La mobilité durable, un défi pour l’avenir

La croissance rapide des villes africaines rendra plus compliquée la gestion des déplacements n La faible rentabilité des projets de mobilité durable décourage l’investissement privé.

La planète compte 4 millions de km de rails et 64 millions de km de routes. La mobilité ne cesse d’augmenter, devenant l’une des sources les plus importantes d’émission de gaz à effet de serre (GES). A lui seul, le secteur du transport émet 7,7 gigatonnes de CO2 dont 90% par le transport routier. Ce volume est tellement inquiétant que les instances internationales se sont mises à œuvrer pour le ramener à 4 gigatonnes à l’horizon 2050. Bref, il est temps de changer les habitudes. C’est dans cet esprit qu’a été organisé, le 21 mars, sous l’égide du ministère de l’équipement, du transport et de la logistique, la 4e édition de la Conférence de Rabat pour le développement durable (CEDD) sous le thème «Quelles évolutions pour la mobilité durable en Afrique ?»
«Cette conférence s’inscrit dans la continuité de la COP 22 où nous sommes parvenus à créer, pour la première fois, un partenariat mondial entre acteurs étatiques et non étatiques», selon Hakima El Haite, ministre chargée de l’environnement. Et de faire remarquer qu’«en Afrique, plus de 75% de l’infrastructure, en matière de transport, n’existe pas encore». D’où la nécessité de mettre en place des politiques qui favorisent la durabilité et la transition énergétique. Dans le cadre de la Stratégie nationale de développement durable 2016-2030, le Maroc a adopté, en ce qui le concerne, 16 mesures pour le développement du transport durable.

Le Maroc encourage déjà les modes de transport respectueux de l’environnement
Quant à Khalid Cherkaoui, secrétaire général du ministère de l’équipement, du transport et de la logistique, il a rappelé que «depuis une décennie, le Maroc a mis en place un ensemble d’instruments et de politiques pour encourager le développement de modes de transport respectueux de l’environnement». De même qu’il a annoncé la création prochaine de nouvelles liaisons autoroutières et ferroviaires, la réalisation de 1 800 km de rails pour la LGV en mai 2018, ainsi que l’extension des lignes de tramway. A cela s’ajoutent le renouvellement du parc des véhicules de transport routier, une meilleure gestion des flux de marchandises et des mesures pour favoriser l’éco-conduite, dont notamment la mise en place de centres de visite technique permettant le contrôle des émissions de CO2.
En Afrique, la mobilité est pour le moment bien plus faible et beaucoup moins motorisée que dans les autres continents. Naturellement, les nuisances sont moindres mais les conséquences lourdes en termes de développement, en particulier pour les plus démunis. Cependant, la question de l’organisation du transport se pose déjà parce qu’en 2050, plus de 60% de la population africaine sera concentrée en milieu urbain.
Déjà, l’on observe une augmentation importante du recours à la voiture individuelle. Quant au transport de marchandises, il se fait presque exclusivement par la route, malgré les efforts fournis pour le développement du transport par voies ferroviaires et fluviales. Des solutions, comme celles basées sur les nouvelles technologies, existent. Reste que les projets de mobilité durable suscitent peu d’intérêt de la part du secteur privé, en raison d’une faible rentabilité.