La culture à  Marrakech, El Jadida et… Taroudant

Les petites villes restent défavorisées par la faiblesse de la place du cinéma et des bibliothèques de niveau très moyen. Festivals et sites classés restent l’atout des grandes villes.

Dans le domaine culturel, ce sont les anciennes cités impériales (Fès et Marrakech) ainsi que la capitale qui tirent leur épingle du jeu. Avec de nombreux sites classés au patrimoine mondial de  l’UNESCO, ces villes comptent également de nombreuses bibliothèques de dimension nationale, un grand nombre d’écrans de cinéma et organisent divers festivals connus du monde entier.

Marrakech, de par son rayonnement touristique, est la première ville artistique et culturelle du Royaume. La ville propose une diffusion cinématographique importante (17 écrans de cinéma) et une production sérieuse de festivals nationaux comme le Festival des arts populaires, et d’envergure internationale comme le Festival International du Film. A cela vient s’ajouter un important patrimoine culturel avec 30 sites classés dont 2, figurant au patrimoine mondial de l’UNESCO (La médina de Marrakech et l’Espace culturel de la place Jamaa El Fna). En revanche, Marrakech ne compte qu’une seule bibliothèque d’envergure, la bibliothèque Ben Youssef, et aucune bibliothèque régionale.

Pour ce qui est de Fès, la ville offre de très bon résultats avec 40 sites classés dont un qui fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO : la médina de Fès. La ville dispose en outre d’une bibliothèques patrimoniale (Quaraouiyine) et 3 bibliothèque régionales, 23 festivals (3e ville du Maroc), dont un festival international, celui des Musiques sacrées du monde. Ce bilan honorable est toutefois tâché par une mauvaise note : on ne dénombre que 6 cinémas, ces derniers ne permettant pas de répondre aux attentes de la population fassie.
Tout comme Fès, Rabat offre des résultats très intéressants : 1ère du classement national en termes de bibliothèques (Une bibliothèque nationale, 2 bibliothèques patrimoniales : Bibliothèque Chellah et Bibliothèque des Oudayas, et 8 bibliothèques régionales) et de festivals (27 festivals) dont le Festival international du cinéma d’auteur, la ville n’en accuse pas moins un important retard sur la scène cinamatographique avec seulement 6 cinémas ! De plus, aucun d’entre eux ne peut être considéré comme moderne en comparaison aux salles de cinéma européennes. Rabat est tout même présent dans le domaine de l’art avec l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC) et les galeries d’art : Bab Rouah, Bab El Kebir et Mohamed El Fassi, et du théâtre avec le Théâtre national Mohammed V. Enfin, notons que l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP) siège dans la capitale.
Ainsi, on remarque que le nombre d’écrans de cinéma reste globalement faible sur tout le territoire, les grandes villes ne comptant que 82 écrans de cinéma avec une forte concentration à Casablanca (40%, soit 32 écrans de cinéma) qui, malgré cette forte domination, reste en-deçà des taux européens. La métropole économique qui occupe seulement la 5e place du classement culturel pêche par l’insuffisance de ses infrastructures culturelles et cela malgré sa 2e place en termes de festivals (27 festivals annuels).
A la dernière place, on retrouve une nouvelle fois la ville de Kénitra qui, avec seulement 1 écran de cinéma, 3 festivals et 4 bibliothèques régionales, est encore une fois la grande perdante  de ce classement. De plus, son patrimoine culturel (9 sites classés) ne permet pas d’équilibrer la balance puisque aucun d’entre eux n’est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

En ce qui concerne les villes de taille moyenne, l’essor culturel n’est pas de la même envergure : aucune d’entre elles ne possède de festival d’envergure internationale ni de bibliothèque patrimoniale. Mais, la ville d’El Jadida sort du lot grâce à son site de Mazagan protégé par l’UNESCO et ses 17 sites classés. A cela vient s’ajouter la présence de 4 bibliothèques régionales, une galerie d’art et la représentation de 4 festivals dont le Festival international d’été Jawhara, mais aucun cinéma n’est dénombré.
Derrière, les villes de Taza et Settat offrent quelques bibliothèques (respectivement 4 et 2 bibliothèques régionales) et divers festivals nationaux (4 chacune). De plus, la présence d’un cinéma leur permet de se classer correctement. Par ailleurs, Taza possède un conservatoire de musique.
Outre ces 3 villes, l’offre culturelle demeure très faible : on dénombre 5 écrans de cinéma pour les 9 villes restantes (à Safi, Mohammédia, Larache, Khouribga et Berrechid). Les villes de Mohammédia, Khouribga, Laâyoune, Nador, Khémisset et Guelmin ne possèdent aucun site culturel remarquable et des villes comme Khémisset et Berrechid accusent un retard important en termes d’offre culturelle (aucun festival). Enfin, la ville de Berrechid est la seule à ne posséder aucune bibliothèque alors que Khouribga propose pas moins de 6 bibliothèques régionales (1ère de sa catégorie et 3e sur le plan national).
Par ailleurs, l’ensemble des petites villes reste pauvre en matière culturelle : seulement 12 d’entre elles proposent des festivals, et 11 ont des sites culturels remarquables. Ainsi, hormis Taroudant et Tiznit qui ont des performances comparables à El Jadida, les petites villes ont un attrait culturel bien trop faible. Taroudant, qui possède 2 sites classés, 1 cinéma et 1 bibliothèque (seule ville de sa catégorie à en posséder une), propose en plus 1 festival : «Dakka Roudania et rythmes soussi». Ces performances en font un leader incontesté de sa catégorie. Quant à Tiznit, l’absence de festivals est compensé par l’attrait de 4 sites classés et la présence d’un cinéma.

Enfin, les villes de Ouarzazate et d’Essaouira occupent seulement les 7e et 8e places du classement. Ouarzazate, malgré le fort engouement qu’elle provoque pour les grands studios de cinéma, ne dénombre aucune salle de cinéma ! De plus, on y compte seulement 2 bibliothèques régionales et 2 festivals : Alazalay (Festival des musiques d’Afrique) et Ahwach. Pour Essaouira, le classement de la Médina (ancien Mogador) au patrimoine mondial de l’UNESCO et la représentation de 9 festivals dont le Festival Gnaoua, mais aucun d’envergure internationale, ne permettent pas à la ville de pallier son retard en termes d’infrastructures culturelles : 1 seule bibliothèque régionale et pas de cinéma.