La liquidation de General Tire Maroc piétine

L’outil industriel et le patrimoine foncier n’ont pas trouvé
preneur.

Le syndic chargé de la liquidation de General Tire Maroc (GTM) n’est pas au bout de ses peines. Plusieurs mois après que le tribunal de commerce de Casablanca ait prononcé la liquidation de l’affaire, il a toujours du mal à céder les actifs de la société. Certes, l’essentiel du stock de produits finis et de matières premières a trouvé preneur, de même que le matériel roulant, mais l’outil industriel et le patrimoine foncier (10 ha dont 3 couverts) restent invendus. Et comme si GTM était poursuivie par la poisse, la mise aux enchères du terrain vierge séparé de l’usine par la route côtière est reportée sine die à cause de l’affectation de Salaheddine Nehass, juge commissaire chargé du dossier, au tribunal de première instance de Casa Anfa. Il faudra sans nul doute attendre la nomination de son remplaçant pour que l’opération puisse continuer.

La Primature essaie de toucher tous les repreneurs éventuels à l’international
En somme, il est utile de souligner que toute solution devra être avalisée par le juge, en collaboration avec le syndic, même si, pour des raisons politiques et sociales, les pouvoirs publics s’intéressent de près au dossier, précisément en apportant leur écot à la recherche d’un investisseur industriel en mesure de remettre l’affaire sur les rails.
A ce jour, les spéculations sur le nom des candidats potentiels vont bon train. Le groupe français Michelin, cité avec insistance, n’est plus intéressé. Au siège parisien, on reconnait que des études avaient bien été effectuées, il y a un an, mais que l’affaire n’avait pas été jugée viable. Du côté du tribunal de commerce de Casablanca, il est confirmé qu’aucune offre émanant de ce groupe n’a été reçue. Même son de cloche à la Primature, qui annonce tout de même avoir cherché à toucher tous les industriels susceptibles d’être intéressés par le fabricant de pneumatiques, à travers le monde.

Aucun espoir pour la réalisation d’un boni de liquidation
Bref, la situation est quasiment au point mort. Des sources bien informées soulignent que si l’usine devait un jour se remettre en marche, elle ne le serait qu’avec un opérateur international connu et doté d’un vaste réseau de commercialisation. Autrement dit, toute solution interne est pour l’instant écartée, sauf si les postulants ne sont intéressés que par le foncier et les locaux, dans la perspective d’y installer une autre activité.
Pour le moment, le syndic doit être très pris par l’entretien de l’outil industriel. En effet, selon un ancien ingénieur de la maison, un arrêt prolongé entraînera la détérioration des installations, d’où une importante décote en cas de cession. Du coup, d’anciens salariés, espérant certainement retrouver un jour un emploi sur le même site, quels que soient le repreneur et l’activité, se sont engagés bénévolement à prêter main-forte au syndic. Mais, d’ores et déjà, l’on sait qu’il sera difficile de réaliser un boni de liquidation compte tenu de l’environnement général de l’entreprise et de son endettement qui atteint 250 MDH dont 115 millions dus aux banques