La production céréalière sera largement inférieure à  celle d’une année moyenne

Les semis précoces sont presque compromis, le tardif aura du mal à rattraper le retard.
La Chaouia vit la plus mauvaise campagne de ces 15 dernières années.

Les pluies qui sont tombées ces derniers jours auront un impact positif sur plusieurs cultures, notamment les rosacées, agrumes, légumineuses ou cultures maraîchères. Toutefois, elle seront sans grands effets sur la campagne céréalière. La production sera largement inférieure à celle d’une année moyenne (60 millions de quintaux). Il est vrai que l’amélioration de l’état général des champs est visible partout, mais le retard accumulé est tel que les plus optimistes ne pensent plus qu’à limiter les dégâts.

Aucune région n’est épargnée par l’insuffisance des pluies, qui a entraîné la baisse des superficies emblavées de 15 % par rapport à la précédente campagne, à 4 millions d’ha. Même le Gharb, région la mieux lotie, accuse un gros déficit. A la mi-février, elle n’avait reçu que 176 mm contre plus de 400 à la même période de la campagne précédente, indique Wadiî Krafess, producteur dans la région de Had Kourt. Quant à la Chaouia, elle vit la campagne la plus mauvaise des 15 dernières années et si la situation persiste, elle devra bientôt être déclarée zone sinistrée, selon les producteurs.

Les légumineuses pour limiter les dégâts
En général, sur les semis les plus précoces dont une partie est en cours d’épiaison, les principales étapes déterminant le rendement sont compromises : le tallage est faible, les épis formés dans de mauvaises conditions hydriques sont de petite taille, le nombre de grains est faible.

Les semis les plus tardifs qui sont au stade levée – stade auquel se trouvent les emblavements fin novembre-début décembre en année normale – auront du mal à rattraper le retard, même si les pluies printanières habituellement décisives sont au rendez-vous. La levée est le plus souvent irrégulière du fait de l’humidité insuffisante en début de cycle ayant entraîné la pré-germination et la destruction d’une partie des grains.

De nombreux producteurs ont procédé à des cultures de remplacement, principalement les légumineuses (pois chiche, féverole). En revanche, les clients du Crédit agricole ayant souscrit une assurance contre la sécheresse se trouvent coincés entre l’envie de procéder au remplacement des emblavements peu prometteurs et l’obligation d’attendre la déclaration de sinistre par la commission ad hoc, déclaration qui risque d’arriver trop tard, occasionnant alors une double perte. Les éleveurs pour leur part font face à la faiblesse des pâturages et au renchérissement du prix des aliments de bétail. L’orge et la paille restent hors de prix.