La mortalité maternelle baisse : 136 décès pour 100 000 accouchements au lieu de 227 en 2008

Le ministère de la santé travaille activement pour doter le pays d’une carte sanitaire à  partir de 2011. Sa mise en place se fera progressivement sur dix ans.
500 médecins en cours de recrutement, deux CHU en cours de construction et 200 centres de santé en chantier de mise à  niveau.

Le projet de carte sanitaire, validé en conseil des ministres, fait actuellement l’objet de discussions au sein de la commission sociale du Parlement. Discussions qui se sont, selon la ministre de la santé, Yasmina Baddou, déroulées dans un climat serein et ont même «permis d’enrichir le texte». D’ailleurs, quelques amendements, portant en particulier sur la forme, seront apportés à ce projet de loi qui sera certainement examiné par la première Chambre durant l’actuelle session parlementaire. Il sera probablement adopté lors de la session d’octobre. La mise en place de la carte sanitaire sera étalée sur une durée de dix ans et pourrait faire l’objet d’une révision tous les cinq ans. Ce qui est tout à fait compréhensible vu l’importance des chantiers à réaliser. 
Ce projet avait, pendant longtemps, buté sur la nécessité ou pas d’intégrer le secteur privé dans le schéma. Cet obstacle est aujourd’hui surmonté. Il sera donc possible, souligne Mme Baddou, de réguler l’offre en encourageant les producteurs de soins privés à aller dans des villes ou des régions qui ne disposent d’aucune structure sanitaire privée. On peut citer, à cet égard, le cas de la ville d’Essaouira où il n’ y a, à ce jour, ni clinique, ni cabinet de radiologie, ni laboratoire d’analyse biologique ! C’est également le cas de Dakhla où aucun médecin privé n’est répertorié.

Porter le ratio médecin par habitant à 1/1000 contre 0,6 actuellement

Ce ne sont pas là les deux seuls cas. Une  étude est actuellement en cours de réalisation afin d’avoir une cartographie précise de la répartition de l’offre de soins qui se fera aussi sur la base de l’analyse globale de l’offre de soins existante ainsi que des données géo-démographiques et épidémiologiques. Ce travail servira de base à la carte sanitaire qui sera déclinée en schémas régionaux.
En dehors du renforcement des infrastructures sanitaires (aujourd’hui l’on compte 136 hôpitaux, quatre CHU et 2 000 centres de santé et dispensaires), la carte sanitaire détermine aussi la répartition des ressources humaines et constitue la base de l’organisation des relations fonctionnelles entre les secteurs privé et public au niveau des préfectures et des provinces. Ce qui aboutit à l’amélioration du ratio médecin/habitant qui est aujourd’hui de 0,6/1000.
L’objectif est de le porter à 1/1000. «Cela se fera grâce à l’institution de mesures fiscales incitatives décidées conjointement avec le ministère des finances pour encourager les médecins privés à s’implanter dans les régions éloignées de l’axe Casablanca-Rabat», précise Yasmina Baddou qui ne manque pas de souligner que les collectivités locales sont aussi sollicitées. En effet, et comme cela se fait dans d’autres pays, ces collectivités pourraient, à titre d’exemple, supporter les frais de logement et de déplacement (billets d’avion) pour les médecins. Les discussions sont entamées, à ce sujet, avec des communes dans les provinces du Sud.

Des unités mobiles pour le monde rural

Et pour répondre aux besoins matériels et humains des régions rurales, la carte sanitaire prévoit le renforcement des équipes médicales mobiles dont plusieurs sont déjà opérationnelles dans le Haouz et le Rif. Dotées de médecins, infirmiers et équipements de base, ces équipes peuvent prendre en charge pour des soins de santé primaires les patients vivant dans des régions éloignées. Elles peuvent également assurer gratuitement le transport sanitaire pour des cas particuliers vers les hôpitaux. Ces unités mobiles, en plus des formations sanitaires de base, ont permis de réduire le taux de mortalité maternelle qui est passé, durant les deux dernières années, de 227 à 136 pour 100 000 accouchements. Aujourd’hui, pour le ministère de la santé, le taux d’accouchement médicalisé a augmenté de 10%. En ce qui concerne le taux de mortalité infantile, il est passé, selon le HCP, de 40 ‰ en 2003 à 32,2 ‰ en 2009. Cette baisse est due à la mise en place d’un programme de vaccination contre le rotavirus et le pneumocoque qui ont nécessité un budget de 400 MDH par an. Il faut rappeler que parmi les actions récentes entreprises, le ministère de la santé compte recruter 500 médecins, mettre à niveau 200 dispensaires et centres de santé ainsi que la construction du CHU d’Oujda et la finalisation de celui de la ville de Fès dont l’équipement a nécessité une enveloppe de 500 MDH.