La demande de logements de seconde main se redresse

Inadéquation entre l’offre et la demande sur le marché du neuf, bon agencement et optimisation de l’espace dans l’ancien, solidité des constructions sont autant de facteurs en faveur de la seconde main. Plusieurs logements à revendre suite à des déménagements dans les quartiers neufs des grandes villes.

Le secteur immobilier est empêtré dans la crise depuis quelques années. Dans ce contexte, le segment résidentiel de seconde main manifeste pourtant des signes de redressement. Selon l’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) de Bank Al-Maghrib, le nombre de transactions a augmenté de 0,4% au 2e trimestre de cette année, après une baisse de 1,8% les trois premiers mois. En revanche, l’indice général est resté stable, mais recouvre une diminution de 0,3% des prix des biens résidentiels.

A l’origine de la baisse dans les capitales adminisrative et économique, un volume important de biens a été mis sur le marché, suite au déménagement des propriétaires vers les quartiers périphériques : Dar Bouazza et Bouskoura à Casablanca et Prestigia Hay Riad à Rabat. Ce reflux a revivifié la demande de personnes n’ayant pu trouver un logement répondant à leurs attentes dans le neuf ou ne disposant pas d’un budget conséquent. C’est cet effet prix qui explique le regain d’intérêt pour l’ancien, même si «le prix du neuf commence généralement à s’aligner sur celui de seconde main», explique un agent immobilier. Et si certains particuliers préfèrent investir dans l’ancien et consacrer une partie de leur budget à la rénovation, c’est pour disposer d’un cadre de vie plus agréable et une finition de bien meilleure qualité que dans un programme de logements neufs.

La disponibilité ou non du foncier a son importance

Un autre élément vient s’ajouter à la donne : la solidité des constructions des anciens immeubles. «Un immeuble vieux d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années a toujours la cote, comparativement à un immeuble neuf qui commence à subir ses premières fissures au bout de trois ans», précise un agent immobilier à Casablanca.
«Nous avons choisi de nous installer dans un ancien immeuble à Bourgogne, plus spacieux, plus lumineux et mieux agencé plutôt que de se suffire de ces logements neufs assez exigus. Toutefois, si un promoteur innove et propose un produit qui répondrait à nos besoins, nous ne rechignerons pas sur les moyens pour l’acquérir», rapporte un agent immobilier auquel s’est confié un client. Ce type de clients n’est pas représentatif parce qu’en plus de la recherche de la stabilité, il est dans une logique d’investissement.
Toutefois, les prix de la deuxième main n’ont pas beaucoup baissé dans les quartiers denses où il n’y a presque plus de terrain. A Bourgogne par exemple, le prix des appartements de seconde main du moyen standing s’établit en moyenne à 11 000 DH/m2 contre 12 000 DH/m2 au quartier Belvédère. Sur l’avenue Abdelmoumen, qui constitue l’un des quartiers d’affaires de Casablanca, le prix de l’ancien tourne aux alentours de 15 000 DH/m2, au lieu de 13 500 DH à 2 Mars. Au centre-ville, il est facile de trouver un logement à un prix moyen de 11 000 DH/m2 contre 12 000 DH à Sidi Maarouf.
A Rabat, l’offre est tellement réduite dans certains quartiers comme l’Océan et Dyour Jamâa que les prix des logements anciens n’ont pas fortement diminué. Ils se situent en moyenne à 12000 DH/m2. Et comme la demande reste soutenue dans d’autres quartiers comme Agdal et Hay Riad, les prix sont repartis à la hausse après des contractions de 20% environ. Actuellement, ils sont respectivement à 14 000 DH et 18 000 DH le m2.