La pomme sauvée par le marché local

En 2013, la production a été proche de 600 000 tonnes sur une superficie plantée de 30 000 ha. Les exportations ne dépassent pas 200 tonnes par an.

Avec une superficie d’exploitation d’environ 30 000 ha (place au 2e rang des rosacées après l’amandier), la filière de la pomme semble bien se porter. En effet, lors de la récolte de 2013, le secteur a fourni, d’après la note de veille du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, une production de près de 600 000 tonnes, soit l’équivalent d’un rendement moyen de 20 t/ha. Cette réalisation confirme sa bonne santé, du moins sur le plan quantitatif. En effet, la production moyenne annuelle est passée de 383 000 tonnes de 2003 à 2008 à 490 000 de 2008 à 2013, soit une hausse de 27% entre les deux périodes.
L’essentiel est destiné au marché local. En moyenne, le Maroc exporte autour de 200 t par an, notamment sur les marchés français (64t) et sénégalais (61t). Compte tenu de l’importance de la production, les importations sont relativement limitées. Après un pic de 14 000 t en 2009 et 2010, elles sont retombées à un peu plus de 5 000 t en 2014. Les principaux fournisseurs sont l’Italie et la France. Le recours à l’offre étrangère a principalement lieu entre février et juin.

Les premiers vergers commerciaux marocains ont été développés en zones de montagne où les conditions climatiques sont favorables au développement et à la fructification de cette espèce. Près de 50 % de la superficie est aujourd’hui concentré dans la région de Meknès. La culture s’est certes développée pour toucher plusieurs autres régions du pays. Mais le Maroc reste un nain dans ce domaine face à des mastodontes comme la Chine qui a réalisé 48% de la production mondiale estimée à 76 millions de tonnes en 2012-2013, ou de producteurs plus petits que l’Empire du milieu, à l’instar des Etats-Unis (5%), de la Turquie (4%), de l’Italie (3%) ou de l’Iran (2%).

Contexte international concurrentiel

Malgré certaines fluctuations du fait du renouvèlement des vergers, la production mondiale de pommes progresse régulièrement depuis les années 1960. Les rendements se sont améliorés d’une manière significative, passant  de 10 t/ha à 16 t/ha. D’où une bataille très dure pour trouver des débouchés sur le marché international où le Maroc a encore du mal à se placer, vu le manque de structure professionnelle dédiée. En effet, sur le plan organisationnel, il
n’y a pas de structure destinée exclusivement aux pomiculteurs marocains. Ils travaillent en collaboration avec les autres associations d’arboriculteurs, notamment la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), l’Association marocaine de producteurs des fruits et légumes (Apefel) et l’Association de développement de l’arboriculture au Maroc (Adam). Ce qui est à l’origine d’un déficit de gouvernance.
Cependant, le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime travaille sur le renforcement des capacités et l’amélioration de la commercialisation, notamment à travers la labellisation  par l’attribution de Signes distinctifs d’origine et de qualité (SDOQ). Cela, en plus de l’incitation à l’investissement par les subventions octroyées dans le cadre du Plan Maroc Vert et du renforcement d’un programme d’appui et d’encadrement des producteurs.