La fièvre de l’immobilier s’empare des hommes d’affaires

Les industriels mais également les opérateurs des services et des professions libérales s’y mettent à tour de bras.
Pour ceux qui détiennent d’anciennes réserves foncières,
les marges atteignent 100 %.
Les professionnels mettent en garde contre l’amateurisme.

La fièvre de l’immobilier se propage comme une traînée de poudre parmi les industriels au point qu’il devient difficile de trouver des noms d’opérateurs qui n’ont pas été tentés par le secteur. Des noms comme les Ajana, Tazi, Sentissi, Amhal, Benkirane, Alj, Alami et autres ont signé ces 48 derniers mois leur arrivée en force sur le marché de l’immobilier, profitant d’une bulle spéculative qui n’en finit pas d’enfler. D’autres, autrefois intervenants occasionnels sur le secteur, lui ont carrément dédié des ressources et du temps, diversifiant le risque et amortissant le retour sur investissement relativement long de l’investissement industriel.

Qu’est-ce qui attire ces investisseurs dans le secteur ? «Tous sont séduits par le grand potentiel qu’offre la promotion immobilière», analyse Youssef Iben Mansour, président de l’ALPIC (Association des lotisseurs et promoteurs immobiliers de Casablanca).

Marges de gain importantes, jusqu’à 100 % dans certains cas, demande en hausse et incitations de l’Etat ont fini par attirer de plus en plus d’investisseurs. Les réalisations des différents intervenants en sont la preuve. L’année 2006 est considérée comme un bon cru avec 127 000 logements et lots livrés par les opérateurs publics et privés de l’habitat, – une première dans l’histoire du pays -, une consommation de ciment qui a augmenté de 12 % par rapport à 2005 et des encours de crédit immobilier de 69,7 milliards de DH, en hausse de 26,25% par rapport à l’année précédente. Pour ce qui est des autorisations de construire, les agences urbaines ont instruit 80 000 dossiers contre 75 000 en 2005 et 72 000 une année plus tôt. «Nous évoluons dans une économie qui encourage l’initiative privée. Une croissance aussi soutenue du secteur allait immanquablement encourager d’autres hommes d’affaires à y investir», souligne M. Iben Mansour.

Avant de lancer Addoha, Anas Sefrioui était textilien
Le secteur a donc le vent en poupe. Certains opérateurs ont découvert le filon depuis plusieurs années et précédé la tendance à l’instar des Jamaï qui se sont petit à petit désengagés de leurs affaires dans le textile pour se consacrer à la production de logements sociaux. Depuis le projet Anassi, construit en 1995, ils ont produit quelque 25 000 unités et se sont installés aux quatre coins du pays avec
18 000 unités actuellement en construction et 28 000 en projet. Autre exemple de cette reconversion précoce, celle d’Abdelali Berrada, PDG de Dolidol, qui s’est distingué au début des années 90 par son projet dans le résidentiel très haut standing de le Palmeraie Golf Palace, à Marrakech. Même Addoha, géant du logement social, qui s’est lancé récemment dans l’immobilier résidentiel et touristique, est le résultat de la reconversion d’Anas Sefrioui à partir de l’industrie textile. Trois exemples de textiliens dont le succès a été au rendez-vous. En effet, plusieurs opérateurs de ce secteur ont préféré déserter en partie ou en totalité leur activité de base, attirés par la rentabilité affichée mais aussi pour fuir la concurrence de plus en plus acharnée. Le cas de Mohcine Bennani, patron de Bénitex, illustre parfaitement cette situation. Ce fournisseur de Marks & Spencer au Maroc s’est retrouvé depuis quelques années en face d’«une concurrence chinoise acharnée et des perspectives peu encourageantes du secteur», comme il l’explique lui-même. Décision sans hésitation : se diversifier.

