La RAM garde la tête hors de l’eau mais reste fragile

En dépit d’une année noire pour le transport aérien, elle a pu reconstituer ses fonds propres et son ratio d’endettement s’est détendu.
Pour assurer sa rentabilité, elle devra surveiller étroitement ses marges.

En attendant l’assemblée générale ordinaire des actionnaires, convoquée pour le mardi 20 juillet 2004, Royal Air Maroc a rendu publics ses chiffres 2003. Cette année a été principalement marquée par l’achèvement de l’apurement des reports à nouveau négatifs. En dépit de la baisse du résultat net de 49 % à 151,32 MDH, la compagnie a effacé les séquelles de sa période de vaches maigres en hissant au passage ses fonds propres à 2,1 milliards de DH pour un capital social de 1,58 milliard.
La consolidation de ses fonds propres s’est même accompagnée d’une volonté manifeste de desserrer légèrement l’étau de l’endettement. En effet, les dettes de financement ont baissé de 254 MDH à 3,75 milliards (dont 3,43 en devises), après que la compagnie soit parvenue, durant le dernier trimestre de l’année écoulée, à rembourser par anticipation un emprunt bancaire domestique de 250 MDH. Le ratio d’endettement net s’établit par conséquent à 170 %, en baisse de 20 points par rapport à son niveau de 2002.
Si l’on se limite à ces données, les dirigeants devraient en principe se présenter en toute sérénité devant les actionnaires. Le problème est que l’exercice 2003/2004, qualifié d’annus horibilis par les analystes du secteur du transport aérien mondial, a aussi apporté sa moisson de constats inquiétants.

Le cash-flow opérationnel se dégrade
La quasi-stagnation du chiffre d’affaires à 7,11 milliards de DH, malgré la multiplication des dessertes de certaines lignes stratégiques, s’est accompagnée d’une légère hausse des charges d’exploitation qui se situent à 7,02 milliards (+3%), notamment en raison des autres charges externes (+92,5 MDH à 2,14 milliards de dirhams) qui traduit, entre autres, le renchérissement des frais d’assurance et l’accroissement des charges de leasing. Corrélativement à cette évolution, le résultat d’exploitation de la compagnie se replie de 20 % à 466,43 MDH et la marge opérationnelle dévisse de 1,5 point à 6,6 %.
Autre point saillant : avec, en 2003, de nouvelles immobilisations corporelles (composées essentiellement de la flotte d’avions), qui ont totalisé 1,09 milliard de DH contre 784 MDH en 2002, la dégradation du cash-flow opérationnel dégagé par la compagnie est encore plus malvenue. Dans un secteur où la majorité des opérateurs détruisent de la valeur avec, en moyenne, pour les cinq premiers acteurs mondiaux, un indicateur de rentabilité des capitaux investis d’à peine 5% pour un coût moyen du capital de 8 %, la RAM n’est guère mieux lotie puisque son propre indicateur s’est considérablement contracté en 2003 (5,34 % contre 7,94 % en 2002). Pour redresser une telle situation qui lui aurait normalement coûté assez cher, si elle était soumise à la sanction du marché, elle devra désormais surveiller sa marge comme le lait sur le feu .

Le ratio d’endettement net s’établit à 170 %, en baisse de 20 points par rapport à son niveau de 2002.

La hausse des charges d’exploitation traduit, entre autres, le renchérissement des frais d’assurance.