La guerre contre la contrefaçon des cartouches d’imprimante est déclarée

La fraude touche 2 fois plus le toner que les cartouches de jet d’encre. 13 000 cartouches contrefaites et 4 000 éléments susceptibles d’être utilisés dans la fabrication saisis en avril et mai 2013. A Derb Ghallef, les prix des toners d’encres contrefaites varient de 160 à  250 DH, la moitié des produits originaux.

La contrebande des cartouches d’imprimantes prend de l’ampleur sur le marché marocain. Cette situation s’explique principalement par le fait qu’une bonne partie de la clientèle est davantage attirée par le prix que par la qualité. Ces produits contrefaits sont principalement des cartouches rechargées et emballées dans des reproductions d’emballages non autorisées par une marque, qui sont destinées à tromper le consommateur en lui faisant croire qu’il achète des produits de marque authentique. Le phénomène touche deux fois plus le toner que les cartouches de jet d’encre. A Derb Ghallef, les toners contrefaits coûtent entre 160 DH et 250 DH, largement moins chers que les cartouches originales d’une des marques dont les prix se situent en moyenne entre 380 DH et 650 DH.

Si certains clients, les particuliers en général, optent volontiers pour ces types de produits en raison du prix, d’autres sont tout simplement abusés par leurs fournisseurs.Une enquête de HP révèle que dans le pays, 31% des organismes ont déjà acheté des cartouches contrefaites, mais 63% d’entre eux seraient mécontents s’ils découvraient qu’ils avaient acheté des cartouches contrefaites et 91% de cette population ne se fourniraient qu’auprès d’un revendeur de confiance ou directement auprès du fabricant. Enfin, 92% des entités sondées indiquent qu’ils envisageraient de changer de fournisseur s’ils s’apercevaient qu’ils vendaient des cartouches contrefaites.
Ce fléau se traduit par un manque à gagner pour l’Etat, pour les entreprises du secteur et pour les consommateurs. Pour l’Etat d’abord. Toute vente hors du circuit officiel se traduit par une perte de recettes fiscales. Les faussaires s’exonèrent de tout impôt, direct ou indirect.

Le volume d’encre d’une cartouche contrefaite est inférieur de 40% à celui de l’originale

Comme la demande n’est pas extensible à souhait, les professionnels du secteur voient, quant à eux, leurs parts de marché diminuer d’année en année. Interrogé sur ce problème, Rachid Khssassi, directeur commercial et marketing de Xerox, nous a confié que «lorsqu’on parle de marché noir, on évoque en quelque sorte l’anarchie totale, ce qui pousse certains opérateurs de la place à chercher des solutions alternatives de survie».
Reste le consommateur. Il y en a qui pensent faire des économies en utilisant des cartouches contrefaites qui coûtent moins cher, toutefois, il s’avère que leur utilisation se traduit par une perte plus importante. «Ces cartouches clonées sont importées et stockées dans des conditions déplorables», explique un distributeur d’une grande marque. Le volume d’encre est inférieur d’à peu près 40% à celui d’une cartouche originale. Enfin, les cartouches clonées sont recyclables 2 à 3 fois au maximum et entraînent la détérioration partielle ou totale de l’imprimante au bout d’une certaine période d’utilisation.

Pour contrer ce phénomène, HP mène depuis quelques semaines une campagne intense de sensibilisation sur les risques qu’engendre l’utilisation des produits contrefaits.

Les pouvoirs publics ont de leur côté multiplié les opérations de contrôle dans divers lieux de vente et de dépôt ainsi qu’aux frontières. Ils sont ainsi arrivés à saisir plus de 13000 produits non conformes en avril et mai 2013 avant que ces marchandises n’aient pu être commercialisées. Ils ont également confisqué 4000 éléments susceptibles d’être utilisés dans la fabrication de produits contrefaits, tels que des étiquettes de produits. Comme pour les autres secteurs, ces opérations sont inscrites dans la durée, sachant que le mal de la fraude est plus profond qu’on ne le pense.