Même les grands s’y mettent
Plus que les autres industriels, les textiliens illustrent cette mutation vers l’immobilier. Dans cette migration, ils bénéficient d’une force de frappe considérable, celle de la réserve foncière. Autrefois, elle leur servait, en tant que trésor de guerre, à amortir les chocs des crises sectorielles pour dégager du cash disponible de suite. Aujourd’hui, l’extension urbaine aidant, la réserve classique s’est renforcée avec des sites de production et de stockage rattrapés par l’extension urbaine et dont la valeur commerciale a explosé au point que des experts parlent même de rente foncière réinvestie dans l’immobilier.
Aux côtés des textiliens, les nouvelles recrues de l’immobilier viennent aussi du BTP comme c’est le cas du groupe Hadj Fahim qui se lance à Skhirat, du commerce à l’instar du groupe Hadj Said et Amhal, de la distribution (Label Vie) mais aussi de l’industrie. Les Bensaleh, avec des budgets d’investissement de plusieurs milliards de dirhams sur les trois prochaines années, offrent l’exemple le plus frappant de cette catégorie aux côtés de Hassan Sentissi, qui s’associe à des Russes et lorgne la nouvelle ville de Tamesna en plus de projets à Laâyoune.

La ruée ne fait que commencer
A en croire certains spécialistes du secteur, la ruée ne fait que commencer. Les villes les plus visées par les nouveaux entrants sont Casablanca, Marrakech, Tanger et Agadir. «Ce sont les villes qui présentent le plus grand intérêt», souligne Samir Benmakhlouf, directeur général de Century 21, qui a laissé tomber son poste de responsable de process de production dans une multinationale pour se lancer dans cette nouvelle aventure. «L’engouement pour Marrakech s’explique d’abord par l’aura touristique internationale dont jouit la ville ocre. Programmes de villas de luxe, appartements de standing ou tout simplement habitat social : autant d’opportunités d’investissement saisies par la plupart de ces néo-promoteurs. Casablanca, agglomération économique, est immanquablement une cible pour ces investissements, encouragés par la demande de plus en plus structurée des Marocains», explique-t-il. L’intérêt des investisseurs immobiliers, qu’ils soient nouveaux ou anciens, pour Tanger et Agadir, s’explique par la vocation touristique de la seconde, et l’attrait économique d’une zone franche qui sera boostée par l’ouverture du plus grand port du Royaume en 2007 pour la première ville. Les voyants sont donc au vert et l’avenir semble être… «promoteur» !

Comment réagissent les «professionnels» à cet engouement ? «C’est une excellente chose», souligne Youssef Iben Mansour, président de l’ALPIC. Rachid Jamaï, DG du groupe éponyme, salue cette affluence du capital dans le secteur immobilier mais insiste au passage sur la nécessité de professionnaliser l’intervention de chacun. «Il faudrait systématiser le recours à la maîtrise d’ouvrage déléguée», recommande-t-il. Pour sa part, William Simoncelli, DG de Carré Immobilier Maroc, conseiller en immobilier, pense que le salut est dans le professionnalisme. «La demande est de plus en plus exigeante. Il faut donc que ces nouveaux investisseurs adaptent leurs produits pour y répondre favorablement», précise-t-il.

Même son de cloche chez l’architecte Fouad Akalay qui craint pour la réputation de ce secteur ouvert où tout porteur de capital peut investir. «L’initiative de l’Ecole Hassania des ingénieurs qui a lancé un 3e cycle dédié aux profils désireux de se spécialiser dans la promotion immobilière est excellente», souligne-t-il. Le danger pourrait aussi venir des «erreurs des promoteurs occasionnels et qui peuvent coûter cher, pas en termes de sécurité car les accidents restent rares, mais en termes de désagréments multiples et divers pour leur clientèle et la qualité urbanistique de nos villes», note Saïd Sekkat, secrétaire général de la Fédération nationale de la promotion immobilière (FNPI).

Professionnalisme ou pas, la bulle actuelle fait le bonheur des banques qui se livrent une guerre sans merci pour le financement du secteur d’autant plus que la conjoncture de surliquidité pousse à une distribution de crédits tous azimuts. Cette compétition est plus prononcée entre Attijariwafa bank, la Banque populaire et le CIH. Trois structures inscrites dans une logique de taille. Effet de cette compétition, les crédits promoteurs sont alignés sur ceux des acquéreurs. Les premiers arrivent ainsi à se financer à 5 % pour des crédits sur 3 à 4 ans. Tous les moyens sont bons pour recruter de nouveaux clients (voir aussi article en p.11).

