La France présente son dispositif de promotion des IDE aux investisseurs marocains

Jet contractors, Intelcia, Delta Holding, Unimer…, plusieurs groupes ont déjà  pris pied dans l’Hexagone. Des contraintes d’ordre humain, technique et réglementaire font que d’autres tardent à  franchir le pas.

Opération séduction de la diplomatie économique française au Maroc. Le consulat général de France vient d’organiser une rencontre autour de l’acte d’investir en France. Une occasion pour présenter le dispositif mis en place par BusinessFrance, né en janvier 2015 du rapprochement entre Ubifrance et l’Agence française pour les investissements. D’après les responsables de cette entité, une des avancées majeures est sans conteste la baisse du coût du travail, qui fait suite à l’instauration d’un crédit d’impôt compétitivité. Cet avantage consiste en une baisse de 6% du coût de la masse salariale pour les salaires inférieurs à 2,5 fois le SMIC (environ 1500 euros). Aussi, le dispositif prévoit des aides à l’innovation à travers l’octroi de crédit d’impôt recherche et des aides à l’investissement productif via l’octroi des primes d’aménagement du territoire qui donnent le droit à 15 millions d’euros de subvention par emploi créé.

Et ça paie ! Aujourd’hui, elles sont plus de 20 000 entreprises étrangères à avoir pris pied en France avec à la clé 2 millions d’emplois salariés. L’attrait de l’Hexagone pour les IDE concerne aussi bien les secteurs classiques que les nouveaux, notamment l’agro-alimentaire, l’industrie pharmaceutique, l’aéronautique et l’automobile.

Les procédures de transfert sont assouplies, mais elles restent contraignantes

Cela dit, elle semble aussi avoir la faveur des groupes marocains. En effet, Jet contractors (ex-Jet Alu) a procédé à quatre acquisitions d’entreprises françaises en une année. Intelcia, exerçant dans la gestion de la relation client, vient de racheter un groupe coté à la Bourse de Paris et composé de trois sociétés. Montant de la transaction, 15 millions d’euros. Delta Holding y est également présent à travers sa société Isosign qui produit les plaques de signalisation. C’est également le cas du spécialiste de la conserve Unimer.

Présents pour faire des témoignages au cours de la rencontre, les responsables de quelques-unes de ces entreprises n’ont pas manqué de souligner les contraintes liées aux facteurs humain, technique et réglementaire. «Nous avons dû batailler pendant des mois pour avoir l’autorisation de l’Office des changes pour investir à l’étranger», rapporte le management d’Intelcia.

Selon le management de l’Office des changes, les investissements à l’étranger, le transfert des bénéfices et des produits de cession sont libres depuis 2007. «L’Office des changes a compris qu’il n’a pas à s’immiscer dans les stratégies de développement des entreprises marocaines à l’international», confie Hicham Brahmi, responsable communication de l’office. Il rappelle aussi que le nouveau texte de loi, aujourd’hui en cours d’adoption, revisite l’ancien régime et en corrige les limites. Son point fort est l’introduction de la notion de liste négative au lieu de répertorier toutes les opérations libres, comme c’est le cas aujourd’hui.