La ligne 2 du tramway de Casablanca sera opérationnelle fin 2018

L’étape de déviation des réseaux d’eau potable, d’assainissement et de télécommunications est achevée depuis mai 2016. Le taux d’avancement de la phase de réalisation de la voie ferrée est de 45%. Les travaux d’aménagement de façade à façade ont commencé il y a trois mois.

Le chantier de la ligne 2 du tramway de Casablanca menant du boulevard Anoual vers Sidi Bernoussi est visiblement sur la bonne voie. Les travaux de déviation des réseaux d’eau potable, d’assainissement et de télécommunications sont achevés depuis mai 2016 au bout d’un an de labeur. Désormais, les équipes de l’entreprise turque Yapi Merkezi en charge de réaliser la plateforme de voie ferrée (15 km de la L2 et 2 km d’extension de la L1 vers le quartier Lissasfa) s’activent sur la deuxième phase du projet. Ce chantier mobilise à lui seul
1 000 personnes sur les 3 000  qui interviennent sur tout le projet.

Une nouvelle méthode pour l’aménagement des carrefours

«Nous avons commencé l’installation de la plateforme de la voie ferrée en mai 2016. Pour l’instant, Yapi Merkezi travaille sur 82% de la longueur totale de la voie ferrée en attendant la libération du reste de la voie. Aujourd’hui, le taux de réalisation de la plateforme est de 45%», explique Abdelaziz Fares, chef de département plateforme et réseaux chez Casa Transport.

Hormis l’installation de la voie ferrée, dans le cadre de la réalisation de la L2, le maître d’ouvrage se doit de construire 30 carrefours. La deuxième expérience de Casa Transport en la matière a été riche en apprentissage. En effet, lors du chantier de la ligne 1, la construction de carrefours était contraignante. Le système a nettement évolué depuis. «Lors du projet de la ligne 1, on déterrait le sol et on installait un ouvrage en préfabriqué. En termes de manutention, il était nécessaire de recourir à deux grues géantes. Aujourd’hui, la solution réside dans l’utilisation sur place de béton à haute performance offrant le même rendement que le mode préfabriqué», explique un ingénieur de Casa Transport. Du coup, les travaux de manutention sont désormais moins compliqués à ce stade du chantier. Au total, 8 carrefours ont déjà été aménagés grâce à cette méthode. «Nous sommes en pleine réalisation du carrefour de Laymoune, qui rentre dans le cadre de l’extension de la L1 et celui reliant Mimosa à Ain Sebaâ dans le cadre de la L2. En moyenne, nous réalisons entre 2 et 3 carrefours/mois», dévoile la même source.

L’autre souci auquel fait face Casa Transport réside dans la nature géologique fragile des sols sur certains boulevards. Il s’agit du boulevard Anoual sur 1,4 km et du boulevard El Fida sur 1,7 km. «Dans ce cas, nous avons adopté la solution de l’estacade enterrée. En d’autres termes, c’est un ouvrage surélevé qui porte le poids de la plateforme de la voie ferrée quand la nature géotechnique du sol ne le permet pas», détaille M. Fares. Au boulevard de la Grande Ceinture, le maître d’ouvrage a eu recours à une manœuvre similaire. En effet, pour que le tramway puisse franchir ce boulevard, un pont surélevé (déjà existant) appelé techniquement ouvrage Dalot a été reconstruit. Le tramway y  circulera en site propre sans aucune interférence avec les véhicules.

Plusieurs solutions ont donc été imaginées pour s’adapter aux difficultés des artères casablancaises. Casa Transport n’attend pas pour autant la finalisation de cette étape pour s’attaquer au renouvellement des chaussées, des trottoirs, à leur embellissement et à la création de places de stationnement. L’ultime étape, celle des travaux d’aménagement de façade à façade est lancée depuis octobre 2016. Dans cette phase, Casa Transport et les entreprises impliquées dans le projet veulent minimiser la gêne occasionnée aux riverains et aux automobilistes, tout en continuant à faire avancer les travaux. Il faut donc trouver des voies de délestage d’un boulevard à l’autre par la déviation de la circulation des axes concernés par les travaux.

D’où la nécessité de faire intervenir des commissions de circulation préfectorale. «Ces commissions sont composées de Casa Transport, de la police, de l’autorité locale et de M’dina Bus dont les véhicules parcourent divers artères du chantier. Tous les acteurs décident en concertation de la durée de la gêne occasionnée, de la nouvelle circulation adoptée et de la communication idoine pour les riverains», déclare Shada Tayeb, chargée de communication à Casa Transport.

Ceci dit, les Casablancais devront prendre leur mal en patience. Il faudra attendre encore un an et sept mois avant de pouvoir monter à bord du tramway menant de Sidi Bernoussi au boulevard Anoual, à Ain Diab et Lissasfa. La finalisation du projet global est prévue pour octobre 2018. L’exploitation de la ligne 2 permettra d’employer à terme 600 personnes.

Yapi Merkezi est la société adjudicatrice du marché de la voie ferrée de 17 km. Pour la partie concernant les travaux d’aménagement, les entreprises retenues sont marocaines à 100%. Cette phase concerne spécifiquement la réalisation de la chaussée, des voies de stationnement et des trottoirs ainsi que le mobilier urbain. Dans ce cadre, le mobilier urbain est réalisé au Maroc par la société Mafoder (la Marocaine des fonderies). Le béton utilisé dans le projet est conçu par l’entreprise Bétomar. L’infrastructure est, elle, réalisée conjointement par GTR et Stam Vias. Quant aux marchés relatifs à la signalisation et aux systèmes d’aide à l’exploitation, ils ont été remportés par des entreprises françaises respectivement Lacroix trafic et Ineo Maroc. L’acquisition du matériel roulant estimé à 25 rames doubles, qui s’ajoutent aux 37 déjà en circulation, revient à Alstom. Jusqu’à présent, 30 marchés ont été adjugés à une dizaine d’entreprises marocaines et étrangères. Deux nouveaux centres de maintenance sont également en cours d’exécution à côté des stations Facultés et Sidi Bernoussi.