La généralisation de la réforme hospitalière, otage de l’AMO

L’étude menée par la direction des Hôpitaux et des soins ambulatoires est une composante importante du projet de financement et de gestion du secteur de la santé (PFGSS), financé par un prêt de la Banque Mondiale de 57,2 millions de dollars. Ce projet, venu appuyer la dynamique de réforme du secteur de la santé, devra normalement arriver à son terme en 2005. Pratiquement 90 % de ce prêt, soit 515,6 millions de DH, a été alloué à la réforme hospitalière dans ces trois composantes : modernisation des hôpitaux, renforcement du management et maîtrise des coûts hospitaliers. Le reliquat du prêt est allé à la réforme du financement de la santé (37,3 millions de DH) et la réforme institutionnelle (19,1 millions de DH).
L’importance accordée à l’axe de la réforme hospitalière, un vrai travail de titans auquel s’attelle Abdelali Belghiti Alaoui, directeur des Hôpitaux au ministère de la Santé, avec son équipe, se justifie à plus d’un titre lorsque l’on sait par exemple que plus de 40 % des hôpitaux au Maroc ont été construits au temps du Protectorat et que la demande de soins a connu des changements profonds. Une demande qui ne concerne plus les maladies infectieuses et d’hygiène, dont le traitement peut être assuré par les centres de santé et les dispensaires, mais de plus en plus de maladies chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaires, insuffisance rénale…) et de cas de cancer en plus des accidents et des traumatismes. A ceci s’ajoute le déficit accru des hôpitaux en management. «Nous déplorions une absence à l’hôpital des fonctions de gestion financière et comptable de GRH et d’organisation», ajoute le directeur des Hôpitaux.
Aujourd’hui la réforme hospitalière est entrée dans sa deuxième phase, dite d’extension, et sera élargie au profit de neuf hôpitaux (Tan Tan, Laâyoune, Sefrou, Essaouira, Tanger, El Hoceima, Ben M’sik Casablanca, Kénitra et Khémisset) en plus des cinq premiers qui ont servi de base à l’élaboration de l’étude (Meknès, Agadir, Safi, Beni Mellal et Settat). La phase de généralisation, quant à elle, demeure incertaine puisqu’elle est liée à l’entrée en vigueur de l’AMO