la reprise se dessine

‘activité bancaire s’est nettement redressée durant les trois derniers mois
de 2003.
Les crédits d’équipement progressent de 20 %, par rapport à  2002

Communiquées il y a à  peine quelques jours par le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), les dernières statistiques de l’exercice écoulé viennent confirmer sans ambages une reprise économique, tant attendue. Dans les milieux bancaires, on se félicite de cette embellie qui devrait se maintenir tout au long de l’année en cours, eu égard à  un certain nombre de gros projets, notamment dans le tourisme, dont l’impact sera très favorable au reste de l’économie. Par rapport à  fin 2002, les ressources du système bancaire se sont accrues de 8,3% à  272,8 milliards de DH. Pour leur part, les concours à  l’économie enregistrent globalement un taux de croissance annuel de 11% par rapport à  l’année précédente, à  près de 163 milliards de DH. Cette amélioration aurait même pu être plus prononcée n’eût été la faiblesse relative des créances sur les sociétés de financement qui n’ont progressé que de 7,9% à  15,9 milliards de DH. Conjuguée à  un léger repli des nouvelles émissions de BSF en 2003 (voir notre dernière édition), cette évolution confirme que les opérateurs étaient davantage soucieux, en 2003, de se mettre en conformité avec les nouvelles règles de provisionnement plus sévères que de faire la course au volume. Le boom de l’immobilier a aussi contribué à  la hausse de l’activité bancaire Dans ce sillage, les créances sur la clientèle ont enregistré une expansion de 11,4% à  146,7 milliards de DH et nettement amplifié, au passage, la tendance déjà  relevée à  fin juin (+3,7%) et fin septembre (+6%). Et comme on pouvait s’y attendre, les crédits immobiliers, qui affichent depuis 2002, trimestre après trimestre, une croissance imperturbable à  deux chiffres confirment, avec une croissance annuelle de 24% à  27,2 milliards de DH. Cette lame de fond, aiguisée par une concurrence acharnée, a fait plonger les taux à  des niveaux jamais atteints qui traduisent la volonté des banques de stabiliser leurs emplois à  long terme, quitte à  laminer leurs marges sur ce produit. Elle conforte aussi un principe financier assez connu des spécialistes de l’activité bancaire : il est toujours plus aisé pour les banques de faire de la transformation (des dépôts et ressources courtes en emplois longs) en période de bas taux d’intérêts. Aussi, les banques qui ont le plus poussé les feux dans le crédit immobilier, en 2003, par glissement annuel, sont la BMCE (+83% à  1,84 milliard de DH), la BCM (+52% à  2,78 milliards) et Wafabank (+29% à  4,32 milliards). Les crédits à  la consommation ont bondi à  leur tour de 13,7% à  9,24 milliards de DH et augurent d’un regain intéressant de la consommation des ménages, autre source de croissance économique; tandis que les crédits de trésorerie, dont la part élevée dans les encours globaux (51% des créances sur la clientèle à  fin 2001 contre à  peine 41,8% aujourd’hui) a valu longtemps aux banques marocaines l’étiquette d’établissements frileux, cèdent 2,4% à  61,3 milliards de DH après avoir pointé à  près de 65 milliards de DH à  fin juillet. La grande surprise, heureuse de surcroà®t, vient indéniablement du comportement des crédits à  l’équipement qui reprennent du poil de la bête (+20% à  31,7 milliards), rompant avec l’atonie relevée au terme du premier semestre (-0,9%). Certes l’opération d’Altadis, en juillet dernier, y contribue, à  elle seule, à  hauteur de 54%, mais il n’en demeure pas moins que le dernier trimestre a aussi apporté son lot de satisfaction avec un volume additionnel de 2,5 milliards de DH et ce, alors que les opérations colossales d’Amendis (920 MDH) et d’ABB (960 MDH) n’ont connu que de faibles déblocages pendant cette période. La reprise de l’investissement semble cette fois bel et bien entamée et profite aussi à  de larges catégories d’opérateurs. Une aubaine dont a profité essentiellement, en progression annuelle, Wafabank (+73%), le Crédit du Maroc (+62%) et la BCM (+34%). Enfin, il est à  rappeler que l’année 2003 enregistre un changement notoire dans le trio de tête en matière de distribution de crédits. La BCM, avec 26,47 milliards de DH, a cédé sa deuxième place à  BMCE Bank, qui totalise 26,56 milliards. Toutes les deux sont cependant très loin de la BCP dont les encours s’élèvent à  34,85 milliards de DH. Le taux des créances en souffrance baisse d’un point Au demeurant, les banques ont globalement de quoi se réjouir en attendant la traduction effective de ces percées dans leurs résultats annuels 2003. D’autant que l’expansion inédite des encours ne s’est pas accompagnée, jusqu’à  présent, d’une détérioration de la qualité de leurs portefeuilles, comme en atteste le taux de contentieux moyen qui se détend à  13% contre 13,9% un an auparavant. Au registre des bons élèves en maà®trise des risques, on trouve, parmi les principaux établissements de la place, BMCE Bank et la BMCI, avec des taux de contentieux respectifs de 9,9% et 9,6%. Quant à  la BCM, et malgré les efforts considérables qu’elle a fournis en 2002, son ratio demeure toujours