La fusion Sogatour-Sotoram tombe à  l’eau

Royal Air Maroc a déjà créé une filiale, Atlas Hospitality, pour ses hôtels.
La CDG traîne les pieds pour rejoindre cette entité qui, au départ, devait être le fruit de la fusion.

Annoncée en grande pompe le 11 mars 2003, la fusion Sotoram-Sogatour n’aura probablement jamais lieu. Pourtant à cette date, les présidents de la RAM et de la CDG avaient procédé à la signature d’un protocole d’intention pour le rapprochement des deux entités. Après cela, un appel d’offres avait été lancé pour sélectionner les cabinets qui accompagneraient cette mission. Une filiale de la BMCI a été retenue pour la phase d’évaluation patrimoniale et le cabinet AFG pour le business-plan et le montage juridique avec les modalités de mise en œuvre. Après plusieurs mois de travail, chaque cabinet a remis sa copie. Mais, depuis, on n’a plus entendu parler de la fusion et les parties concernées se sont montrées évasives sur le sujet.
Les choses se sont compliquées après les assises du tourisme
Mais, de source proche du dossier, La Vie éco a appris que les atermoiements s’expliquent par le fait que les études réalisées n’avaient pas satisfait les parties intéressées, chacune estimant que son patrimoine était sous-évalué… Mais c’est aux dernières Assises du tourisme, tenues les 14 et 15 janvier à Ouarzazate, que les choses se sont compliquées. Le président de la RAM avait annoncé en conférence de presse la création d’Atlas Hospitality, entité qui prendrait en charge la gestion des hôtels du groupe. Or, Atlas Hospitality était le nom retenu pour accueillir la fusion de Sotoram et de Sogatour.
Mis devant le fait accompli, les responsables de la CDG ont très mal digéré l’annonce. Plus que cela, interrogé par La Vie éco sur cette fusion, Mohamed Berrada, président de la RAM, rétorquera que «ses hôtels sont performants et qu’il n’avait pas de temps à perdre. Donc, quand la CDG sera prête, elle pourra rejoindre l’entité créée». C’est plus qu’il n’en fallait pour créer un incident diplomatique… Les responsables de la CDG, ne voulant pas grossir cette affaire, se refuseront à tout commentaire.
Selon plusieurs personnes liées au dossier, la fusion est vouée aux oubliettes. «Il n’y a pas de décision officielle, mais tout porte à croire qu’elle n’aura pas lieu», affirme-t-on.
Interrogé sur la question, Samir Kheldouni Sahraoui, DG de Sogatour, élude en déclarant que «ce process de rapprochement, qui était en cours depuis plus d’une année, n’a jamais freiné ni détourné l’attention de l’équipe dirigeante de l’objectif principal, à savoir l’assainissement et la croissance de Sogatour à proprement parler, ce qui a précisément permis les résultats de l’exercice 2004. Quant à l’aboutissement du projet de fusion, il s’agit là d’une décision d’ordre stratégique dont l’issue reste du domaine des actionnaires respectifs de Sogatour et Sotoram, à savoir la CDG et la RAM.» Même son de cloche de la part de Kamal Bensouda, directeur de Sogatour, récemment rebaptisée Atlas Hospitality. Nous n’en saurons pas plus auprès des directions de la RAM et de la CDG. Mais on nous explique que le sujet est délicat et qu’il vaut mieux ne pas en parler puisque cela risquerait… «d’envenimer les relations entre les deux dirigeants» ! .