La SMT veut obtenir le statut CFC pour conquérir le marché de l’Afrique francophone

La société rachètera ou prendra des participations dans neuf filiales de sa maison mère Imperial Tobacco.
Elle investira 700 MDH pour augmenter sa capacité de production afin d’exporter vers l’Afrique subsaharienne.

L’année 2014 a été difficile pour la Société marocaine des tabacs (SMT). La filiale du groupe Imperial Tobacco a vu ses parts de marché chuter à cause de la recrudescence de la concurrence entre distributeurs. Elle a perdu le monopole sur la production des tabacs manufacturés et risque de voir son partenaire Philip Maurice ne pas renouveler son contrat qui arrive à échéance fin 2015. Mais l’opérateur historique montre de nouveau qu’il n’est pas à court de moyens et de stratégies. Lors de la conférence de presse organisée à l’occasion de l’inauguration de son nouveau siège à Anfa Place, Paul Leggat, PDG de la SMT, a annoncé la volonté de son entreprise de s’ouvrir sur le marché de l’Afrique francophone. En gros, Imperial Tobacco veut faire du Maroc son hub en niveau financier, commercial et industriel pour l’Afrique subsaharienne. Concrètement, la SMT, procédera à des opérations d’acquisition ou de prise de participations dans neuf des filiales africaines d’Imperial Tobacco, en l’occurrence au Burkina Faso, Cameroun, Congo, Gabon, en Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, au Mali, Sénégal et en Tunisie. «Cette opération de taille doit être réalisée sur une période maximale de trois ans», confirme une source proche de l’entreprise.

La capacité de production de l’usine d’Aïn Harrouda passera à 30 milliards de cigarettes

Deuxième axe de la stratégie africaine de la SMT, l’installation à Casa Finance City. A cet effet, il est à souligner que l’opérateur historique a mandaté une banque d’affaires de la place pour établir les procédures nécessaires en vue de l’obtention du statut CFC. Cette implantation permettra à la SMT de centraliser et d’optimiser le Cash management sur les marchés africains en profitant des avantages que procure le statut CFC. Chose qui se faisait auparavant à partir de Paris. Le groupe envisage également d’investir 700 millions de DH sur les cinq années à venir. Une grande partie de cette enveloppe sera réservée à l’augmentation de la capacité de production de l’usine d’Aïn Harrouda. Elle passera graduellement de 13 milliards d’unités pour atteindre 30 milliards d’ici trois ans. La production supplémentaire de l’usine sera ainsi exportée pour satisfaire les besoins des neuf marchés africains précités.
Pour accompagner cette augmentation de la production, le groupe envisage également d’accroître le nombre d’exploitants agricoles partenaires.
La stratégie africaine de la SMT lui permettra de déployer la politique de développement de la maison mère en Afrique, de compenser les pertes qu’elle a subies suite à la libéralisation du marché et à la réforme de la fiscalité entamée depuis 2013 au Maroc, mais surtout d’améliorer ses relations avec le gouvernement en prouvant de nouveau qu’il est l’opérateur numéro un du tabac au Maroc.