La demande des Marocains de Bruxelles orientée vers les terrains et le logement social

L’évènement permet d’accéder aux meilleurs choix et opportunités d’investissement immobilier au Maroc. Les deuxième et troisième générations achètent surtout des appartements pour en faire des résidences secondaires. Les logements de bas et moyen standing très demandés.

La communauté marocaine résidante à Bruxelles avait rendez-vous du 5 au 8 mai avec la 6e édition du SMAP Expo. L’occasion pour cette population de découvrir l’offre immobilière très variée de promoteurs, entreprises de construction et agences immobilières, et de côtoyer les notaires, organismes publics et banques. Une cinquantaine d’exposants et des centaines de projets pour tous les budgets, issus de toutes les régions du Maroc, ont été présentés sur une surface d’exposition et d’animation d’environ 10 000 m². Cette année, les provinces du nord du Royaume et de la région de l’Oriental ont été fortement représentées avec la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima comme invité d’honneur. Selon les organisateurs, l’évènement permet d’accéder aux meilleurs choix et opportunités d’investissement immobilier au Maroc. Les MRE sont en contact direct avec les promoteurs et leurs projets ainsi qu’avec les banques. L’évènement permet également de bénéficier des meilleurs conseils de la part de juristes, notaires et spécialistes de l’immobilier. Le tout concourant à une prise de décision rapide et une concrétisation d’achat optimale.

Des craintes sur le non-respect des engagements contractuels des promoteurs

Pour la première fois, le SMAP Expo de Bruxelles à été tenu durant un week-end prolongé coïncidant avec une fête célébrée en Belgique. L’objectif étant d’accueillir un nombre important de visiteurs non seulement de Belgique, mais aussi des Pays-Bas et d’Allemagne qui ne sont qu’à 180 km de distance. Sauf que l’affluence a été légèrement en deçà des attentes en raison du climat d’inquiétude sécuritaire qui règne encore après les attentats terroristes, comme l’ont rapporté plusieurs exposants. Ces derniers sont unanimes à relever que les visiteurs nourrissent, par ailleurs, de réelles craintes sur les engagements contractuels des promoteurs. «Plusieurs cas de non-respect des engagements dans les délais d’achèvement et de livraison, les prix contractualisés, la qualité présentée et les avances ont été recensés lors des éditions précédentes. Ce qui pousse les acquéreurs potentiels à se montrer très vigilants pour verrouiller au maximum leurs transactions», confie le commercial d’un grand promoteur présent au salon. Une source de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC) affirme que cette préoccupation est devenue même une hantise chez les acheteurs. Des banquiers sur place y ont vu une des raisons qui ont limité l’affluence.

C’est justement pour rassurer les clients potentiels que l’accent a été mis, lors de cette édition, sur l’information précise relative aux démarches à suivre pour avoir toutes les garanties au moment de l’opération d’achat et d’être ainsi protégés dans leur rapport aux sociétés immobilières. Des ateliers animés par les notaires ont apporté aux visiteurs les éclaircissements nécessaires dans ce sens.

Autre préoccupation récurrente des visiteurs : les procédures administratives sur les biens immobiliers sont jugées laborieuses, et les départements en charge de ce volet très lents et peu réactifs. Ce qui ne les aide pas à achever toutes les modalités lors de leurs visites au Maroc, souvent de courte durée.

Cela dit, la demande a été très orientée vers les terrains durant les quatre jours du salon. «Les lots de terrains se vendent cinq fois plus vite que le résidentiel», informe le propriétaire d’une agence immobilière. Un autre exposant explique que culturellement, les populations issues du Nord et de l’Oriental, qui constituent la frange majoritaire des MRE de Bruxelles, préfèrent acquérir un terrain pour la liberté de choix de construction qu’il offre. De plus, plusieurs y voient un très bon placement. «La majorité des lots sert à abriter des maisons marocaines, qui constituent aujourd’hui plus de 70% du parc de logements dans le Royaume», note un promoteur de l’Oriental. 

D’après les promoteurs, la demande portant sur les appartements émane surtout des deuxième et troisième générations des MRE qui en font des résidences secondaires. «A la différence de leurs parents qui cherchaient un bien pour s’installer définitivement au Maroc, ces générations veulent surtout avoir un pied-à-terre pour y passer leurs vacances d’été», souligne le représentant d’un promoteur de Tanger.

Les représentants des établissements bancaires présents sur place rapportent une autre tendance de fond. Il s’agit, selon eux, du fort intérêt pour les logements sociaux et de bas standing (entre 20 000 et 30000 euros) et moyen standing (entre 35000 et 70000 euros). Cette tendance s’amplifie dans un contexte d’affaiblissement notable du pouvoir d’achat des immigrés. Toutefois, «une petite frange des visiteurs voulant retourner définitivement au bercail est intéressée par du résidentiel de haut standing à des prix allant de 80 000 à 200000 euros», explique un cadre de la filiale bruxelloise de BMCE Bank of Africa.