans ce monde avec l’inauguration, lundi 16 mars, de la nouvelle gare de Kénitra, première gare routière moderne, gérée par la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL) qui veut en faire un modèle à l’instar des gares ONCF,  avec un service adapté, un système d’information clair et l’élimination de tous les intermédiaires.
L’objectif, explique une source à la SNTL, est d’«améliorer les prestations fournies par ces infrastructures et de fournir des informations fiables, notamment sur les horaires et les mouvements de transport, bref, de faire de la gestion des gares un vrai métier au sein de la SNTL». Comprenez que cette gare de Kénitra, nouvelle génération, devra être suivie par d’autres, et, pour ce faire, la SNTL envisage deux approches.

Assurer des revenus pérennes aux communes
La première est d’opter pour un contrat de gestion avec le  propriétaire, les municipalités dans la plupart des cas, et c’est justement le schéma qui a prévalu à Kénitra suite à l’appel d’offres dont la SNTL a été l’adjudicataire. La deuxième option consiste pour la SNTL de prendre une participation majoritaire dans des gares nouvelles ou en activité pour en avoir le contrôle et donc la gestion. Les propriétaires des gares, municipalités et communes, seront sensibilisés aux avantages de la gestion déléguée qui peut leur procurer une source de revenus pérenne et garantie grâce à un service public assuré de manière moderne. Il faut savoir sur ce plan que les gares routières à travers le pays n’utilisent pas les mêmes moyens pour prélever les redevances : tantôt c’est le prélèvement à la source au moment de la vente des billets, tantôt c’est le versement de la redevance tous les mois par le transporteur à l’entité concernée. De plus, ce droit de stationnement et d’embarquement peut varier d’une gare à l’autre. Il faut espérer que la SNTL développe un système unifié de prélèvement.
En investissant dans ce créneau, la SNTL espère faire converger les intérêts des usagers, des transporteurs et des propriétaires de gare, et «contribuer ainsi à la mise à niveau du secteur de transport de voyageurs». Un secteur difficilement maîtrisable où règne une concurrence qui nivelle les prix vers le bas.