Malgré cette fièvre d’investissement, le déficit en logements dont souffre le pays reste énorme. Près d’un million d’unités, selon le ministère chargé de l’habitat et de l’urbanisme. A cela, il faut ajouter la demande exogène exprimée par les étrangers qui s’installent de plus en plus au Maroc et qui permettront, selon les spécialistes, de stabiliser la demande même en cas d’éventuelle crise. Autant dire que les opportunités ne se feront pas rares. Une situation qui ne manquera pas d’intéresser une nouvelle catégorie d’investisseurs immobiliers, de moindre taille certes que les industriels et grands banquiers. Les experts affirment en effet que même les pharmaciens, médecins, avocats, architectes et autres professions libérales commencent à signer leur arrivée en masse dans les rangs des nouveaux promoteurs immobiliers. Le secteur a encore de beaux jours devant lui.

Focus
Les hommes politiques ne sont pas en reste

Outre les hommes d’affaires, des politiques ont aussi cédé à la tentation de l’immobilier et se lancent de plus en plus dans la promotion immobilière. En la matière,
les députés détiennent la palme. Un grand nombre d’entre eux a développé, en plus de son activité professionnelle de base, des projets immobiliers, de petite ou moyenne envergure. Faouzi Benallal, président MP du conseil municipal de Harhoura et l’USFPéiste Driss Radi, neveu d’Abdelwahed Radi, président de la Chambre des représentants, tous deux membres de la deuxième Chambre, en sont un exemple parmi des dizaines d’autres.
Il y a aussi les maires. Mohamed Sajid, à la tête du Conseil de la ville de Casablanca, est un promoteur notoire pour des projets notamment à Tit Mellil, où il a développé de nombreuses opérations d’habitat social. Le maire de Marrakech, Mohamed Jazouli, préfère
les transactions foncières. Parmi ses dernières opérations une transaction portant sur un terrain situé sur le boulevard Mohammed V de la ville ocre. Autres exemples, Driss Sentissi, maire de Salé et vice-président de la première Chambre du Parlement, ainsi que l’istiqlalien Hamid Chabat, maire de Fès.
Echec
Les banques financent mais ne construisent plus

L’expérience des banques qui ont voulu agir directement en promoteur n’a pas été concluante. L’aventure de Wafabank, à la fin des années 1990, en témoigne. La banque, alors dirigée par Abddelhak Bennani, avait lancé, à travers sa filiale Wafa Foncière (aujourd’hui disparue), le projet de la cité Panorama à Sidi Moumen. L’expérience a été par la suite jugée non-concluante à cause du manque d’expertise, des produits inadaptés, du manque de savoir-faire en matière commerciale… Depuis cet échec cuisant, la banque a décidé de se désengager de la promotion et de se réserver au financement, d’autant plus qu’elle risquait de concurrencer directement ses propres clients, eux-mêmes promoteurs immobiliers. Depuis, aucune autre banque n’a voulu tenter directement l’aventure.
Profils
Ils sont dans l’immobilier

Ahmed Biaz
 
De l’air à la terre
L’ex-patron de l’ONDA s’est reconverti pleinement dans le secteur immobilier. Après une première opération à Bouznika, où il a réalisé un lot de villas, il met le cap sur la ville de Marrakech où il projette de construire des appartements sur un terrain qui lui appartient.

