La production de logements baisse de 5% en 2012

114 200 unités produites, dont 52% en auto-construction. La baisse est de 31% pour les logements à  140 000 DH, 15% pour le haut et le moyen standing et 1% pour l’économique et le social. Après des croissances à  deux chiffres depuis 2010, l’auto-construction stagne.

Comme le laissait présager la petite forme du crédit immobilier et la baisse des ventes de matériaux de construction, la production de logements a baissé en 2012. Selon des statistiques obtenues en exclusivité par La Vie éco, auprès du ministère de l’Habitat, le nombre de constructions résidentielles, tous types et standings confondus, a atteint 114 217 unités, en baisse de 5% par rapport à 2011. A titre de comparaison, entre 2010 et 2011 on avait plutôt observé une hausse de la production de 34%. Avec une telle cadence, l’Habitat est loin de ce qu’il espérait. En effet, la tutelle table sur la construction de 170 000 unités annuellement pour parvenir à son objectif de réduction du déficit en logements, pour le faire passer de plus de 840 000 unités actuellement à 400 000 en 2016. Sous cet angle, ce sont près de 55 700 logements qui manquent à l’appel en 2012 !

En détaillant ces chiffres par catégories, la situation est plus préoccupante encore, à commencer par le logement à 140 000 DH (faible VIT). Près de 4 700 unités de ce genre ont été construites en 2012, en baisse de 31% après un recul de 10% en 2011. Ce type de logement ne cesse de perdre du terrain après une année 2010 exceptionnelle marquée par une production multipliée par six. Ceci alors que les attentes de la tutelle par rapport à cette catégorie sont restées importantes avec une cadence annuelle espérée de 9 000 logements à faible VIT, ce qui veut dire que seul 50% de l’objectif a été réalisé en 2012.

Dans une certaine mesure, cet état de fait se justifie pour un dispositif en phase de transition. En effet, l’aménageur public Al Omrane qui est chargé de la mise en œuvre des logements à 140 000 DH généralise progressivement une nouvelle formule de partenariat avec les promoteurs privés, qui sont l’autre partie prenante majeure de ce programme. L’aménageur public met aussi progressivement en application plusieurs mesures introduites dans la Loi de finances 2012 en faveur du logement à faible VIT (suppression de la limite de hauteur à R+3, élargissement de la base de bénéficiaires…) tout en déclinant une nouvelle politique de libéralisation de la commercialisation de ces unités. Autant de mesures qui peuvent expliquer que la production régresse pour mieux se reprendre. En fait, une reprise est déjà perceptible sur le deuxième semestre 2012 marquée par une production 4 fois plus importante que le premier semestre.

A peine 12 000 logements de moyen et haut standing

Mis à part les logements à faible VIT, la baisse de production la plus importante a concerné les opérations moyen et haut standing. Celles-ci totalisent près de 12 000 unités, en recul de 15% par rapport à 2011, accentuée par une régression de la production de villas de 17%, à 2 135 unités. Mais si la baisse demeure importante, signalons néanmoins qu’elle a tendance à se résorber sur les dernières années puisque des chutes de la production de 21 et 58% avaient été observées respectivement en 2011 et 2010 pour le haut et le moyen standing. Sur cette base, le ministère de l’Habitat pourrait laisser ce type d’opérations se reprendre progressivement à leur propre rythme, à ceci près que la tutelle table sur la production de 20 000 unités par an pour le seul moyen standing, ce dont on est encore loin. Le coup de fouet pour ce segment pourrait venir du dispositif incitatif pour la construction de logements pour la classe moyenne, adopté dans la Loi de finances 2013. Mais force est de constater que les choses ont encore du mal à se mettre en place concrètement pour ce dispositif, sans compter que les promoteurs ne se montrent pas particulièrement intéressés par les incitations offertes. Et même à supposer que ces écueils soient levés à moyen terme, il faudra encore attendre au moins deux ans avant d’en ressentir les effets sur la production. Autant dire que le statu quo devrait durer quelque temps encore sur le moyen et le haut standing.

Le seul motif de réconfort pour l’Habitat dans ce contexte de baisse généralisé aurait pu être le segment économique et social qui affiche une hausse de 25% en 2010 et 58% en 2011. Sauf que ces opérations baissent légèrement en 2012 (-1%), à 95 415 unités. Fait marquant dans cette catégorie, l’auto-construction de maisons marocaines (52% de la production globale de logements avec 59 282 unités) stagne après des croissances à deux chiffres sur les deux dernières années.