La production des sociétés de crédit à  la consommation chute de 14% au premier trimestre

Cette baisse est due en partie à  l’absorption par BMCI de sa filiale crédit conso, dont les volumes passent au secteur bancaire. En dehors de cet élément exceptionnel, les nouveaux financements des sociétés spécialisées sont en stagnation.

Au premier trimestre 2015, la production des sociétés de crédit à la consommation a dégringolé de près de 14% par rapport à la même période de l’année passée, à 2,8 milliards de DH, selon les statistiques non encore publiées de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF). L’encours connaît un recul tout aussi notable de 7%, à 42,1 milliards de DH. Si l’on est tenté d’attribuer cette chute à la conjoncture, la vraie raison est plutôt exceptionnelle et tient à l’absorption de BMCI Crédit conso par sa maison mère BMCI intervenue à la mi-2014. Cette opération a en effet réduit la production des sociétés de crédit conso de plus de 450 MDH et l’encours de près de 4 milliards, des volumes qui sont donc passés au secteur bancaire. Mais même en écartant cet élément exceptionnel, la situation n’est guère reluisante. 

Les nouveaux crédits restent en effet quasiment en stagnation par rapport aux trois premiers mois de 2014. La progression du stock est également limitée à 2%, sachant que les opérateurs estiment qu’il faut une croissance d’au moins 5% pour que le secteur se développe.

La tendance observée depuis plus de 6 ans, marquée par une décrue de la production des sociétés sur le crédit personnel, se prolonge au premier trimestre 2015. Les nouveaux crédits sur le segment baissent de 5%, à 1,3 milliard de DH et la tendance est d’autant plus préoccupante qu’elle s’accompagne d’un recul de l’encours de 2%, à 23,7 milliards de DH, ce qui signifie que les crédits qui arrivent à échéance ne sont pas remplacés par de nouveaux.

Autant dire que les banques continuent de faire de l’ombre aux sociétés spécialisées sur le crédit personnel. Elles ont justement vu leur encours de crédits à la consommation (essentiellement constitué de prêts non affectés) progresser de 11,3%, à 44,8 milliards de DH, à la suite de l’opération de fusion absorption déjà mentionnée. En rajoutant cet encours au stock de 42,1 milliards de DH détenu par les sociétés spécialisées, l’encours total du crédit conso s’élève à un peu moins de 87 milliards de DH, dont 52% pour les banques. 

Parallèlement à leur baisse de régime sur le prêt personnel, les sociétés de crédit conso ont eu de plus en plus tendance à se concentrer sur le prêt automobile. Notons à ce titre qu’en 2014, la production nette globale de crédits auto a pour la première fois dépassé celle des prêts personnels. Et la tendance se prolonge au premier trimestre 2015 avec un volume de nouveaux crédits auto en progression de 6%, à 1,4 milliard de DH. Dans le lot, la production du crédit auto classique affiche une baisse de 10%, à près de 739 MDH. Mais les sociétés comblent largement ce qu’elles perdent sur les formules conventionnelles par la LOA dont la production est en hausse de 32%, à près de 685 MDH.