Groupe Amhal
 
Appartements et bureaux
Au lendemain de son désengagement, en 2005, de Oismine, holding qui logeait l’activité historique de distribution de GPL, au profit d’Akwa Group, la famille Amhal a renforcé son pôle agroalimentaire et s’est lancée dans la promotion immobilière. Les maîtres d’ouvrage de ses premiers projets à Casablanca notamment sont les deux sociétés Primadis et Imarvest. La première a investi en 2006 le créneau du résidentiel moyen de gamme dans le quartier d’Aïn Sebaâ. La deuxième filiale a été dédiée, elle, au segment de l’immobilier de bureaux, de plus en plus prisé dans les grandes villes comme Casablanca. Et il semble que Mustapha Amhal et ses proches nourrissent de grandes ambitions dans ce créneau.

Karim Tazi
 
Il mettra le turbo en 2008
L’activité textile de la famille Tazi fait de l’ombre aux autres filières du groupe dont l’immobilier, pourtant investi depuis les années 1980. Au départ, la spécialité du groupe était l’immobilier industriel pour son propre usage avant qu’il ne se lance dans la promotion proprement dite avec comme première réalisation importante l’immeuble qui abrite le centre d’appel Atento à Casablanca.
La gestion de cette activité, regroupée au sein de la société Edifoncia, a été confiée à un spécialiste, Youssef Iben Mansour, vice-président de la Fédération de l’immobilier. Edifoncia réalise aujourd’hui en moyenne 4 à 5 opérations par an avec des investissements inférieurs à 100 millions de DH. Le groupe dispose en plein centre-ville d’une assiette foncière considérable qui lui permettrait de réaliser des projets d’envergure. Pour l’heure, il se contente de produire de l’immobilier de bureaux, principalement à Casablanca. Karim Tazi affirme que le social ne l’intéresse pas autant que le moyen standing et le professionnel. Les Tazi promettent de signer avec retentissement leur arrivée massive dans le secteur une fois la mise à niveau industrielle bouclée en 2008-2009.

Hassan Sentissi
 
Alliance avec les Russes
L’homme est l’une des figures de proue du secteur des pêches et de l’industrie de la farine et huile de poisson. Mais il est aussi promoteur immobilier. Après une première opération qui avait porté sur la réalisation de 22 locaux industriels de 1 000 m2 chacun à Ain Sebaâ à Casablanca et d’un immeuble de cinq étages à usage de bureaux, l’armateur a décidé, en 2006, de passer au palier supérieur. Il présente alors un grand projet à Laâyoune, baptisé « Madinat El Wahda », qui compte 7 200 logements sociaux et qui finit par séduire l’Agence de développement des provinces du Sud. Le pilotage de l’opération est confié à SA Construction, le bras immobilier mis sur pied par M. Sentissi. L’objectif de cette opération, dont le coût de réalisation est estimé à 530 MDH, était de mettre un terme à l’habitat insalubre qui sévit dans la ville. Le projet, repris par la suite par la wilaya, est toujours en stand-by. Entre-temps, notre homme n’a pas perdu son temps. Il noue un partenariat avec la société russe M. Star rencontrée à l’occasion du dernier déplacement de Vladimir Poutine au Maroc. Une autre visite à Moscou a permis à
M. Sentissi de sceller le partenariat pour soumissionner à l’appel d’offres lancé pour la nouvelle ville de Tamesna dont les résultats seront connus le 8 février prochain. Hassan Sentissi y concourt pour trois lots dont deux de 850 logements chacun et un de 11 000 logements.

Mohamed Kabbaj, groupe Soft (textile)
 
En toute discrétion !
Le flair du vieux Mohamed Kabbaj, ce grand nom du textile, l’a poussé à s’intéresser – discrètement – à l’immobilier. La gestion de cette activité a été confiée à sa fille Zhor Kabbaj. Pour sa première opération d’envergure, il s’est associé à l’architecte Rachid Khyati, connu dans le secteur, pour la réalisation d’un complexe résidentiel haut de gamme à Casablanca, en face de la corniche.

Fahli construction (Hadj Said)
Grand commerçant mais aussi promoteur !
Plus connu dans le secteur du commerce et de la distribution, le groupe de Haj Said s’est intéressé depuis fin 2005 au secteur à travers une première opération de logement social à Sidi Maârouf à Casablanca. La réussite de cette première expérience l’a poussé à en lancer une deuxième. Il variera cette fois le segment d’intervention. Aujourd’hui, il est sur un projet de 50 villas à Aïn Diab. Le montant de son investissement est estimé par des spécialistes à 300 MDH.

