La SNEP réclame encore une fois la hausse des droits de douane sur les importations de PVC

Elle anticipe leur suppression prévue en 2012 dans le cadre de l’accord de libre échange avec l’UE. Dimatit, filiale du Ynna holding spécialisée dans les profilés et tubes en PVC, menacée selon le groupe.

Après une courte période d’accalmie, le conflit entre importateurs et producteurs de PVC refait surface. La SNEP, filiale de Ynna holding, demande encore une fois au ministère du commerce extérieur de renforcer les barrières douanières pour enrayer l’importation de la résine de pvc qui sert d’intrant à son entreprise Dimatit spécialisée dans les profilés et tubes en PVC.
L’offensive du groupe Chaabi, en ce moment précis, n’est pas fortuite. En 2012, les droits de douane sur les importations en provenance de l’Union européenne passeront de 2,5% à 0%. C’est justement pour contrecarrer une éventuelle perte de parts de marché, mais aussi pour prémunir Dimatit contre la concurrence qui peut être plus compétitive, que la SNEP a introduit sa requête. «C’est toute une entreprise qui est menacée de fermer tout autant que la centaine d’emplois qu’elle assure», met en garde une source autorisée de ce groupe qui considère que la situation actuelle ne favorise qu’un «lobby de deux ou trois importateurs».

La SNEP détient 90% des parts de marché

Les plaintes de la SNEP trouveront-elles une oreille attentive auprès des pouvoirs publics ? Pas si sûr. Car, selon des sources proches du ministère du commerce extérieur, le dossier a été clos, il y a deux ans, après avoir fait l’objet d’une étude poussée prouvant que la requête de la filiale du groupe Chaabi n’est pas fondée.
Une réouverture du dossier est cependant envisageable, selon la même source. Mais elle dépend de l’existence de nouveaux éléments qui prouveraient que la branche industrielle locale serait affectée par les importations. Mais là, les données du marché ne plaident pas en faveur de la SNEP. L’entreprise a enregistré un résultat net de 22,3 MDH, certes en baisse par rapport à la même période de l’année dernière, mais en payant un IS à 30% contre 22,5% auparavant. De plus, elle poursuit un programme ambitieux d’extension pour doubler sa capacité de production annuelle à
140 000 tonnes de PVC.
Un autre constat ne joue pas en faveur de la SNEP. Elle-même se targue sur son site internet d’être «leader dans la production de soude et d’eau de javel  (…) avec 90% de parts de marché pour le PVC au Maroc». Si on arrêtait les importations, un monopole de fait lui serait accordé et les avantages induits avec. Difficile de concevoir une telle situation dans un cadre libéral.