La dixième édition de l’Auto Expo s’annonce prometteuse

Plus de 800 conseillers mobilisés par les concessionnaires pour convaincre les 200 000 visiteurs attendus. Des remises allant de 10 000 à 50 000 DH, des avantages en termes d’équipements et des offres de financement alléchantes. Les professionnels tablent sur 10% de croissance des ventes en 2016.

Le Salon de l’automobile rempile pour une dixième édition. Cette année, la manifestation biennale, qui se tient du 12 au 22 mai, fait le choix du renouveau. En effet, elle se déroule dorénavant à la corniche de Casablanca au lieu de l’Office des foires et expositions de Casablanca (OFEC). La surface passe en conséquence de 15 000 à 25 000 m2, avec une superficie brute de 6 hectares. Le salon est décliné en 5 halls d’exposition aménagés selon les standards internationaux. D’après les organisateurs, tous les moyens ont été déployés pour accueillir les exposants et les 200 000 visiteurs attendus dans des conditions optimales. 60 marques et pas moins de 300 modèles, dont 20 lancés en avant-première au Maroc, sont exposés. De plus, le salon compte la présence des accessoiristes et des importateurs de motocycles (une dizaine d’acteurs représentant 15 marques). Plus de 800 conseillers sont mobilisés pour orienter la clientèle. En plus de l’exposition, sont programmées des tables-rondes durant lesquelles des experts en assurance, financement, marketing et industrie automotive interviendront pour enrichir le débat sur ce secteur.

Il faut dire que tout est réuni pour faire de cette grand-messe de l’automobile une réussite. Le salon se tient dans un contexte de marché  très favorable. En effet, les ventes des véhicules particuliers ont fini l’année 2015 sur une hausse de 10%, à 120 900 unités. Leur bonne tenue s’est poursuivie au premier trimestre avec une croissance de 22%. Un bémol : l’activité du VUL est en décrochage de 20% avec pas plus de 2450 transactions. Selon les organisateurs, les différents concessionnaires présents sur ce segment comptent sur l’affluence des professionnels pour faire redécoller les transactions, bien que l’évènement reste très porté sur les particuliers. Toutefois, en comparaison aux marchés voisins, notamment algérien et tunisien, le niveau de ventes moyen sur les trois dernières années, soit 120 000 unités, reste limité et le marché recèle un vrai potentiel. Le taux d’équipement des ménages est faible puisqu’il s’établit à 65 véhicules pour 1 000 habitants contre 140 du côté des voisins maghrébins et 700 pour les marchés européens.

Plusieurs nouveaux modèles pour susciter la demande

Selon la profession, le pouvoir d’achat limité n’aide pas et la priorité est encore donnée à l’acquisition de la résidence principale au détriment du moyen de mobilité. En dehors de la conjoncture qui peut parfois être défavorable, la progression du marché marocain est tributaire de cette donne. Les analystes s’accordent sur le fait que le PIB par habitant, malgré sa progression, n’est pas encore au niveau qui permet un vrai décollage du marché.   

Cela dit, de l’avis de plusieurs concessionnaires, l’effet salon sur l’activité ne génère pas un surplus de demande. Il s’agit simplement de report de décisions d’achat qui est rattrapé lors de l’événement. D’ailleurs, à partir de mars-avril, les ventes connaissent généralement un ralentissement remarquable dans l’attente des offres du Salon, souvent alléchantes pour le consommateur. Sauf que ce n’était pas vraiment le cas pour cette année avec la hausse des ventes au premier trimestre. Ce qui conforte la position d’autres opérateurs qui estiment que ce rendez-vous dynamise réellement l’offre et apporte de la croissance au secteur et de la valeur ajoutée.  

Quoi qu’il en soit, les concessionnaires ont mis toutes les chances de leur côté. A commencer par l’introduction de nouveaux modèles qui viennent compléter les gammes.

Environ 70% des acheteurs font appel au crédit

Des concessionnaires ont introduit des dizaines de nouveautés entre éditions limitées et véhicules de série. L’on note au passage la présence en force des modèles du segment SUV, qui continue sa saga, chez les opérateurs du premium au même titre que les généralistes.

Aussi, l’effort sur les prix et le niveau des équipements est de mise. D’après plusieurs responsables commerciaux, les promotions vont de 10000 à 25 000 DH pour les modèles de milieu de gamme et vont jusqu’à 50 000 DH pour le premium. Les avantages en équipements sont aussi prévus chez l’ensemble des concessionnaires.

Le financement n’est pas en reste. Toutes les sociétés de financement sont présentes en plus des banques. Pour les importateurs, le crédit auto devient de moins en moins cher et de plus en plus accessible. D’après des sources du secteur, aujourd’hui environ 70% des clients sollicitent les concours des sociétés spécialisées pour acquérir leurs véhicules. «C’est un élément très important pour le développement du marché», estime un exposant. La part des ventes à crédit progresse grâce à des formules négociées entre les organismes de crédit et les concessionnaires automobiles. En général, les offres de crédit gratuit se généralisent, avec des échéances allant jusqu’à 72 mois et des apports à partir de 20% de la valeur du véhicule. Les enseignes de crédit-bail sont également présentes pour adresser les demandes des professionnels.

En somme, toutes les conditions sont rassemblées pour assurer un bon cru lors de cette édition et ainsi aider à finir l’année sur les 10% de croissance auxquels s’attend le secteur, soit environ 140000 ventes.