La production de carton ondulé a progressé de 5% en 2013

Elle s’est établie à  220 000 tonnes pour un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de DH. La rentabilité du secteur a été affectée par la suppression de la subvention du fioul industriel et l’indexation du gasoil.

L’activité du carton, et en particulier celle du carton ondulé, est révélatrice des tendances de toute l’économie. Et il s’avère qu’à fin 2013, le résultat n’est que partiellement encourageant.

D’un côté, la production de carton ondulé a progressé de 5% par rapport à 2012 pour atteindre près de 220 000 tonnes. Le chiffre d’affaires a évolué dans les mêmes proportions, à 2,2 milliards de DH. Si les secteurs de l’agroalimentaire, des détergents, de l’automobile ou de l’aéronautique ont contribué positivement à la croissance de l’activité, le textile et confection et la céramique, deux secteurs en crise, ont limité sa progression.

D’un autre côté, les professionnels estiment que les résultats financiers n’ont pas suivi. Tel est en tout cas l’avis de Mounir El Bari, président de la Fédération des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage (FIFAGE) : «L’année 2013 a été relativement difficile pour le secteur en termes de résultats, et ce, en raison de l’augmentation spectaculaire du prix du fioul et du gasoil».

M. El Bari estime en effet que la suppression de la subvention du fioul industriel, qui alimente nombre de papeteries marocaines (le papier entre dans la fabrication du carton ondulé), a empêché le secteur de progresser plus vite.

Augmentation du prix du papier à l’international

A cela s’est ajouté un contexte international peu favorable. «La baisse de la demande de papier à l’échelle internationale a entraîné la fermeture de plusieurs usines dans le monde, conduisant à une augmentation des prix», ajoute M. El Bari. Résultat, soit les fabricants marocains importent du papier qui coûte plus cher, soit ils s’inscrivent dans une démarche d’intégration industrielle et doivent alors faire face à un coût jugé élevé de l’énergie. «Notre industrie est très énergivore. Le fioul industriel, et dans une moindre mesure l’électricité, pèsent pour 20% du coût de revient», rappelle le président de la fédération.

CMCP, qui a intégré jusqu’à 80% de son industrie, GPC qui l’a fait à hauteur de 25% et Sonacar pour plus de 90% sont donc directement touchés. L’indexation du gasoil, entrée en vigueur en septembre 2013, est également mise en cause de par le côté volumineux du carton et donc l’importance du transport dans le coût de revient.

En outre, les cartonniers marocains continuent d’investir chaque année, parfois entre 5 et 8% de leur chiffre d’affaires pour les entreprises les plus structurées, ce qui peut ralentir de façon sensible les performances financières du secteur. Pour mettre sur la table de tels investissements capitalistiques, les professionnels demandent donc plus d’accompagnement de la part des banques.

Les producteurs locaux veulent développer l’export

Pour développer leurs débouchés, les professionnels marocains du carton misent beaucoup sur l’export. Pour l’instant, les opérateurs locaux ne réalisent que quelques opérations à l’international, notamment vers le reste de l’Afrique, à savoir la Mauritanie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Gabon.

«Nous demandons à ce que l’Etat marocain nous facilite l’accès au marché africain par des subventions à l’export et par des baisses de prix de l’énergie sur la partie destinée à l’export, et ce, afin de promouvoir le produit Maroc et d’être compétitif devant de grands groupes internationaux qui n’hésitent pas à faire du dumping sur le marché africain et autres», confie M. El Bari.

Si l’export se développe en 2014, les professionnels pourraient bien réaliser une croissance à deux chiffres. Sinon, il faudrait qu’ils se contentent encore d’un +5%. Annoncée la semaine dernière en grande pompe par Moulay Hafid Elalamy, la nouvelle stratégie industrielle fait elle aussi espérer beaucoup aux professionnels du carton. Elle met surtout en exergue la nécessité des cartonniers de continuer à investir pour accompagner le développement de toute l’industrie nationale.