Delta Holding
 
Une diversification presque naturelle dans l’immobilier
Cegroupe, plus connu par son promoteur, Hadj Fahim, regroupe une vingtaine d’entreprises actives dans les secteurs du BTP, commerce, services, métallurgie et parachimie. Delta Holding mène actuellement une diversification dans un quatrième métier, celui de l’immobilier. Hadj Fahim a lancé fin 2006 des opérations dans la région de Rabat. Le projet le plus en vue est celui qu’il est en train de monter à Skhirat. S’étendant sur plusieurs hectares, il abritera des résidences de moyen standing. Comme Mohamed Kabbaj de Soft Textile, il a confié la gestion de cette activité à sa fille, Meryem Fahim. D’autres opérations sont actuellement en préparation. Le groupe négocie l’acquisition de terrains dans plusieurs autres régions.

Hassan Alami
 
Conseiller en immobilier, il est lui-même tenté par la promotion
«J’interviens essentiellement en tant que conseiller pour les investisseurs dans l’immobilier», explique l’ancien «Monsieur fiscalité» de la CGEM. Parmi ses clients actuels, l’on retrouve, entre autres, le groupe bahreïni Golf Finance House (GFH) qui mène deux projets d’envergure à Marrakech et Tanger. N’empêche que M. Alami a été séduit par le secteur. Après une première expérience rentable et concluante à Casablanca, il est en train d’en préparer une deuxième dans la même ville. Il n’en dira pas plus. L’investissement que nécessitera ce projet, qu’il affirme mener avec des partenaires, est de l’ordre de 4 MDH.

Famille Sekkat (groupe Akymmo)
Des plateaux de bureaux sur la Colline
Contrôlé par la famille Sekkat, Akymmo opère dans la fabrication de sacs en papier kraft de toutes contenances pour conditionnement de ciment, produits alimentaires, chimiques et autres ainsi que des feuilles de tous formats. Son usine de Bouskoura emploie près de cent personnes. En 2005, cet industriel s’est lancé dans la construction d’un immeuble de plateaux de bureaux de cinq étages dans le nouveau quartier d’affaires de Casablanca, La Colline, sur la route de Sidi Maârouf. Ce projet, de près de 25 MDH, a été financé en grande partie par apports en fonds propres puisque le capital a été porté récemment de 5 à 20 MDH.

Label’Vie et Sanam Holding
Un partenariat gagnant
Quand Label’Vie (Retail Holding) et Sanam Holding (Unimer, Stokvis, Taslif) se sont alliés, ils ont d’emblée tablé sur l’immobilier.
A Casablanca, leur filiale commune, First Commercial Estate Company, vise à développer de l’immobilier pour bureaux. L’autre structure plus généraliste qu’ils ont créée à Rabat, Actif Immo, est destinée à investir dans des segments divers.
Saïd Alj est président de Sanam Holding et de la société Kasbah Resort opérant dans le secteur de l’immobilier à vocation touristique. Il compte aussi à son actif une opération réalisée il y a un an avec des cousins à Marrakech : une résidence haut de gamme sur le boulevard Mohammed VI, en plein cœur du nouveau quartier huppé de Marrakech. «Le secteur est rentable mais ne m’attire pas autant que l’industrie. Je reste d’abord un industriel», commente Said Alj qui ajoute que pour son groupe, l’immobilier demeure somme toute une activité d’opportunités et un métier accessoire.

Stokvis  
Un complexe résidentiel à la place de l’ancien siège
Lapromotion immobilière n’est plus l’apanage des seuls promoteurs professionnels. De plus en plus de sociétés s’y sont mises. C’est l’exemple de Stokvis qui, après déménagement des locaux à Sidi Maârouf, s’est retrouvée avec une assiette foncière importante à Aïn Borja, en plein centre de la capitale économique. Entre céder ce terrain et l’exploiter directement, le choix est vite fait. C’est ainsi que la société qui intervient dans le négoce technique d’engins de travaux publics, de manutention, de mines, de nettoyage, de froid et de climatisation, a construit elle-même un complexe résidentiel qu’elle a cédé à l’entrepreneur Chakib Alj.

