La location longue durée de voitures ne connaît pas la crise !

Selon les opérateurs, l’activité est en hausse de 5 à  6% à  fin novembre avec un parc estimé à  32 000 voitures. La hausse des loyers induite par le changement fiscal de la TVA sur la vente des voitures d’occasion a été neutralisée par le jeu de la concurrence.

La location longue durée poursuit sa bonne orientation affichée depuis le début de l’année. D’après les estimations recoupées des gros opérateurs du secteur, l’activité a enregistré une croissance de 5% à 6% à fin novembre, avec un parc sous gestion estimé à 32 000 véhicules. «Avec des ventes de voitures neuves en légère baisse et un contexte économique un peu morose, la LLD ne cesse de progresser cette année comme lors des deux dernières années. Cela veut dire que la pratique de louer un parc automobile remplace petit à petit l’achat direct, financé à crédit ou en leasing», affirme Philippe Chabert, DG d’Arval Maroc, filiale de BNP Paribas dont le parc mis à la location dépasse 6000 véhicules. Cette bonne tenue de l’activité est également rapportée par Frédéric Banco, DG d’ALD Automotive, filiale du groupe Société Générale, qui, tout en avançant le même taux de croissance pour le secteur, affirme que son entreprise surperforme le marché grâce à une activité en hausse d’environ 10%.

«Nous avons commencé l’année avec un parc à la route de 6 470 véhicules et nous allons la finir à environ 7 000», explique M. Banco. Un opérateur plus petit fait état d’une activité en hausse de 4% avec un parc à la route de 2 500 voitures. «Ce n’est pas par hasard que la LLD se développe ainsi. Elle est en effet de plus en plus adoptée par les entreprises car celles-ci ont compris tous les avantages compétitifs qu’elle leur donnait dans leur gestion de la mobilité. La LLD constitue une vraie solution pour optimiser ses coûts, externaliser ses risques et rester concentré sur son cœur de métier», explique M. Chabert. Abondant dans le même sens, le DG d’ALD Automotive souligne que la solution de la location n’immobilise pas l’argent, et est de ce fait très appréciée surtout dans un contexte de crise et de tensions sur les liquidités. D’autant plus que le leasing a souvent un coût supplémentaire difficile à maîtriser pour l’entreprise, notamment les factures d’entretien du parc. «De plus, un loueur longue durée offre un service de qualité en gérant tous les aléas qui touchent à la vie d’un véhicule tout en ayant sous gestion un parc renouvelé, bien entretenu et en sécurité», ajoute M. Banco.

Selon les opérateurs, cette bonne orientation est portée essentiellement par le secteur public ainsi que les grands groupes nationaux et internationaux. «Même si le premier semestre n’a pas connu d’appels d’offres publics conséquents, ce segment reste un levier incontournable dans la stabilité du secteur grâce à un taux de pénétration de plus de 20%», commente le DG d’Arval. Toutefois, d’autres opérateurs relèvent la montée en maturité des PME marocaines qui commencent à migrer du modèle de l’achat propre vers la LLD.

La demande est portée par le secteur public et les grands groupes nationaux et internationaux

Notons que la LLD affiche bonne mine malgré la modification du système de calcul de la TVA sur la vente de véhicules d’occasion début 2013. Modification dont on craignait l’effet sur les prix et par conséquent sur la demande. Selon M. Chabert, bien que ce changement fiscal ait généré par effet mécanique une hausse des loyers d’environ 5% au cours des premiers mois de 2014, augmentation qui varie selon le couple durée/kilométrage choisi par le client, la concurrence accrue au fil des mois l’a quasiment gommé, au détriment des marges des loueurs et au bénéfice des clients. De son côté, M.Banco explique que ce changement n’était pas de nature à décourager les clients qui ont déjà adopté le concept de la LLD pour ses multiples avantages. Cela dit, pour les opérateurs qui ont un modèle économique basé sur les produits de la vente d’occasion plus que les revenus de la location, les marges ont été sérieusement revues à la baisse. «Il faudra attendre 2017, voire 2018, pour juger du vrai impact de la modification de la TVA sur les ventes d’occasion, vu que le changement s’applique au parc nouvellement mis à la route à partir de janvier 2013, donc qui ne sera revendu que dans 4 ou 5 ans», nuance un opérateur.