La grève a coûté 10 MDH à  la Comanav

La grève a coûté 10 MDH à la Comanav

La Comanav vient de subir un manque à gagner de 10 MDH suite à la grève (du 29 décembre 2003 au 5 janvier 2004) décrétée par les syndicats des officiers et marins affiliés à la CDT (Confédération démocratique du travail). Ce conflit est un coup dur pour la compagnie qui n’a pas fini de digérer sa restructuration. Heureusement pour elle, le mouvement a été arrêté grâce à l’intermédiation de la direction de la Marine marchande. Néanmoins, les données du litige restent entières. Si un dialogue franc n’est pas ouvert entre les syndicats et les responsables du CCAM (Comité central des armateurs marocains), la grève risque de reprendre rapidement. Or, entre ces deux parties, le courant ne passe plus, car les armateurs et, à leur tête la Comanav qui préside le CCAM, estiment qu’il n’y a pas lieu de discuter sous la menace de la grève. Dans le même temps, les marins CDT qui ont déposé leur cahier revendicatif depuis plus d’un an jugent que leur interlocuteur ne veut donner aucune suite sérieuse à leurs revendications, et qu’ils n’ont jamais rien obtenu sans grève.
Une proposition d’augmentation de 5 % est soumise aux syndicats
Mais que contient donc ce cahier revendicatif ? Une augmentation de salaire de 30 %, une révision de la part salariale et patronale pour la cotisation à l’assurance maladie et une révision de la convention collective de 1958 qui régit le travail des marins. Si les deux premières revendications (salaires et cotisations) semblent à priori tout à fait surmontables, la révision de la convention collective pose, quant à elle, un problème plutôt épineux.
Pour comprendre ce problème, il faut savoir que les officiers recrutés sont des salariés à part entière, contrairement aux simples marins dont la relation avec leur employeur cesse légalement dès la fin de la mission pour laquelle ils ont été recrutés, même si, dans la pratique, la plupart des armateurs restent plus ou moins fidèles aux mêmes équipes. Leur revendication pour accéder au statut de salariés permanents alourdirait les charges des armateurs dans la mesure où il arrive souvent qu’un marin ne travaille pas plus de 10 à 15 jours par mois.
Ainsi, et de l’avis même de sources proches de la Marine marchande, les torts sont partagés. D’un côté le syndicat CDT fait cavalier seul, en usant de l’arme de la grève, contrairement aux autres syndicats, dont l’UMT et l’UGTM, qui discutent avec les armateurs sans leur faire subir des pertes financières. De l’autre côté, il semble, toujours selon les mêmes sources, que le refus du CCAM de dialoguer avec ce syndicat est manifeste et que la réponse à la revendication salariale est plutôt maigre puisqu’il est proposé aux marins une augmentation de 5 %. Le raidissement de part et d’autre risque ainsi de mettre en danger la compagnie.