La couleur d’une voiture peut-elle influencer le risque d’accident ?

Les experts automobile confirment que les voitures noires, grises, argentées et bleues encourent plus de risque vu qu’elles se fondent dans le panorama routier.

La couleur d’une voiture peut-elle augmenter ou réduire le risque d’accident ? Oui, selon une étude mondiale menée par l’Université australienne Monash. Couvrant une période de 20 ans, cette étude conclut que les voitures noires seraient 47% plus susceptibles que la moyenne d’être impliquées dans des accidents lorsque la lumière est faible (à l’aube par exemple) et 12% de plus en plein jour. De manière générale, les voitures noires, bleues, argentées, rouges et grises ont du mal à se dégager du panorama sur la route ou parmi d’autres voitures. Le blanc serait la couleur la plus sûre. Le constat fait sur la couleur blanche confirme les résultats d’une autre étude menée en 2002, laquelle étude avait conclu que les véhicules de teinte claire, en particulier les voitures blanches ou jaunes, courent un risque moins élevé d’être impliqués dans une collision que les autres véhicules. En 1995, Solomon et King, deux chercheurs américains, avaient utilisé la théorie des probabilités pour démontrer que les véhicules de pompiers de couleur jaune sont statistiquement «plus sûrs» que les autres. Qu’en est-il au Maroc ? D’après le ministère de l’équipement et du transport, aucune indication concernant la couleur des véhicules impliqués dans un accrochage ne figure, à ce jour, sur les PV des constat d’accidents. Même son de cloche chez les assureurs qui font aussi savoir que la couleur n’est pas prise en compte dans le calcul de la sinistralité. Seuls les rapports d’experts indiquent la couleur de la voiture sinistrée.

A défaut d’enquête quantitative nationale sur l’ensemble des sinistres (120000 par an) observés sur une période représentative (15 ans et plus), les bureaux d’experts automobiles sondés confirment les conclusions de l’étude de Monash.

Pour plusieurs d’entre eux et d’après leur expérience du terrain, le lien est établi entre couleur et risque d’accident. D’ailleurs, dans plusieurs pays, la couleur de la voiture est prise en compte pour déterminer la prime d’assurance.

«Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que le parc est plus constitué de couleurs noires, grises et bleues, donc il va falloir corréler les constatations sur chaque couleur par sa contribution à la constitution du parc national», nuance un expert.

Younes Saih, DG du cabinet d’expertise automobile CES, estime qu’en ville la couleur n’a aucun effet sur la probabilité d’accident. Selon lui, dans des circuits urbains, ils sont davantage liés aux flux et au cheminement. Et ce sont ces causes qui sont les plus prépondérantes, vu qu’au Maroc 7 accidents sur 10 ont lieu en ville.