AbdeLhak Bennani
 
Comme la banque, l’immobilier lui réussit
En 2004, à la cession à la BCM par la famille Kettani du contrôle de Wafa-Assurance et par ricochet de Wafabank, le patron de cette dernière, Abdelhak Bennani, est pris de court. Il se reconvertira rapidement dans l’immobilier où il se lance en association avec la famille Bousserghini.
Après un premier projet de complexe de villas en plein quartier de Californie, «Bella Madina», qui a connu un grand succès, un deuxième, baptisé «Villas Rimini», est actuellement en phase de livraison à côté du club équestre d’Aïn Diab.
Grâce au fort engouement affiché pour ce genre de produits, les deux familles ont accéléré le développement de leur business tout en se diversifiant dans les résidences de haut standing. Actuellement, les deux nouveaux chantiers, toujours à Casablanca, portent les noms de «Riad El Ousfour» et «Résidences Copacabana». L’investissement cumulé d’ici fin 2007 devrait dépasser les 300 MDH pour ces nouveaux promoteurs immobiliers. D’autres projets sont en gestation dans le nord du pays.

Saâd Kettani
 
Des villas de luxe à 4 MDH chacune
L’ancien PDG de Wafabank n’a pas longtemps hésité avant de se lancer dans la promotion immobilière en s’intéressant particulièrement à une niche, celle des résidences de charme à Marrakech. Talmoulkt est le nom qu’il a choisi pour son complexe résidentiel de plus de 200 ha comportant une centaine de villas très haut standing. Des demeures qui sont vendues à partir de 4 MDH chacune. Décidément, de la banque à l’immobilier, le chemin est vite parcouru.

Akwa Group
Des projets d’envergure en vue
L’incursion d’Akwa Group dans l’immobilier n’est pas récente, puisque les deux familles actionnaires de référence du holding qui regroupe plus de 40 filiales opérant dans plusieurs métiers, étaient déjà présentes dans le secteur immobilier depuis les années quarante. En témoignent des lotissements tels «Hay Ifriquia» ou encore «Hay Smara» à Casablanca. Mais depuis, les projets ont pris de l’ampleur et le groupe s’est même doté d’un pôle immobilier qui, aujourd’hui, s’organise autour de trois métiers. D’abord le locatif professionnel et résidentiel avec près de 36 000 m2 de bureaux loués à Casablanca. Arrive ensuite l’immobilier de loisir dont le projet phare est la marina d’Agadir dont l’investissement dépasse les 850 MDH. Enfin, avec d’autres partenaires, le groupe Akwa est également présent dans l’habitat social avec un projet, «Dar Arrizk» à Tamansourt, qui porte sur la réalisation de 4 000 logements.

Mohamed Hassan Bensaleh
 
Un programme de 3,5 milliards de DH à Tanger
Ni Régional Air Lines, ni Oulmès, ni la Somathes n’ont pu détourner le groupe Holmarcom de l’attrait du secteur immobilier dans lequel il s’était lancé depuis…1974. Et depuis, le pôle immobilier des Bensalah a pris du poids. Son dernier projet en vue, «Cap Tinjis» à Tanger, qui porte sur un investissement de 3,5 milliards DH sur les trois prochaines années. Il s’agit d’un complexe touristique et résidentiel qui s’étend sur une soixantaine d’hectares. Les travaux commenceront dans les semaines à venir et les premières livraisons auront lieu en 2011. Deux autres projets, également dans le nord du Royaume, sont dans le pipe. «Je préfère ne pas en parler pour le moment», a commenté Mohamed Hassan Bensaleh, leur initiateur. Tout ce qu’il consent à donner, c’est leur superficie, 150 ha, et la possibilité de les développer en partenariat avec des groupes étrangers.

