La production de viandes rouges a augmenté de 60% depuis 1980

L’effectif du cheptel reste relativement stable depuis 1980.
La performance est à  chercher du côté de la qualité : le poids moyen des carcasses d’ovin et de bovin a fortement augmenté.
93% des moutons ont été vaccinés au cours des deux derniers mois.

Ce sont 5 millions de bêtes (4,6 millions d’ovins et 400 000 caprins) qui ont été sacrifiées à l’occasion de l’Aïd Al Adha. Comme les années passées, tout ce cheptel a été fourni par l’élevage local qui n’a cessé de gagner en qualité quand bien même le nombre de têtes est en quasi-stagnation depuis cinq ans. Aujourd’hui, la direction de l’élevage (ministère de l’agriculture) dénombre 2,8 millions de bovins, 17 millions d’ovins et 5,3 millions de caprins. Sur une période de 20 ans, il y a eu naturellement des variations du troupeau. Des pertes, parfois importantes, ont été enregistrées, en raison notamment de la sécheresse. D’ailleurs, pour faciliter la reconstitution du cheptel, il avait été décidé au plus haut niveau de l’Etat de ne pas respecter le rituel du sacrifice, notamment en 1981, 1991 et 1996.
Déjà, en 1980, le pays comptait 3,376 millions de bovins, 16,5 millions d’ovins et 6,153 millions de caprins. Avec la sécheresse qui a suivi une année plus tard, le secteur a été très éprouvé. En 1982, les premiers n’étaient plus que 2,537 millions, les deuxièmes 10,115 millions et les troisièmes plus que 4,091 millions de têtes. Pour les bovins, cette chute va s’accentuer en 1984 : on n’en comptabilisait plus que 2,63 millions de têtes, alors que la population d’ovins (14,5 millions) et de caprins (4,22 millions) commençait à se reconstituer.

Professionnalisation des métiers de l’élevage et de l’engraissement

Le vrai retour à la normale ne commencera à se dessiner que trois ans plus tard. Le cheptel bovin atteint ainsi la barre de 3,7 millions de têtes en 1990, année durant laquelle on comptait 16 millions d’ovins et 5 millions de caprins. Cette tendance à la hausse s’inversera à nouveau en 1993 et 1994 pour les mêmes raisons. Pour cette dernière année, il n’y avait plus que 2,4 millions de bovins, un peu plus de 15,5 millions d’ovins et 4,4 millions de caprins. Ce n’est que depuis 2004 que l’on est revenu au niveau actuel, et, à la différence du passé, le cheptel a pu être préservé en dépit de la faible pluviométrie enregistrée sur deux à trois années.

1,64 milliard de litres de lait collectés en 2007

Mais, on ne peut s’arrêter à l’observation de l’évolution de l’effectif du troupeau, et il faut également tenir compte des efforts qui ont été faits dans le domaine de l’élevage. En effet, la production de viande rouge a nettement augmenté. De 119 000 tonnes de viande bovine, 69 000 de viande ovine et 9 000 de viande caprine en 1980, on est passé respectivement à 170 000, 120 000 et 22 000 en 2007, soit une amélioration de 58%. La production aurait pu être plus significative n’eût été la concurrence de la viande blanche dont la consommation a augmenté de plus de 60%, à 380 000 tonnes, sur la période considérée, indique-t-on à la direction de l’élevage.
L’augmentation des quantités de viandes rouges, pour un nombre constant de têtes, s’explique par le fait que le poids moyen des bêtes a largement augmenté, grâce à l’amélioration des techniques et à la professionnalisation des métiers de l’élevage et de l’engraissement. Ainsi, en un peu plus de 15 ans, la carcasse de l’ovin est passée de 11 à 14 kg en moyenne. Celle du bovin est passée de 150 à 200 kg sur la même période.
A l’Association nationale ovine et caprine (Anoc), on juge que la situation du cheptel est «tout à fait normale». Son président, Feniri Ben M’Barek, lie la stagnation de l’effectif à la superficie limitée des pâturages. Il souligne que «le travail doit porter sur la rentabilisation, l’optimisation des méthodes d’élevage et la maîtrise des coûts». M. Ben Mbarek souligne en substance que les performances du secteur se mesurent au poids moyen des bêtes qui est en croissance continue, avant de préciser que «même si le développement de l’élevage au Maroc se fait encore à plusieurs vitesses, le secteur a connu une démocratisation des techniques basiques».
La production de lait est un autre indicateur pour mesurer l’avancée de l’élevage, en général. Le volume collecté a atteint 1,64 milliard de litres en 2007 contre 850 millions en 1987. Notons à ce propos que, pour faire face à la demande, des génisses sont importées, notamment de France et d’Allemagne, en particulier par la Centrale Laitière, pour le compte de ses fournisseurs.
Par ailleurs, la santé du cheptel est aujourd’hui mieux assurée. A la direction de l’élevage, on parle de 20,5 millions de bêtes (ovins et caprins) vaccinées ces derniers mois sur une population de 22 millions. Pour les ovins, toutes les zones de production qui fournissent du bétail pour les besoins de l’Aïd Al Adha ont été concernées par cette campagne de vaccination.