La RAM contracte un emprunt de 700 MDH pour l’achat de deux Boeing

L’enveloppe sera entièrement débloquée par Eximbank, à  des conditions très favorables.

Au moment où elle s’apprête à réceptionner ses deux appareils Airbus, Royal Air Maroc s’est engagée sur un autre front : l’achat de deux nouveaux Boeing. La transaction porte sur quelque 70 millions de dollars (environ 700 MDH). La banque américaine Eximbank aurait donné son accord de principe pour financer la totalité du montant à des conditions qualifiées par des sources proches du dossier de «très favorables». Une solution qui s’imposait en fait puisque la banque américaine avait, en avril dernier déjà, ouvert une ligne de 575 millions de dollars (5,75 milliards de DH) pour aider l’avionneur de Seattle à commercialiser sa dernière génération d’appareils moyen-courrier. Comme dans le cas de la RAM, d’autres compagnies à travers le monde bénéficieront du concours de cette institution pour financer l’achat d’avions Boeing.

La BEI ne pouvait financer que la moitié de l’opération
L’intervention de la banque américaine sort la RAM d’une situation un peu délicate. Selon des sources bien informées, la compagnie nationale avait, dans un premier temps, engagé des négociations avec la BEI (Banque européenne d’investissement) pour un emprunt de près de 400 millions de DH. Pour boucler le montage financier, elle avait, en parallèle, approché des banques marocaines pour lever 300 millions de DH. Mais ce montage n’a pas pu se réaliser parce que la BEI ne pouvait pas financer plus de la moitié de l’opération.
La solution de rechange initialement envisagée était, quant à elle, assez risquée. Selon des sources bien informées, la compagnie avait décidé de recourir à l’autofinancement pour une partie, même minime, des 700 millions de DH, si le premier montage avec la BEI ne marchait pas. Cela aurait certainement pesé lourd sur les finances de la compagnie même si, dans le dernier rapport de la direction des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP), celle-ci figurait au rang des entreprises étatiques les plus performantes avec un résultat net de 299 MDH. Ce qui confirme un redressement appréciable dans un secteur quasi sinistré. La consolidation de cette situation favorable, à la veille d’une libéralisation incontournable, explique certainement que les responsables de la RAM aient décidé d’accélérer la phase d’activation du programme de renouvellement de la flotte, annoncé depuis plus de deux ans