Abdellah Slaoui
 
Savoir lire entre les lignes
L’ancien patron du mensuel «Masculin» est avant tout un homme d’affaires. Fils de Driss Slaoui, ancien conseiller du Roi Hassan II, il s’est lancé lui aussi dans la promotion immobilière. L’un de ses derniers projets se trouve à Bouznika : un complexe résidentiel très haut de gamme inspiré du fameux River Palm de DubaÏ.

Mohcine Bennani
 
Dans l’immobilier grâce aux Chinois !
Mohcine Bennani est le patron de Bénitex qui, il y a quelques années, employait près de 14 000 personnes. Il était, et reste toujours, l’un des plus grands sous-traitants de la marque Marks & Spencer au Maroc. Mais depuis quelques années, «la concurrence chinoise et les perspectives peu encourageantes du secteur», comme il l’explique lui-même, l’ont poussé à diversifier ses activités. Il a commencé en 1990 avec de petites opérations à Casablanca notamment. Ce n’est que depuis deux ans qu’il a lancé sa première et vraie grande opération à Bouznika, «Les résidences du golf», comportant 250 appartements haut standing moyennant un investissement de 250 MDH. Et il pense d’ores et déjà à sa deuxième opération pour laquelle il a choisi la ville de Marrakech. Il compte y réaliser 26 villas de standing pour un investissement de près de 100 MDH.

Holding Bentires
Du prêt-à-porter à l’immobilier
Appartenant à la famille éponyme connue au Maroc pour son réseau de prêt-à-porter sous l’enseigne «Moditalia», le holding Bentires, géré par les frères Mohamed et Khalid Bentires, s’est lancé récemment, à son tour, dans l’immobilier résidentiel, avec un projet dénommé «Jnane Menara» à Casablanca.

Lahcen Bicha
 
Discret mais redoutable
Le groupe Bicha ne se contente plus de son activité agroalimentaire. A travers son entreprise Société Rita, le groupe s’est pleinement lancé dans la promotion immobilière, choisissant d’investir dans l’habitat social dans le Souss. C’est ainsi qu’il compte déjà à son actif 2 500 logements à Hay Salam. L’objectif du groupe est d’atteindre une cadence de production de près de 1 000 unités de logements par an. Société Rita a également réalisé d’autres projets, quelque 200 logements haut de gamme et 380 autres de moyen standing au centre d’Agadir.

Abdelali Berrada
Un pionnier
Le PDG de Dolidol se trouve parmi les pionniers de cette migration vers l’immobilier. Son premier investissement n’est autre que le Palmeraie Golf Palace, un complexe résidentiel qui constitue l’un des joyaux résidentiel et touristique de Marrakech. S’en est suivi un second projet, toujours niché au fin fond de la palmeraie de la ville ocre : «Les jardins de la Palmeraie», un complexe de villas qui a eu un franc succès. L’homme d’affaires doublé d’un promoteur immobilier est également derrière plusieurs projets résidentiels à Casablanca. A Marrakech, il a récidivé avec les «Jardins de la palmeraie II», un complexe résidentiel d’une quarantaine d’hectares sur lesquels ont été construits appartements et villas avec piscines.

Stock Pralim
Du biscuit Sergio au complexe résidentiel
Stock Pralim est plus connue pour son biscuit (Sergio), sa margarine (Badaouia) et ses conserves de poisson (Mario). L’entreprise s’était rendue célèbre à l’occasion d’une soumission à un appel d’offres lancé l’année dernière par les FAR pour leur approvisionnement en lait. Stock Pralim avait alors décroché le marché grâce à un lait importé des Emirats Arabes Unis (EAU) avant qu’une intervention de la douane ne l’oblige à se désister. Mais ce n’est pas pour autant que le partenariat avec les Emirats fut abandonné. Le patron de Stock Pralim, Elhachmi Boutgueray, prépare, avec des partenaires originaires des EAU, le lancement en plein cœur de Casablanca d’un complexe résidentiel dont le coût de réalisation dépasse les 100 millions de DH.