La SCBG se réorganise sur fond de conflit social

Les cadres redoutent un plan social alors que la direction parle d’assainissement.
La SCBG cherche à améliorer sa productivité pour rester leader.

Plan social ou assainissement ? Les dirigeants et une partie des cadres de la Société centrale des boissons gazeuses (SCBG) ne sont pas d’accord sur la nature des changements intervenus durant les dernières semaines au sein de l’entreprise. Selon des cadres, il s’agit d’une opération de restructuration profonde de «l’entreprise, qui s’est séparée de treize cadres pour des raisons qui ne sont pas très claires. Cela relève d’un plan social qui, certes, aujourd’hui ne concerne que cette catégorie, mais qui sera certainement étendu aux ouvriers». Ils précisent que «les personnes concernées ont déjà quitté l’entreprise dans des conditions qui ne les avantagent pas du tout». Pour être plus précis, les mêmes sources avancent que certains n’ont pas été indemnisés, tandis que d’autres «sont toujours en congé forcé et attendent de négocier».
Ce n’est pas le même son de cloche du côté de la direction générale de SCBG qui dément fermement une bonne partie de ces déclarations. «Il ne s’agit pas du tout d’un plan social, nous voulons tout simplement mettre de l’ordre et assainir le climat de travail dans l’entreprise. Certaines personnes qui ont quitté la société avaient des agissements qui ne correspondent pas du tout à notre éthique, donc il fallait agir et prendre les mesures appropriées», est-il expliqué.

Les partants auraient reçu un mois et demi de salaire par année travaillée
Les dirigeants de la SCBG rectifient également les chiffres avancés par les cadres. A les en croire, sept personnes sont mises en cause : cinq sont déjà parties et deux sont poursuivies en justice pour faute professionnelle grave. Les partants ont été indemnisés conformément aux dispositions du Code du travail, précise-t-on. La direction ajoute qu’une indemnité équivalant à un mois et demi de salaire par année travaillée leur a été versée et que les cadres concernés avaient 5 à 6 ans d’ancienneté. Et pour mieux se défendre, la SCBG précise qu’ elle «a toujours été soucieuse du bien-être de son personnel». Ce pourquoi elle octroie plusieurs primes et encourage l’accès à la propriété en accordant des prêts au logement à son personnel à des conditions avantageuses (longue durée et à taux bonifié). Aujourd’hui, environ 800 personnes, des ouvriers en majorité, ont bénéficié de cette formule de prêt immobilier.

La titularisation des temporaires est envisagée…
Le départ de certains des cadres est un fait considéré comme «normal» et la page semble même tournée pour les responsables de la SCBG. D’ailleurs, l’entreprise s’est déjà dotée d’un nouvel organigramme et les responsables partis ont été remplacés grâce à un redéploiement interne. Parallèlement à ces remous, la priorité de la SCBG est de renforcer le positionnement sur un marché qui a connu l’arrivée de nouveaux opérateurs (Mecca Cola, Ice Cola) et d’un concurrent de taille: Pepsi-cola. Opérant sur trois segments distincts à savoir les boissons gazeuses (Coca-Cola, Fanta, Sprite, Schweppes, Hawaii et Pom’s), les eaux de table (Ciel et Bonaqua) ainsi que le jus de fruit, suite à l’achat de la marque Miami, SCBG doit préserver ses acquis de leader. Par conséquent, elle a opté pour une stratégie à deux axes : la croissance de son chiffre d’affaires et le développement de ses marges par une amélioration continue de la productivité.
Pour y arriver, la société entend renforcer ses ressources humaines grâce à une titularisation des employés temporaires (environ 800 personnes sur un effectif global de 2 000 personnes) et la mise en place d’un plan de formation continue en collaboration avec l’OFPPT et d’autres organismes de formation.
Au niveau industriel, le groupe Equatorial Coca-Cola Bottling Company, qui a racheté, en octobre 2003, la SCBG appartenant à SBM (Société des brasseries du Maroc), vient de valider un projet de modernisation des deux sites (Salé et Tit Mellil) et la construction d’un nouveau siège pour l’entreprise. L’enveloppe allouée à ce projet s’élève à 5 millions de dollars, soit 50 MDH environ. Le chantier sera ouvert en 2004.